🍪︎1.2📎︎5.2Maintien de l’immunité

Pour tenir la demeure de l’immunité104, la per­sonne convoque et laisse opé­rer une foule d’appariteurs immu­ni­sants et une mul­ti­pli­cité de subal­ternes chi­miques. Elle se dis­tri­bue des doses régu­la­trices d’intensités consom­mables, oppo­sables aux inten­si­tés de mala­die qu’elle consomme éga­le­ment4.2 (dont elle fait l’expérience, etc.). Elle adhère au prin­cipe que son immu­nité géné­rale sera main­te­nue mal­gré l’expérience de la mala­die en par­ti­cu­lier. Elle peut dès lors pré­dire, pré­dit, s’assure que sa per­sonne en géné­ral y sera ren­for­cée. Elle y trouve les moyeux d’affermir son Personnat contre les per­tur­ba­tions et les pira­tages4.42.2. Dans l’épreuve qu’elle se fait subir, la per­sonne s’affirme et se réaf­firme per­sonne-en-géné­ral-immu­ni­sée, per­dant en géné­ral, mais dont la fonc­tionnalité sera main­te­nue quoi qu’il en soit.

1.2Trois intrigues + deux recoins

Saga est le sens de visite sug­géré (ou comme au bas des pho­tos de plats pré­pa­rés : une « sugges­tion de pré­sen­ta­tion »). Il se veut pro­gres­sif, linéaire. Il expose les motifs en même temps qu’il pro­cède à une inves­ti­ga­tion terme à terme de l’énoncé-source – mais n’est pas a priori net d’obstacles ou de faux départs, de motifs iso­lés, ves­ti­giaux, qui ne pren­dront sens que lors des lec­tures trans­ver­sales. Il y a même à parier que saga ne fonc­tionne comme intro­duc­tion au cor­pus que dans la mesure où saga indique ses sor­ties.

Les spi­noffs brodent sur des motifs du cor­pus prin­ci­pal mais ne contiennent pas de clauses appar­te­nant aussi à la saga.

Les trans­ver­sales, en revanche, sont cou­sues de clauses appar­te­nant au cor­pus prin­ci­pal (saga et spi­noffs)

Les recoins sont des lieux délais­sés, des tré­sors d’isolement en terme d’ergonomie web.

1.1Un corpus

Le texte issu de cet effort col­lec­tif est ici orga­nisé en cor­pus, c’est-à-dire en ensemble orga­nique qui joue comme échan­geur entre l’énoncé-source et le monde, et tra­vaille au corps la latence entre les deux.

Le cor­pus appelle une lec­ture consul­ta­tive, qu’on peut aussi appe­ler indi­cielle (par l’index, concep­tuel ou ter­mi­no­lo­gique). Elle per­met aussi une lec­ture liné­raire, qu’on peut appe­ler codi­cielle (de codex : sup­port de lec­ture continu, texte de loi).
Ce site rend les deux types de lec­ture pos­sibles.

Les par­cours de lec­ture per­met­tant une lec­ture conti­nue sont nom­més « intrigues », des coupes trans­ver­sales dans le cor­pus exé­gé­tique.
Les 3 intrigues – plus les « recoins » – sont lis­tées en colonne de gauche.

L’unité de lec­ture des intrigues est la clause. Les clauses sont numé­ro­tées mais, dans la mesure où elles appa­raissent dans dif­fé­rentes intrigues, elles n’ont pas d’indicatif numé­rique unique. Lors de la lec­ture conti­nue d’une intrigue, l’indicatif numé­rique rela­tif à celle-ci (indi­quant la place d’une clause au sein de cette intrigue) appa­raît à gauche, et les éven­tuels indi­ca­tifs numé­riques rela­tifs à la place de cette clause dans d’autres intrigues appa­raissent à droite.

On peut accé­der à la page dédiée d’une clause en cli­quant sur son titre.

Certains vocables y appa­raissent sou­li­gnés en poin­tillés : ils mènent à une page qui liste toutes les clauses où ceux-ci appa­raissent.

⛣︎4⚖︎5.2In aller Öffentlichkeit

Il appar­tient à la per­sonne en par­ti­cu­lier, in aller Öffentlichkeit, de prou­ver 1 1.3 que la per­sonne mat­ters 5.

