⛣︎1.1⚖︎2.3Un masque dit d’aveu

La per­sonne, depuis son pas­sage à décou­vert 7, est sup­po­sée être vue, écou­tée, pré­di­quée. Constatée et confir­mée 1, mais pas encore toute dite 6, la per­sonne com­pose sa per­sonne en par­ti­cu­lier pour faire la preuve de sa per­sonne 1.3 et pro­duire un aveu convain­cant 2.
Passer le masque d’aveu, c’est déployer et exau­cer l’a nu de toute com­pa­ru­tion sur le carré d’aveu.
Passer le masque d’aveu, c’est s’attester en proie 4 3 pas­sée à décou­vert..

Composer sa per­sonne en par­ti­cu­lier est une entre­prise de la per­sonne qui passe par le mode­lage d’un masque – le masque dit d’aveu. Passer le masque d’aveu pour s’attester en proie à son s’en accu­ser et paraître / com­pa­raître, c’est l’une des pres­ta­tions21 de la per­sonne en par­ti­cu­lier en tant qu’elle est pres­tante34 / en tant qu’elle prête à décou­vert.


Charlie Chaplin Makeup, par SJ FoxX (Youtube)

⛣︎1.2⚖︎2.2Le s’avouer la personne

Geste, subst.fem.
A. (HIST. LITTÉR.) Ensemble de poèmes en vers du Moyen Âge, nar­rant les hauts faits de héros 4.8 ou de per­son­nages illustres. La geste de Guillaume d’Orange, la geste des Lorrains.
Chanson de geste. Un des poèmes de cet ensemble.
–P. ext. : Histoire glo­ri­fiante (d’un peuple, d’un groupe social, d’un indi­vidu).
B. Loc. fréq. : Les faits et gestes (de qqn). L’ensemble de sa conduite telle qu’elle se donne à voir. Tenez-moi, je vous prie, au cou­rant de vos faits et gestes (A. de Tocqueville, Corresp. Gobineau, 1855). Des ins­pec­teurs char­gés d’épier mes faits et gestes (Proust, Fugit.,1922).

Le s’avouer la per­sonne est une geste de la per­sonne que la per­sonne en par­ti­cu­lier pro­fère.

La geste de la per­sonne avouée3.42.1 se dis­tri­bue en doses.

La geste « La per­sonne en par­ti­cu­lier s’avoue » dis­tri­bue17.15.12 la per­sonne, pié­gée dans son affaire et pas de crime com­mis21, telle qu’elle s’impute elle-même.

La geste « La per­sonne en par­ti­cu­lier s’avoue » fait108 la scan­sion d’un deal, la cadence d’une affaire, le rythme d’un busi­ness.

La per­sonne en par­ti­cu­lier son bizz sur le carré d’aveu : dis­tri­buer ses aveux, faire sa per­sonne avouée, la dis­tri­buer en doses consom­mables au qui-vive8.15.2 dans les scan­sions d’une geste56.

Ce que deale la per­sonne en par­ti­cu­lier sur son carré d’aveu : ses intê­rieurs21 en geste, qu’elle te livre comme les preuves1.3 de son crime pas com­mis, en plein l’espace public1.4.

A⛣︎3⚖︎5La personne matter

Quelle que soit la teneur de son aveu1.22.2 et quelle que soit sa vigueur dans la mani­fes­ta­tion25, quelle que soit donc sa force à se mani­fes­ter, il est géné­ra­le­ment admis in aller Öffentlichkeit que la per­sonne importe en géné­ral et devrait impor­ter en par­ti­cu­lier : elle est cou­sue d’un corps (« son corps »), d’une démarche (« sa démarche »), d’un « style » (« son style »)22, et cela signi­fie ou devrait signi­fier qu’elle mat­ters et qu’il est plus louable de ne pas, ou peu, la contes­ter. Pour autant, des per­sonnes qui mat­ter, vic­times en géné­ral de la contes­ta­tion de per­sonnes maî­tri­sées3.2 et leur ser­vant le plus sou­vent à orner ces podiums12 qu’elles se construisent à prix gagnant, tentent ici ou là et régu­liè­re­ment de mani­fes­ter, de se mani­fes­ter, de s’intégrer dans la lumière égale de l’Öffentlichkeit, mais, géné­ra­le­ment, cela n’importe pas, cela ne prend pas, cela ne matière pas. La per­sonne qui mat­ters en géné­ral, là, ne mat­ters pas en par­ti­cu­lier, et la per­sonne maî­tri­sée, en tant qu’elle a à cœur, le déplore publi­que­ment (avoue le déplo­rer) : elle fait part de ses sen­ti­ments dis­tin­gués et rap­pelle, en par­ti­cu­lier, son vou­loir-du-bien-par-der­rière-en-géné­ral.

