D1Une paire aux visées distinctes

Au sein de la paire, la per­sonne en géné­ral répond du souci d’un main­tien de fonc­tionnalité de la paire. Sa mis­sion est que ça conti­nue de tour­ner ; sa pres­ta­tion que ça tourne bien.

Au sein de la paire, la per­sonne en par­ti­cu­lier est sou­cieuse de son iden­ti­fia­bi­lité, de sa recon­nais­sa­bi­lité par les stop­peurs de praxi­no­scopes. Sa mis­sion est que ça soit bien net ; sa pres­ta­tion consiste à être bien elle-même, jouer publi­que­ment son quant-à-soi, mani­fes­ter constam­ment une fidé­lité aux rai­sons per­son­nelles.
La per­sonne en par­ti­cu­lier ne se laisse bien iden­ti­fier, ne four­nit une image nette de sa dis­po­si­tion hié­rar­chique, ne se laisse arrê­ter, cho­per, cap­ter qu’à témoi­gner d’un main­tien géné­ral de fonc­tionnalité et d’une affaire qui tourne. La per­sonne en par­ti­cu­lier ne mécon­naît pas l’implication, devant les sup­po­sés la voir, de que ça tourne en géné­ral et que ça soit net en par­ti­cu­lier. Autrement dit : la per­sonne en par­ti­cu­lier sait bien que pour prou­ver que ça tourne, il faut se mon­trer net en par­ti­cu­lier, et que pour être jugée nette, il faut que l’affaire tourne.

Clause com­plé­men­taire : La per­sonne en par­ti­cu­lier est par­fois elle-même un stop­peur de praxi­no­scope. Dans ce cas, la per­sonne en par­ti­cu­lier sus­pend le manège, se frame, adresse le bien avoué aux sup­po­sés la voir 3.4 / 5.

D2La personne en général est soumise

La per­sonne en géné­ral est sou­mise, posée là, mise à dis­po­si­tion, ren­due dis­po­nible pour la ques­tion : elle tient lieu de sa per­sonne per­sé­vé­rant dans sa sub­stance. Elle consti­tue un sup­port idéal pour les ques­tion­ne­ments, les soins4.32.11.25.2, les belles et bonnes atten­tions, les acci­dents du soin34.42.2, acci­dents du vou­loir-du-bien. L’économie sub de la per­sonne sou­mise, sub­mit­ted, sub­jec­ted, à la fois en proie à elle-même et en charge d’elle-même4.52.3, est son safe mode, un cir­cuit fermé où les humi­lia­tions futures et pas­sées sont conju­rées par une admi­nistration vac­ci­nale des dou­leurs et des peines, dou­leurs dou­lou­reuses, peines pénibles, mais à bonnes doses en réa­lité tou­jours bonnes, à défaut d’être lit­té­ra­le­ment agréables.

D3🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎La personne en particulier est dominatrice

La per­sonne en par­ti­cu­lier est domi­na­trice ; elle qua­li­fie ses sévices de « néces­si­tés mal­heu­reuses », sous la forme : c’est dom­mage, mais je vais devoir…, c’est dom­mage, mais il va fal­loir que je… etc. C’est pré­ci­sé­ment en tant que la per­sonne ne se consi­dère que comme agente d’une néces­sité supé­rieure faite entiè­re­ment de c’est dom­mage, mais… que la per­sonne est, sinon auto­ri­taire, au moins domi­nante ou régnante, et ceci dans sa qua­lité de per­sonne en par­ti­cu­lier. Elle est homéo­pathe, poso­logue, mixo­logue, sty­liste ; elle admi­nistre les peines qui, de fait, à bonnes doses, sont tou­jours bonnes.

D4La paire « personne de la personne »

C’est en son état nati­ve­ment hié­rar­chique que la paire est appe­lée « per­sonne de la per­sonne ». En son sein la per­sonne en par­ti­cu­lier orga­nise l’admi­nistration des sévices selon ce qu’on pour­rait appe­ler une « tyran­nie de l’hermétisme », qui consiste à confi­ner dans la paire tout le vou­loir-du-bien-par-der­rière. C’est ainsi que la per­sonne en par­ti­cu­lier en vient à dire, plus sou­vent qu’à son tour, à la per­sonne en géné­ral : « et ça reste entre nous ». Chez la per­sonne conçue comme « per­sonne de la per­sonne », l’entretien de sa per­sonne s’accorde à une visée hégé­mo­nique : bien figu­rer71.12.3, bien appa­raître34, ne plus craindre les fouilles31.4, et ça reste entre nous.

