Une enquête philologique

Écrire à par­tir d’un énoncé aussi sec, c’est éga­le­ment l’occasion de s’adonner au délire très sérieux de l’enquête phi­lo­lo­gique : plus on remonte haut vers les sources de l’étymologie, plus on dis­sout la signi­fi­ca­tion d’un mot, plus on « l’ambiguise » ; plus on des­cend bas dans ses usages, plus il est « perdu » pour la signi­fi­ca­tion, plus on va vers un nomi­na­lisme hyper­par­ti­cu­la­ri­sant qui peuple le monde d’une infi­nie varia­tion d’objets qui n’avaient pas com­paru jusque-là. Plus on remonte haut dans l’usage d’un terme-clé (sa pre­mière occur­rence, ou sa page dédiée), plus son effi­cace devient tuté­laire, plus il cha­peaute l’ensemble des usages futurs, et plus le cor­pus se fait « réa­liste » ; plus on des­cend bas dans ses usages (tra­quant les spé­ci­fi­ca­tions jusque dans un recoin par­ti­cu­lier du cor­pus), plus il est perdu pour tout recou­pe­ment (géné­rique, notam­ment), et plus le cor­pus se fait nomi­na­liste, peu­plé d’objets hyper­spé­ci­fiques qui com­pa­raissent tou­jours à chaque fois pour la pre­mière fois.

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