A⛣︎1.3Une vigile perceptrice

Probe, Proben (all.) : essai, preuve, épreuve, échan­tillon, coup dans l’eau, contrôle, éva­lua­tion, devoir sur table, répé­ti­tion. En appa­reil : Probezeit (période pro­ba­toire) ; Probelauf (course/tour d’essai) ; Proberaum (salle de répé­ti­tion) ; Probestab : (tube à essai, éprou­vette) ; Probealarm (exer­cice d’alerte) ; Probedruck (épreuve, au sens édi­to­rial du terme).

La per­sonne veille à main­te­nir en état de lui nuire la zone essen­tielle à l’économie de ses impu­ta­tions : sa vigile est un exa­men, en pleine lumière, de son carré d’aveu12 et de ceux qui y passent. Il s’agit de s’assurer que tous les pas­sants de la zone paient bien leur douane d’indices, déposent ou dis­posent un fais­ceau concor­dant de preuves maté­rielles. L’ensemble des tri­buts d’indices, des plus ano­dins aux plus acca­blants, s’appelle par méto­ny­mie le Trésor de Veille1.

F. Nietzsche
Par del. bie. ma.
1886
Il faut pro­duire ses Proben soi-même, pour se mon­trer déter­miné à l’indépendance et au vou­loir ; et il faut se les pro­duire au poil. Il ne faut pas cher­cher à évi­ter ses Proben, bien qu’elles soient peut-être le jeu le plus dan­ge­reux que l’on puisse jouer et qu’en somme il ne s’agit que de Proben qui n’ont été dis­po­sées que pour nous, seuls témoins, et dont per­sonne d’autre n’est juge. Ne s’attacher à aucune per­sonne, fût-elle même la plus chère, — toute per­sonne est une pri­son, et aussi un recoin.

A⛣︎1⚖︎2La personne se fait voir et la personne s’expose

Clause de rup­ture pré-contrac­tuelle : Ce n’est pas nue que la per­sonne paraît – pas même lorsqu’elle paraît dans l’une de ses pres­ta­tions d’à nu. Lorsqu’elle joue et se joue une pres­ta­tion d’a nu, la per­sonne se pro­duit, com­po­sée pour ce faire 7, dra­pée dans l’une ou l’autre de ses étoffes 4.

La per­sonne qui se recon­naît et s’impute en par­ti­cu­lier est aussi bien la per­sonne qui se fait voir, se frame2.21.1 pour s’accuser, s’admet comme corps public, s’expose en pleine lumière.

Le carré d’aveu est le cadre que la per­sonne en par­ti­cu­lier construit pour de telles pres­ta­tions – des pres­ta­tions d’à nu –, et le seul piège de la per­sonne que la per­sonne puisse attes­ter et pré­sen­ter comme sien3.42.1. Ce carré d’aveu, où la per­sonne se recon­naît en per­sonne et se pro­duit / se piège, est son unique tré­teau, son trône, son podium, ou juste la der­nière sta­tion de l’un de ses praxi­no­scopes. C’est sur son carré d’aveu que la per­sonne tra­vaille à ses com­pa­ru­tions, s’expose conti­nû­ment, se fait visible à ses frais, se rend17.15.1 cap­table et cap­tu­rable dans la lumière égale de l’Öffentlichkeit, à la sur­face du monde inté­gra­le­ment confessé3.51.5.

La per­sonne en par­ti­cu­lier, quand elle se livre1.22.2 in aller Öffentlichkeit et y atteste sa mis­sion21 par l’une de ses pres­ta­tions d’à nu, invente sa gloire1.8 ou s’y pro­met.

