Le rappareil

rap­pa­reiller, v. trans., vieilli, rare : 1. remettre en ordre. ; 2. mettre, remettre un (ou plu­sieurs) objet(s) avec son pareil (ou avec ses pareils). « Rappareiller des verres dans un ser­vice » (Encycl. auto­did., Quillet 1965) ; * hapax : rap­pa­reil, subst. masc. : pro­duit de supra 1. ou 2. « Le pro­duit d’un réap­pa­reillage est un rap­pa­reil » (Coll., Pers. perd gén., 2017)

Lorsque le rap­port au sein de la paire rejette tout appa­ri­teur pour reve­nir à l’état nati­ve­ment hié­rar­chique de sa paire non médiée, on dit qu’il y a réap­pa­reillage. Le pro­duit d’un réap­pa­reillage est un rap­pa­reil : un main­tenu comme neuf dans sa fonc­tion native, un res­ti­tué à son office de dis­tri­bu­tion du donné par nais­sance. La per­sonne en son rap­pa­reil n’a qu’un rôle et qu’un texte, celui de l’aveu de sa via­bi­lité. Quand la per­sonne congrue dans cet aveu, on dit d’elle qu’elle a pour nature. Plus la per­sonne s’applique à cacher cette nature (à la pré­sen­ter comme un appa­reil plu­tôt qu’un rap­pa­reil), plus celle-ci se mani­feste – et cruel­le­ment alors plu­tôt comme une preuve suin­tée que comme un aveu consenti. Si les join­tures du rap­pa­reil n’apparaissent pas, l’aveu est consi­déré consenti. Si elles appa­raissent, le rap­pa­reil est dit violent à sa nais­sance.
Si du sang n’apparaît pas, ils disent qu’il n’y a pas eu de vio­lence…
(Cicéron, Plaidoyer pour Cécina, -69)

Pascal, Fr. Contrariétés 9/14, Por. Roy. XXV, « Faibl. Homm. », 1669Les pères craignent que l’amour natu­rel des enfants ne s’efface. Quelle est donc cette nature sujette à être effa­cée ? La cou­tume est une seconde nature, qui détruit la pre­mière. Mais qu’est ce que nature ? Pourquoi la cou­tume n’est elle pas natu­relle ? J’ai grand peur que cette nature ne soit elle même qu’une pre­mière cou­tume, comme la cou­tume est une seconde nature. (…) Qu’est ce que nos prin­cipes natu­rels, sinon nos prin­cipes accou­tu­més ? Et dans les enfants, ceux qu’ils ont reçus de la cou­tume de leurs pères, comme la chasse dans les ani­maux ? Une dif­fé­rente cou­tume en don­nera d’autres prin­cipes natu­rels. Cela se voit par expé­rience. Et s’il y en a d’ineffaçables à la cou­tume, il y en a aussi de la cou­tume contre la nature inef­fa­çables à la nature et à une seconde cou­tume. Cela dépend de la dis­po­si­tion.

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