A3.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎L’heure de la personne sonne

L’heure de la per­sonne sonne. La per­sonne est prête à être pré­di­quée. Il y a quelque part un registre de phrases que la per­sonne com­mence.

L’heure de la per­sonne a sonné. Et avec elle celle de ce que j’appellerai ici : la per­son­ni­fi­ca­tion du sujet.A. de Libera, Archéologie du sujet, t. 2, 2008

A4🍪🎠La personne, son lit creusé, le quitte

La per­sonne, son lit creusé, le quitte. Elle se défait des draps pro­fonds qui fai­saient l’impression sin­gu­lière et sin­gu­liè­re­ment macabre de la per­sonne par­ti­cu­lière dans son lit.

A5La personne va, sortie des draps (1)

La per­sonne va, sor­tie des draps de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne : son sujet. Elle quitte son sujet, l’abandonne sur les draps, en dépôt ou en impres­sion. Avec son sujet, elle fai­sait la paire ; la per­sonne s’aventure ailleurs cher­cher paire. Par exemple : dans le casino du géné­ral.

A5.3🍪🎠La personne va, sortie des draps (3)

La per­sonne va, sor­tie des draps, sans direc­tion mais cap le géné­ral — un hori­zon d’au-moins(-à la-fin)-mieux que dans le milieu des draps.

R. Descartes, Disc. méth., 2e max., 1637Ma seconde maxime était d’être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pour­rais, et de ne suivre pas moins constam­ment les opi­nions les plus dou­teuses lorsque je m’y serais une fois déter­miné, que si elles eussent été très assu­rées : imi­tant en ceci les voya­geurs, qui, se trou­vant éga­rés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tour­noyant tan­tôt d’un côté tan­tôt d’un autre, ni encore moins s’arrêter en une place, mais mar­cher tou­jours le plus droit qu’ils peuvent vers un même côté, et ne le chan­ger point pour de faibles rai­sons, encore que ce n’ait peut-être été au com­men­ce­ment que le hasard seul qui les ait déter­mi­nés à le choi­sir ; car, par ce moyen, s’ils ne vont jus­te­ment où ils dési­rent, ils arri­ve­ront au moins à la fin quelque part où vrai­sem­bla­ble­ment ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt.

A6.2⚖︎1.3Un supposé de crime certain

On ouvre le dos­sier « la per­sonne » (on l’observe cir­cu­ler, tenir son cap ou pas, faire ses traces). Mais on n’a qu’un sup­posé de crime. Un crime est sup­posé pou­voir être com­mis. À par­tir de là, et selon le prin­cipe de la néces­sité félice qui fait l’échangeur entre « pou­voir » et « devoir », si un crime peut être com­mis, il le doit. Le carac­tère sus­pect de la sor­tie des draps rend d’ailleurs le crime pas dou­teux.

A7La personne passe à découvert

La per­sonne paraît ; elle passe à décou­vert. La per­sonne est trans­fuge de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne : son lit par­ti­cu­lier.

Art. « per­sonne », Encycl., 1751On dit que le mot per­sonne, per­sona, est emprunté de per­so­nando, l’action de jouer un per­son­nage ou de le contre­faire ; & l’on pré­tend que sa pre­miere signi­fi­ca­tion étoit celle d’un masque. C’est dans ce sens que Boëce dit, in larva concava sonus vol­va­tur [le son lové dans la larve creuse / le fan­tôme creux] ; c’est pour­quoi les acteurs qui parois­soient mas­qués sur le théâtre, étoient quel­que­fois appel­lés lar­vati [mas­qués, voi­lés, pos­sé­dés], & quel­que­fois per­so­nati (son­nés).

A12🍪🎠La personne sort sentir sur le terrain

La per­sonne se déterre. Elle va s’aventurer tâter sen­tir sur le ter­rain. Sur le ter­rain, la per­sonne sor­tie, c’est l’heure de la tâte, du senti, des dis­tinc­tions sen­ti­men­tales. S’aventurer tâter sen­tir, c’est dans cet ordre et c’est un ordre.

A13🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎La personne en général couvre

On peut dire que la per­sonne, sor­tie des draps, tirée de la cou­ver­ture, elle-même désor­mais couvre. La per­sonne en géné­ral couvre qui, atten­tif à la conjonc­ture, attend encore le moment de sa sor­tie des draps. L’assurance régu­lière de sen­ti­ments dis­tin­gués lui com­pense le désar­roi.

A14La personne était éperdue ; elle perd

Désarroi :
A.− MARINE : Arrimage, char­ge­ment mal fait, objets pla­cés en désordre, par exemple loin de leurs pareils ;
B.− Au fig. Trouble qui sur­vient aux dif­fé­rents niveaux de la per­sonne.
Dérivé de : Arroi : (Vieilli) appa­reil ; appa­rat ; train ; équi­page.

La per­sonne était éper­due15 dans la quête de sa par­ti­cu­la­rité. Sortie des draps, aven­tu­rée en géné­ral, elle se risque au désar­roi3.