G. Lamarche-Vadel, Dupl., 1994Lumière, expo­si­tion, élé­va­tion, ouver­ture, ces prin­cipes vont en sens contraire de l’écart, de l’éloignement, de l’ombre que réclament la pudeur, le recueille­ment, le repen­tir, la prière. Toutes ces atten­tions pro­di­guées à la confes­sion semblent ser­vir d’antidote au secret. De celui-ci les valeurs et les qua­li­tés ont été pros­crites, excepté peut-être le chu­cho­te­ment. Le secret n’affecte plus que la voix et les corps, inter­dits par une mince cloi­son qui les sépare. Les espaces, eux, ont été bif­fés de la carte du secret : les coins, les espaces clos et pri­vés, les mai­sons et appar­te­ments pri­vés, les lieux sombres, les lieux enfin choi­sis parce qu’on peut y demeu­rer caché et où l’on est sans doute d’autant plus confiant et ouvert que dis­si­mulé. Mais il ne fal­lait pas que le secret res­tât secret. La confes­sion n’est pas une affaire per­son­nelle, entre soi et Dieu, comme le pré­ten­daient les séces­sion­nistes pro­tes­tants. Le secret de la confes­sion, une des figures mar­quantes du catho­li­cisme, n’a pas à s’effacer ; au contraire ins­ti­tué, même sacré, le secret doit avoir une exis­tence visible, le confes­sion­nal en est le sym­bole et le garant.

C5📎︎6Cas général La personne ASMR

Le cas géné­ral de la per­sonne ASMR se dis­cute à bas mots, dans un mur­mure mon­dain fait de mur­mures cap­tés. La poudre des rai­sons per­son­nelles explose sans fra­cas dans la confes­sion, sous la pres­sion des antê­rieurs ; elle dis­perse les intê­rieurs dans le deal mur­muré.

La per­sonne ASMR cap­ture sa pres­ta­tion au plus près pour don­ner à ses s’en accu­ser le fond dra­ma­tur­gique d’une messe basse, d’où la culpa­bi­lité sur­gira faire son scan­dale d’aveu. Une légende raconte1.7 que c’est tou­jours depuis son carré d’aveu3.42.11 que la per­sonne ASMR (com)paraît et expose son affaire.

La per­sonne ASMR, experte à s’exposer, est conjoin­te­ment experte à dea­ler ses aveux1.2 ; elle en dis­tri­bue les doses selon une geste pré­ca­li­brée. L’érotique de cette geste de la per­sonne ASMR est repro­duite et raf­fi­née à chaque nou­velle affaire. La per­sonne ASMR deale de l’aveu dans une longue geste à l’érotique suin­tée dans l’idée de com­plaire aux sup­po­sés la voir, de mieux les cap­ti­ver.

Dans nos socié­tés contem­po­raines8, les mur­mures et les gestes de la per­sonne ASMR etc.

Une légende veut que la per­sonne ASMR tra­vaille le soir61.46.1. La per­sonne ASMR est, quoi qu’il en soit, soir ou matin, une très bonne tra­vailleuse.

C2.2⚖︎1.1La personne cadrée

Un des cas par­ti­cu­liers parmi les plus fur­tifs sur le praxi­no­scope géné­ral de la per­sonne pres­ta­trice est celui qui fait entre­voir la per­sonne en son cadre.

Qu’il reste en géné­ral inap­pa­rent ou qu’il se donne pareille­ment à voir, le cadre de la per­sonne la tient, elle s’y tient, et c’est au cadre qu’elle s’en tient61. La per­sonne est tenue, pour se main­te­nir dans l’économie des intê­rieurs et des antê­rieurs, de se prê­ter à sa com­pa­ru­tion dans son cadre, c’est-à-dire de mon­trer une dis­po­si­tion à com­mettre, un zèle à demeu­rer sus­pecte. Le cadre de la per­sonne cap­ture et déli­mite sa per­sonne en pleine pres­ta­tion, par­fois dans la lumière épa­tante d’un flash, d’un coup de torche, d’un coup de phares, d’un coup de feu.

Quand la per­sonne singe de s’évader de son cadre (une singerie par­ti­cu­lière), la per­sonne sait qu’elle joue avec et pour la police embus­quée, qui finira par la pié­ger.

d’ap. J. Butler, Ce qu. fait un. vie, 2009Être enca­dré ou cadré (to be fra­med) est une locu­tion com­plexe en anglais : un tableau est enca­dré (fra­med), mais on dit la même chose d’un cri­mi­nel cerné (par la police) ou d’une per­sonne inno­cente pié­gée (par une ins­tance de mal­in­ten­tion, comme la police ou la police). To be fra­med signi­fie ainsi être vic­time d’un coup monté, des preuves étant arti­fi­ciel­le­ment dis­po­sées de sorte à éta­blir la culpa­bi­lité d’une per­sonne.