La personne est une expérience pédagogique bien tournée

La per­sonne, quoi qu’elle fasse, finit tou­jours par entre­prendre (par exemple : elle fait8 chiance), et c’est ainsi que si la per­sonne perd en géné­ral, elle voit s’accroître en par­ti­cu­lier ses tré­sors, elle accu­mule les béné­fices secon­daires et rem­plit ses tré­sors.

R. Schérer & G. Hocquenghem, Co-ire, alb. sys. enf., 1976Certes, il pourra sem­bler étrange que nous refu­sions d’accorder à l’enfant la « per­son­na­lité » puisque c’est là la garan­tie essen­tielle que l’on peut reven­di­quer et qu’il peut reven­di­quer pour lui. Mais il ne s’agit pas de cela. Nous enten­dons avec « per­sonne » cette déter­mi­na­tion abs­traite et arti­fi­cielle de l’individu qui est beau­coup plus la marque de sa ser­vi­tude que de sa libé­ra­tion, au sens où toutes les formes de res­pon­sa­bi­lité per­son­nelle pro­gres­sive débouchent sur la requête de prise en charge des formes, soit d’asservissement, soit de déri­va­tion. Un lycée aux lycéens, ce n’est tout de même pas, tout le monde s’en rend compte, un idéal appro­prié à une libé­ra­tion de l’enfant ! […] Or, il y a une façon de récla­mer ou de pro­mou­voir l’autonomie de l’enfant qui ne fait que recon­duire l’ensemble des illu­sions que les adultes, en ce qui les concerne, com­mencent à recon­naître comme telles, et dont ils ont tant de mal à se débar­ras­ser : illu­sions huma­nistes de l’autonomie de la per­sonne, alors que de plus en plus le pou­voir de déci­sion leur échappe ; de la pro­priété per­son­nelle du corps, alors que nous souf­frons de l’étau, comme disait Reich, des cui­rasses cor­po­relles ; de la défense contre l’étranger, alors que c’est le défaut de com­mu­ni­ca­tion qui nous carac­té­rise.

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