Volatilité des cœurs engagés

M. Z. Rosaldo, « Thi. w. d. w/ wor. », 1982Ce dont manquent les Ilongots, selon notre pers­pec­tive, c’est d’une notion d’un soi inté­rieur continnu dans le temps, un soi dont les actes puissent être jugés en terme de sin­cé­rité, d’intégrité et depuis des décla­ra­tions pas­sées qui les enga­ge­raient. Les Ilongots ne conce­vant pas leurs « coeurs » intimes comme des causes constantes, indé­pen­dantes de leurs actes, ils n’ont aucune rai­son de se sen­tir « tenus » d’agir en tel ou tel sens, ou de s’accabler de culpa­bi­lité ou de se jus­ti­fier lorsque cer­tains actes entrent en contra­dic­tion avec des paroles pas­sées.

F. Hölderlin, Hyp., 1797 – 99Ich hatt ihr nichts zu geben, als ein Gemüt voll wil­der Widersprüche, voll blu­ten­der Erinnerungen, nichts hatt ich ihr zu geben, als meine gren­zen­lose Liebe mit ihren tau­send Sorgen, ihren tau­send toben­den Hoffnungen (Je n’avais rien à lui don­ner d’autre qu’un coeur plein de contra­dic­tions farouches, plein de sou­ve­nirs sai­gnants, je n’avais rien d’autre à lui don­ner que mon amour sans borne avec ses mil­liers de sou­cis, ses mil­liers d’espoirs toni­truants)

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