Ce qui se laisse dire La personne baisse en général

Suivant l’axe séman­tique qui relie perte et conser­va­tion, il est pos­sible de dou­bler notre énoncé éta­lon de celui selon lequel la per­sonne baisse en géné­ral. Toutefois la per­sonne ne peut se dire bais­sant selon une moda­lité éner­gé­tique qui orga­ni­se­rait les afflux et efflux d’états ten­dan­ciel­le­ment pleins en états ten­dan­ciel­le­ment vides et vice versa. Les baisses de la per­sonne en géné­ral sont net­te­ment gra­duelles : se trou­ver face à la per­sonne ayant baissé en géné­ral, c’est consta­ter un état dégradé d’elle en tant qu’elle est moins géné­rale. Mais elle a (encore) baissé en géné­ral n’est pas pour autant l’expression d’une évi­dence de temps écoulé (car alors la baisse se jau­ge­rait encore à l’efflux), c’est le constat d’un déclas­se­ment loca­lisé, d’une valeur amoin­drie de la fonc­tion géné­rale de l’appareil per­sonne dans l’ordre des prio­ri­tés de la Conservation. En ce sens, elle a baissé en géné­ral engage elle s’est affer­mie en par­ti­cu­lier.

T. W. Adorno, Jarg. auth., 1964Toute rubrique à l’intérieur de la per­sonne, une fois fer­me­ment déli­mi­tée, nie le prin­cipe de celle-ci : la per­sonne devient la somme de ses fonc­tions. Elle est d’autant plus mal pro­té­gée contre cela que son unité propre, péni­ble­ment gagnée, est res­tée fra­gile. Ses fonc­tions sépa­rées, régies par la loi de l’auto-conservation, s’affermissent à tel point qu’aucune ne peut plus vivre par elle-même, qu’aucune vie ne peut se construire à par­tir d’elles : elles se retournent contre le soi qu’elles sont sup­po­sées ser­vir.

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