To mat­ter est l’une des condi­tions de la per­sonne en par­ti­cu­lier, et c’est en tant qu’elle est sujette à une telle condi­tion, et à la seule condi­tion qu’elle y soit sujette, que la per­sonne peut se pro­duire12 et faire ses preuves in aller Öffentlichkeit.

S’y prou­ver – com­pa­raître en per­sonne en plein l’espace public, y paraître en à nu com­posé1.12.3 –, cela implique pour la per­sonne en par­ti­cu­lier de se prê­ter au jeu des déli­bé­ra­tions – l’affaire de la per­sonne est une affaire qui tourne, mais son cas n’est pas clos61, son crime n’est pas com­mis21, son sort, en consé­quence, reste en ins­tance et sujet à des déli­bé­rés ; il appar­tient alors à la per­sonne en par­ti­cu­lier, chaque fois qu’elle se pro­duit, d’exposer son affaire à ce qu’on a pu appe­ler police embus­quée, à l’admi­nistration, à tous les sup­po­sés (l’écouter, la voir et la pré­di­quer).

L’affaire de la per­sonne est une affaire publique qu’il s’agit d’exposer et c’est en pleine Öffentlichkeit que la per­sonne se livre à sa pres­ta­tion d’aveu12 et déli­bère ses cas (elle pré­sente son manège3.16 et elle pèse ses rai­sons). La per­sonne deale1.2 ses cas ; la teneur de chaque cas, dis­tri­buée en par­ti­cu­lier, est la matière d’un deal ; la teneur de chaque cas fait l’objet, en plein l’espace public, d’une déli­bé­ra­tion.

Il se laisse dire en consé­quence que ce que deale la per­sonne en par­ti­cu­lier in aller Öffentlichlikeit (espace des déli­bé­ra­tions / du deal), et ce que avec quoi elle deale, c’est ce que toute elle peut se dire et ce que toute elle doit être dite1 tant qu’elle se main­tient1041.25 en par­ti­cu­lier, mais cap le géné­ral5.321.

⛣︎2.1Contestation de la démission

La per­sonne entre­prend la mani­fes­ta­tion comme pure et simple mani­fes­ta­tion.

Il se laisse dire que la pure et simple mani­fes­ta­tion est une dénon­cia­tion et une contes­ta­tion déter(minées) de toute pré­ten­tion dite à s’évader2.4, de tout pas­ser le temps5.12.4, de toute évo­ca­tion plus ou moins for­tuite de l’existence d’un pas d’irréduction5, de toute mémoire du se faire chier quand même7.3, du se faire quand même chier, du se faire chier7.1.

⛣︎1.1⚖︎2.3Un masque dit d’aveu

La per­sonne, depuis son pas­sage à décou­vert 7, est sup­po­sée être vue, écou­tée, pré­di­quée. Constatée, confir­mée 1, mais pas encore toute dite 6, la per­sonne com­pose sa per­sonne en par­ti­cu­lier pour faire la preuve de sa per­sonne 1.3 et pro­duire un aveu convain­cant 2.
Passer le masque d’aveu, c’est déployer et exau­cer l’a nu de toute com­pa­ru­tion sur le carré d’aveu.
Passer le masque d’aveu, c’est s’attester en proie 4 3 pas­sée à décou­vert.

Composer sa per­sonne en par­ti­cu­lier est une entre­prise de la per­sonne qui passe par le mode­lage d’un masque – le masque dit d’aveu. Passer le masque d’aveu pour s’attester en proie à son s’en accu­ser et paraître / com­pa­raître, c’est l’une des pres­ta­tions21 de la per­sonne en par­ti­cu­lier en tant qu’elle est pres­tante34 / en tant qu’elle prête à décou­vert.

Il n’est per­mis à per­sonne de faire voler en éclats, de l’intérieur, le masque qui lui échoit par contrat. Une telle audace fis­sure dans le même mou­ve­ment le masque de tous les contrac­tants. Le cercle public en est blessé.

G. Cesarano, Man. surv., 1974


Charlie Chaplin Makeup, par SJ FoxX (Youtube)

8Comment fait la personne ?

