Rencontre de la personne

La per­sonne se consomme dans le bain-gens11 – ce qui s’appelle : faire8 une ren­contre (ou, quel­que­fois et en un cer­tain sens, faire une soi­rée6).

T. W. Adorno, Jarg. auth., 1964Dans une société où c’est vir­tuel­le­ment un acci­dent que les hommes se connaissent les uns les autres – ce qu’on a appelé autre­fois la vie s’amincit tou­jours plus et, là où elle demeure, elle est déjà consi­déré comme quelque chose de sim­ple­ment toléré – dans une telle société, il n’y a plus guère de ren­contre comme celle de Keller, mais des ren­dez-vous par télé­phone. Mais c’est pré­ci­sé­ment pour­quoi « ren­contre » est tel­le­ment vanté : contacts qu’organise une langue bar­bouillée de cou­leurs écla­tantes, parce que la lumière s’est éteinte. Le geste lan­ga­gier consiste ici à « par­ler les yeux dans les yeux », comme le font les dic­ta­teurs.

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