1La personne qui ?

C’est tout pour la per­sonne ; arrê­tez d’appeler14. Neuillez7 patien­ter.

Ce n’est pas tout pour la per­sonne ; conti­nuez d’appeler4. Veuillez patien­ter.

P. Klossowski, Niet. cerc. vic., 1969L’intelligibilité de tout ce qui se peut seule­ment pen­ser (à savoir que nous ne for­mons aucune pen­sée si ce n’est par astreinte aux règles du lan­gage ins­ti­tu­tion­nel) découle de la morale gré­gaire de la véra­cité — en ce sens que le prin­cipe de véra­cité à lui seul en est un gré­gaire : « Tu dois être recon­nais­sable, expri­mer ton inti­mité par des signes pré­cis et constants— autre­ment tu seras dan­ge­reux ; et si tu es méchant, la faculté de te dis­si­mu­ler sera ce qu’il y a de pire pour le trou­peau ; nous mépri­sons l’être secret, incon­nais­sable. — Par consé­quent, l’exigence de véra­cité pré­sup­pose la connais­sa­bi­lité et la per­sis­tance de la per­sonne.

2La personne quoi ?

Le registre des pré­di­cats concer­nant la per­sonne est for­mel ; à la ques­tion « la per­sonne quoi » convient seule en fin de compte la liste des essen­tiels :

Tirée de sa cou­ver­ture9.1. Prête à être pré­di­quée3.1 depuis son engeance aveugle11. Décidée dans son cap7, obser­vée dans son frame6.11.2. Convaincue de l’implication de sa per­sonne31.4. Cousue d’un corps, d’une démarche et d’un style22. Ouverte tard6.1. En outre et rési­liente4.87. En passe de jouir1.4. Gigogne (sur­tout par le bas)7. Prestataire à bout et à fond2.11.1.
Capitonnée1. Hardcore1.7. Subdom6.
Sa propre tête réduite43 et propre forme d’organisation94.1. Ronde de ses rai­sons7.1. Homéopathe, poso­logue, mixo­logue, sty­liste3. Framed une fois en géné­ral61. Dans le game du genre3. Immunisée12.5. Un grand singe, mais un grand singe élevé1. Transfuge de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne7. Une mon­naie de singe2. « Cette vieille emprise magique de l’universel, retran­chée dans le par­ti­cu­lier8. » Une expé­rience péda­go­gique bien tour­née7.64.1. Le résul­tat d’une entre­prise péda­go­gique ensei­gnant qu’il est bon de s’ennuyer un peu74. Distante et joi­gnable4. Gonflée d’étoffes, bouf­fie d’uniformes sociaux, merin­guée de cos­tumes qui la dis­tinguent et qui la classent4. Entreprenante21 et som­mée d’entreprendre7.12. Éventuellement très dan­ge­reuse10. « Un mot, un rôle, l’une des voies de com­pré­hen­sion des plus grandes affaires de la pen­sée« 42.

3La personne où ?

Dans le Désarroiement14 :
– La per­sonne où ?
– À La Déconfisture.

J. Nicot, Thres. lang. fran., 1606Desarroyer, act. acut. Signifie mettre en desar­roy, et conse­quem­ment en des­con­fi­ture. Ainsi dit-on desar­royer une armée. Aciei ordines tur­bare, affli­gere. Mais il est plus usité par mettre une armée en desar­roy. Et est le desar­roy la cause de la des­roupte ou des­con­fi­ture.
Desarroyé, m. acut. Mis en desar­roy, comme, Gents desar­royez, ceux qui par les che­mins sont mis en desar­roy, Disiecti palantes. Et ceux qui ont perdu leur equi­page.

4La personne quand ?

En per­ma­nence requise. Requise par ses pres­ta­tions21, par son affaire, par la par­tie géné­rale du temps5.1. En géné­ral, la per­sonne ne perd pas son temps. La per­sonne ne prend pas même le temps de dîner4.12.5.

5La personne comment ?

Le pro­blème du com­ment se confond avec le pro­blème du com­ment de la Verwaltung. La per­sonne n’est peut-être pro­blème d’aucun com­ment qui n’ait été au préa­lable pro­blème du com­ment de la Verwaltung en géné­ral. Que le pro­blème du com­ment de la per­sonne soit un pro­blème pro­duc­teur d’une Verwaltung qui lui serait propre ou n’apparaisse que secon­dai­re­ment depuis le cadre déter­mi­nant d’un pro­blème du com­ment de la Verwaltung, voilà qui entraîne assu­ré­ment des déli­bé­ra­tions in aller Öffentlichkeit45.2, voilà qui mène régu­liè­re­ment à quelques troubles de l’espace public2.35.1 où « inter­rompre la per­sonne », « sus­pendre la per­sonne », « dépo­ser la per­sonne » sont autant de construc­tions qui s’annoncent comme rai­son d’agir, uto­pie opé­rante, sub­strat d’une fic­tion viable, slo­gan.

Dès lors, com­ment répondre ici à la ques­tion de la per­sonne com­ment ?

6La personne combien ?

La per­sonne se cal­cule à l’empaumure (ce qui lui reste quand elle n’a pas de prise6.1), à la toise (ce qui lui reste de hau­teur quand elle n’a pas d’assurance4.87), à l’advention (ce qui lui reste d’avenir quand elle n’a pas d’entre­prise) et à la sub­ven­tion (ce qui lui reste d’argent quand elle n’a pas de tra­vail).
Une des confir­ma­tions les plus écla­tantes de l’énoncé révélé a été don­née par la bourse de 3000€ accor­dée au tra­vail exé­gé­tique dont ce site est issu, lors de la Résidence d’écriture numé­rique pro­po­sée par l’appareil La MarelleAlphabetville, avec le subvent des per­sonnes DRACPACA et CRLMP .
In aller Öffentlichkeit, 3000€ est ce que la per­sonne pèse en rési­dence quand elle perd par­tout ailleurs et le reste du temps. La Révélation a pu comp­ter sur un bud­get édi­to­rial sup­plé­men­taire de 1000€, consa­cré à Gaël Vergniolle de Chantal pour la ver­sion res­pon­sive du pré­sent site et à la retouche du sys­tème de notes notam­ment.

7La personne pourquoi ?

La per­sonne n’est pas sans pour­quoi. Qu’elle vienne avec pour­quoi ne lui garan­tit pas cepen­dant d’entraîner ce pour­quoi dans sa perte. La per­sonne n’est pas sujet de son pour­quoi. Le pos­ses­sif est ici un pro­nom abu­sif conven­tion­nel : son pour­quoi ne dit ni l’inhérence ni l’appartenance mais la soli­da­rité d’adhérence (la route tenue) et par­fois l’envasement (la route per­due). Son pour­quoi, la per­sonne est au mieux quand elle y assent sans s’y arrê­ter ; elle est au moins bien quand elle y est prise.

8Comment fait la personne ?

La per­sonne a deux façons de faire. Elle a le faire magique, qui figure en ita­lique. Le faire magique ou poé­tique est celui du faire sa vie11, faire son cas ou sa mala­die1.15faire sa crise, faire la belle ou faire le taf4.69, celui du faire entre­pre­nant qui va jusqu’à faire chiance7.64.1, faire une ren­contre ou faire une soi­rée8.15.2, celui du faire mis­sion­naire et colon (faire le Ghana, le mar­ché, le beau11.1), celui du faire autre chose qui revient à rejoindre son âme2.4. Elle a aussi le faire fonc­tion­nel, qui figure droit : c’est tout l’autre (faire-feu-de-tous-bouts10.3, se faire voir12, se faire rendre17.15.1, etc.).