Un accident de son genre

La per­sonne est de son genre mais comme acci­dent. Elle vient déjà géné­rique sans l’avoir voulu. L’article défini devant « per­sonne » n’est jamais l’antonomase d’un par­ti­cu­lier défini, n’est jamais exclu­sif des mani­fes­ta­tions ordi­naires de per­sonne, des uni­tés mal héroïques de per­sonnes en par­ti­cu­lier. L’article défini devant per­sonne est tou­jours une anto­no­mase d’éther – ce qui n’est pas à dire une idéa­lité – ou un géné­rique actuel – ce qui n’est pas à dire du quel­conque poten­tiel. « La per­sonne » se trouve être de son genre sans l’avoir voulu et sans le savoir ; elle est : depuis son engeance aveugle. Le genre « gens » requiert la per­sonne dans sa mani­fes­ta­tion acci­den­telle pour se main­te­nir11. « Les gens » en géné­ral sont ce qui sub­siste de savoir que la per­sonne fait cap vers le géné­ral. Sur ce cap, les acci­dents de la per­sonne ne sont pas son perdre ; en revanche, c’est en tant qu’accident constant qu’elle perd l’objet de son éga­re­ment, l’obligeant à main­te­nir le cap du géné­ral faute de mieux.

Art. « per­sonne », Encycl., 1751Le mot de gens, dit l’abbé Girard, a une cou­leur très-indé­fi­nie qui le rend inca­pable d’être uni avec un nombre, & d’avoir un rap­port mar­qué à l’égard du sexe. Celui de per­sonnes en a une plus par­ti­cu­la­ri­sée, qui le rend sus­cep­tible de cal­cul, & de rap­port au sexe quand on veut le dési­gner. Il y a peu d’honnêtes gens à la cour ; les per­sonnes de l’un & de l’autre sexe y sont plus polies qu’ailleurs. Le plai­sir de la table n’admet que gens de bonne humeur, & ne souffre pas qu’on soit plus de huit ou dix per­sonnes.

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