La per­sonne a deux façons de faire. Elle a le faire magique, qui figure en ita­lique. Le faire magique ou poé­tique est celui du faire sa vie11, faire son cas ou sa mala­die1.15faire sa crise, faire la belle ou faire le taf4.69, celui du faire entre­pre­nant qui va jusqu’à faire chiance7.64.1, faire une ren­contre ou faire une soi­rée8.15.2, celui du faire mis­sion­naire et colon (faire le Ghana, le mar­ché, le beau11.1), celui du faire autre chose qui revient à rejoindre son âme2.4. Elle a aussi le faire fonc­tion­nel, qui figure droit : c’est tout l’autre (faire-feu-de-tous-bouts10.3, se faire voir12, se faire rendre17.15.1, etc.).

⛣︎1.4La personne est en passe de jouir

Ce n’est jamais qu’en passe de jouir que la per­sonne se laisse cap­ter dans l’égrènement de ses plai­sirs.
Ce dont il se laisse dire que la per­sonne est en passe de jouir : une confes­sion faite 8 pleine (ache­vée).
Ce dont il se laisse dire que la per­sonne est en passe de jouir, c’est son affaire conclue : un crime com­mis 21.

Les plai­sirs de la per­sonne flambent dans la confes­sion. La per­sonne confesse ses plai­sirs, les égrène, les dis­tingue, les classe, en fait des apprêts mani­festes. Ses plai­sirs sont des bouts, des bribes, qu’elle expose avec soin, et ce n’est tou­jours qu’en vue des sup­po­sés la voir, l’écouter et la pré­di­quer, en vue de ce qu’on a pu appe­ler police embus­quée2.2, que la per­sonne confesse ses bouts et ses apprêts. Les plai­sirs de la per­sonne flambent dans la confes­sion, mais ils ne flambent dans la confes­sion que pour qui est sup­posé.

⛣︎1.7La personne est hardcore

La per­sonne brûle des bouts en plein carré d’aveu3.42.1, frame les bouts cra­més dans la full expo­sure, dra­ma­tise tout ce qui, plus ou moins noulu7, reste faire son scan­dale sur la scène de crime.

Le hard­core cherche à savoir, de manière obses­sion­nelle, à tra­vers l’enregistrement voyeu­riste de l’orgasme invo­lon­taire confessé.L. Williams, La frén. vis., 1989

⛣︎1.2⚖︎2.2Le s’avouer la personne

Geste, subst.fem.
A. (HIST. LITTÉR.) Ensemble de poèmes en vers du Moyen Âge, nar­rant les hauts faits de héros 4.8 ou de per­son­nages illustres. La geste de Guillaume d’Orange, la geste des Lorrains.
Chanson de geste. Un des poèmes de cet ensemble.
–P. ext. : Histoire glo­ri­fiante (d’un peuple, d’un groupe social, d’un indi­vidu).
B. Loc. fréq. : Les faits et gestes (de qqn). L’ensemble de sa conduite telle qu’elle se donne à voir. Tenez-moi, je vous prie, au cou­rant de vos faits et gestes (A. de Tocqueville, Corresp. Gobineau, 1855). Des ins­pec­teurs char­gés d’épier mes faits et gestes (Proust, Fugit.,1922).

Le s’avouer la per­sonne est une geste de la per­sonne que la per­sonne en par­ti­cu­lier pro­fère.

La geste de la per­sonne avouée3.42.1 se dis­tri­bue en doses.

La geste « La per­sonne en par­ti­cu­lier s’avoue » dis­tri­bue17.15.12 la per­sonne, pié­gée dans son affaire et pas de crime com­mis21, telle qu’elle s’impute elle-même.

La geste « La per­sonne en par­ti­cu­lier s’avoue » fait108 la scan­sion d’un deal, la cadence d’une affaire, le rythme d’un busi­ness.

La per­sonne en par­ti­cu­lier son bizz sur le carré d’aveu : dis­tri­buer ses aveux, faire sa per­sonne avouée, la dis­tri­buer en doses consom­mables au qui-vive8.15.2 dans les scan­sions d’une geste56.