D5Synthèse des rapports au sein de la paire

Au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », la per­sonne en par­ti­cu­lier ne tient son sta­tut de dom (domi­na­trice) que du bon-vou­loir de la per­sonne en géné­ral qui, en tant que sub (sou­mise), en tant qu’individu-lieu, indi­vidu pas­sif ou patient, struc­ture la scène, le drame, l’act, l’histoire, l’aventure. Il y a donc col­la­bo­ra­tion bran­lante tou­jours sus­cep­tible d’être tra­hie.

D6La paire subdom

Si l’on consi­dère la pola­rité au sein de la paire dans sa sta­bi­lité rela­tive, c’est-à-dire dans son insta­bi­lité rela­tive, la per­sonne n’est ni domi­nante ni subor­don­née ou les deux à la fois indé­mê­la­ble­ment. La per­sonne est sub­dom.

D6.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Un stock, un tas

Au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », c’est bien la per­sonne en par­ti­cu­lier qui est used, contrai­re­ment à ce qu’une lec­ture rapide pour­rait lais­ser croire, car la per­sonne en par­ti­cu­lier ne dis­pose fina­le­ment, au sein de sa per­sonne, que du stock, du tas, de la confor­ma­tion qui s’est mis à dis­po­si­tion pour des usages défi­nis et ce tas, cette confor­ma­tion, ce stock s’appelle « per­sonne » en géné­ral.

D6.2🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Une dominante conditionnée

La per­sonne en par­ti­cu­lier est aussi, au sein de la paire, dans une posi­tion sub­dom, elle l’est en ceci qu’elle ne se vit régnante, qu’elle ne se vit domi­nante qu’à la condi­tion de se faire agente d’une néces­sité supé­rieure : par exemple celle qui intime l’ordre de soin (prends bien soin de toi, lave-toi bien les dents avant d’aller au lit, fais bien gaffe à ta gueule), ou la néces­sité qui détaille le pro­gramme de cure (bien man­ger, bien vivre, se faire du bien tout sim­ple­ment), ou encore la néces­sité à l’origine de l’admi­nistration du châ­ti­ment ou de la récom­pense (qu’on ne détaillera pas ici).

D7Gigognité de la paire

Dans sa fonc­tion de ser­via­bi­lité, la paire per­sonne de la per­sonne est gigogne sur­tout par le bas, comme de la vais­selle de cam­ping : dans la per­sonne de la per­sonne s’entend un empi­le­ment ou tun­nel géni­tif, pas une redon­dance ou une mise en puis­sance, ni une noblesse consan­guine. Mais l’empilement, même s’il fonc­tionne sur­tout par le bas, est, au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », à la fois géni­tif objec­tif (la per­sonne sus­ci­tée par la per­sonne) et géni­tif sub­jec­tif (la per­sonne appar­te­nue à la per­sonne, la per­sonne prise dans la dépen­dance de la per­sonne, la per­sonne tenue sous le rap­port de la per­sonne). Le volume de la per­sonne en géné­ral est pré­ci­sé­ment ajusté, comme par des­ti­na­tion, à sa dis­so­lu­tion dans la paire. Aussi la paire n’est-elle en mesure de ser­vir – hilf­sbe­reit –, une fois appa­reillée, que lorsqu’elle a admis et prouvé en interne une dis­po­si­tion à la hié­rar­chie.

D7.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Un tunnel génitif

“Metus hos­tium” : La crainte des enne­mis. Soit : La crainte éprou­vée par les enne­mis : géni­tif sub­jec­tif ; la crainte ins­pi­rée par les enne­mis : géni­tif objec­tif. Le géni­tif objec­tif indique l’origine, le géni­tif sub­jec­tif indique la pos­ses­sion.

L’instance géni­tive unique au sein de la paire per­sonne de la per­sonne dit un rap­port moins irré­solu qu’indifférent : dans l’économie sub­dom de la paire, on est tenu par ce qu’on sus­cite – qu’on l’instaure et le pour­suive admi­nistrati­ve­ment, ou qu’on le laisse échap­per – et on sus­cite son maître en struc­tu­rant le domaine de ses dépen­dances.

