La personne manifeste

Il fut dit que la per­sonne ne reven­di­quait pas ; il se laisse dire qu’elle mani­feste. Qu’elle s’efforce, qu’elle se donne, qu’elle fait offre de soi.
La per­sonne est avec pour­quoi 7 mais sans cause. La per­sonne est avec parce que mais sans alter­na­tive. La per­sonne a ses rai­sons ascen­dantes (pour­quois) et des­cen­dantes (parce ques), dont l’axe à peine déclive est le lit d’un acti­visme sans cause, sans but, sans achè­ve­ment.

S’intégrer à l’Öffentlichkeit est une mis­sion de la per­sonne1.

La per­sonne, si elle avoue ses intê­rieurs1.22.2, expose ses antê­rieurs21 et fait essaim d’apprêts. Apprêtée d’antê­rieurs, forte d’apprêts vibrants, sa dans l’espace public est une mani­fes­ta­tion réglée en vue de son inté­gra­tion3.51.5. In aller Öffentlchkeit, la per­sonne mani­feste son adhé­rence et son adhé­sion. La per­sonne mani­feste / se mani­feste pour le main­tien de fonc­tionnalité, la reprise d’admi­nistration, le ref­fort d’admi­nistration. La per­sonne expose ses pour­quois, ses parce ques, les condi­tions & les rai­sons (qu’elle explique per­son­nel­le­ment) de sa fai­sa­bi­lité et de sa per­pé­tua­tion en géné­ral. Le temps poussé à s’efforcer de la sorte5.12.4 peut être dit, en un cer­tain sens, une mani­fes­ta­tion dans l’espace public.

E. Mounier, Rév. pers. et comm., 1934Une per­sonne, ce n’est pas un fais­ceau de reven­di­ca­tions tour­nées vers le dedans à l’intérieur d’une fron­tière arbi­traire, et je ne sais quel désir inquiet d’affirmation. C’est un style réduc­teur des influences, mais lar­ge­ment ouvert à elles, une puis­sance orien­tée d’attente et d’accueil. C’est une force ner­veuse de créa­tion et de maî­trise, mais au sein d’une com­mu­nion humaine où toute créa­tion est un rayon­ne­ment, toute maî­trise un ser­vice. C’est une liberté d’initiative, c’est-à-dire un foyer de com­men­ce­ments, une pre­mière pente vers le monde, une pro­messe d’amitiés mul­tiples, une offre de soi. On ne se trouve qu’en se per­dant ; on ne pos­sède que ce qu’on aime. Allons plus loin, jusqu’au bout de la vérité qui nous sau­vera : on ne pos­sède que ce qu’on donne. Ni reven­di­ca­tion, ni démis­sion.

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