D8Un vicariat

La per­sonne en géné­ral est vicaire auprès de la per­sonne en par­ti­cu­lier. C’est ce rap­port de vica­riat dans la paire qui se laisse voir dans la paire gigogne ou tun­nel géni­tif per­sonne de la per­sonne7. La paire s’accorde, sur le mode hié­rar­chique, à une visée com­mune, à un ser­vice com­mun ; les appa­riés se col­li­matent pour four­nir aux hié­rarques sup­po­sés la voir une image nette de leur ser­via­bi­lité. La paire vit son Hilfsbereitschaft – sa ser­via­bi­lité – sur le mode héroïque des esclaves d’entre­prise : ad astra per aspera, ad augusta per angusta.

D8.1Vicariat.css

Il n’y a pas à pro­pre­ment par­ler de sta­tuts ou de texte régis­sant le vica­riat dans la paire per­sonne de la per­sonne. La paire est en revanche codée : il existe un code – moins un algo­rithme qu’une feuille de style (.css) – où les valeurs décla­rées, bien que paro­ny­miques, sont sans ambi­guïté sur les fonc­tions au sein de la paire. Mais c’est aussi ce code que, ne vou­lant se résoudre à l’ainsi-font-fonc­tion, cha­cun des appa­riés s’éperd à lire comme texte, recueil des témoi­gnages d’une vie au-delà de la font-fonc­tion, chiffre d’une unité métem­pi­rique de la paire, qu’on dirait des­ti­nale ou bout-du-tun­nelle.

D9Le rappareil

rap­pa­reiller, v. trans., vieilli, rare : 1. remettre en ordre. ; 2. mettre, remettre un (ou plu­sieurs) objet(s) avec son pareil (ou avec ses pareils). « Rappareiller des verres dans un ser­vice » (Encycl. auto­did., Quillet 1965) ; * hapax : rap­pa­reil, subst. masc. : pro­duit de supra 1. ou 2. « Le pro­duit d’un réap­pa­reillage est un rap­pa­reil » (Coll., Pers. perd gén., 2017)

Lorsque le rap­port au sein de la paire rejette tout appa­ri­teur pour reve­nir à l’état nati­ve­ment hié­rar­chique de sa paire non médiée, on dit qu’il y a réap­pa­reillage. Le pro­duit d’un réap­pa­reillage est un rap­pa­reil : un main­tenu comme neuf dans sa fonc­tion native, un res­ti­tué à son office de dis­tri­bu­tion du donné par nais­sance. La per­sonne en son rap­pa­reil n’a qu’un rôle et qu’un texte, celui de l’aveu de sa via­bi­lité. Quand la per­sonne congrue dans cet aveu, on dit d’elle qu’elle a pour nature. Plus la per­sonne s’applique à cacher cette nature (à la pré­sen­ter comme un appa­reil plu­tôt qu’un rap­pa­reil), plus celle-ci se mani­feste – et cruel­le­ment alors plu­tôt comme une preuve suin­tée que comme un aveu consenti. Si les join­tures du rap­pa­reil n’apparaissent pas, l’aveu est consi­déré consenti. Si elles appa­raissent, le rap­pa­reil est dit violent à sa nais­sance.
Si du sang n’apparaît pas, ils disent qu’il n’y a pas eu de vio­lence…
(Cicéron, Plaidoyer pour Cécina, -69)

Pascal, Fr. Contrariétés 9/14, Por. Roy. XXV, « Faibl. Homm. », 1669Les pères craignent que l’amour natu­rel des enfants ne s’efface. Quelle est donc cette nature sujette à être effa­cée ? La cou­tume est une seconde nature, qui détruit la pre­mière. Mais qu’est ce que nature ? Pourquoi la cou­tume n’est elle pas natu­relle ? J’ai grand peur que cette nature ne soit elle même qu’une pre­mière cou­tume, comme la cou­tume est une seconde nature. (…) Qu’est ce que nos prin­cipes natu­rels, sinon nos prin­cipes accou­tu­més ? Et dans les enfants, ceux qu’ils ont reçus de la cou­tume de leurs pères, comme la chasse dans les ani­maux ? Une dif­fé­rente cou­tume en don­nera d’autres prin­cipes natu­rels. Cela se voit par expé­rience. Et s’il y en a d’ineffaçables à la cou­tume, il y en a aussi de la cou­tume contre la nature inef­fa­çables à la nature et à une seconde cou­tume. Cela dépend de la dis­po­si­tion.