Ce que deale la per­sonne en par­ti­cu­lier sur son carré d’aveu : ses intê­rieurs21 en geste, qu’elle te livre comme les preuves1.3 de son crime pas com­mis, en plein l’espace public1.4.

A⛣︎1.8La gloire de la personne

La gloire de la per­sonne : l’à bout2.11.1 de sa per­sonne, qu’épuisent ses pres­ta­tions sur le carré d’aveu12. Chopée à bout d’aveux et sa confes­sion faite8, au bout du bout de ses pres­ta­tions, la per­sonne serait glo­rieuse. Un « gloire à la per­sonne ! » fait fond à toute l’affaire. S’épuiser la per­sonne, c’est se pro­mettre à soi : s’achever sa per­sonne par le scan­dale d’aveu / avoir le crime com­mis6.21.3. Le scan­dale dit achevé et le crime dit com­mis, la per­sonne serait en gloire, pré­sen­tée en tro­phée, masque isolé et sec, mani­feste tête réduite43, etc.

F7.1La personne est ronde de ses raisons

La per­sonne a sa volonté comme sa nolonté démi­née : chez elle, pas même la désin­vol­ture n’est select. La per­sonne, quand elle agit déci­dé­ment (quand elle tient son cap, par exemple), jamais mue par autre chose qu’une machine à néces­si­tés (antê­rieurs, intê­rieurs) qui n’a rien d’inten­tion­nel. Autrement dit, les rai­sons per­son­nelles ne sont pas des pro­prié­tés de la per­sonne, ce sont des pro­pul­seurs de son affaire. La per­sonne en géné­ral est ronde de ses rai­sons ; elle rentre ronde à la rai­son. Son titu­be­ment figure le pen­dule de ses ten­dances au bart­le­bien et à l’industrieux. Tant qu’elle garde le cap, la per­sonne, souf­flée ou faite vibrée par les rai­sons per­son­nelles, est la plus moderne inter­prète de sa per­sonne. Tant que son affaire tourne, tant que sa pres­ta­tion est accor­dée, la per­sonne avance cap le géné­ral.

A🗝︎8Le Coffre dont le Code est le Prénom de Papa

Le Coffre dont le Code est le Prénom de Papa est l’embarras néces­saire de la per­sonne, son tré­sor géné­ral intime. Il n’a pas de nom autre que celui que lui donne son code d’accès – et en géné­ral, ce code est le pré­nom de papa727.1. Les impôts d’enfance y sont sto­ckés, figés, sans inté­rêt, comme des mora­li­tés légen­daires, des pro­jets paren­taux confits, des acti­vi­tés péri­pa­ras­co­laires stag­nantes : judo­sol­fège, ten­nis dansé, club d’échecs-cheval d’arçons.

A🗝︎7Le Trésor des Colonies

Le Trésor des Colonies est le tré­sor consti­tué par les tokens (sou­ve­nirs, bibe­lots, ten­tures, couvre-chefs, objets cultuels dévoyés etc.) de la visite, du voyage, de la croi­sière, du séjour en bun­ga­low et autres. Peu importe le cadre de l’expérience, le mode du trans­port, la lon­gueur du tra­jet ou l’éloignement de la des­ti­na­tion, le régime unique du voyage de la per­sonne est celui du faire : faire le Ghana, faire le tour du Viso, faire le mar­ché aux épices, faire sa vie811Faire est en ce cas garant d’un sen­ti­ment de décou­verte ou d’ouverture franc de toute aven­ture. L’exotisme apla­nis­sant du faire, l’extase tou­ris­tique de la per­sonne, cor­res­pond à une tran­chée affec­tuelle pré­cise, celle du « conquérant&conquis », au sens de qui a le choix de sa mobi­lité et en revient tou­jours ravi.

A🗝︎6Le Trésor d’Hypothèque

Dans « Trésor d’Hypothèque », hypo­thèque ren­voie au petit nom savant donné au “grand singe élevé” qu’est la per­sonne4. Le Trésor d’Hypothèque est le nom du pot des com­mo­di­tés dédoua­nantes par l’alimentation régu­lière duquel la per­sonne entend rache­ter ses singeries. Pratiquement, ce tré­sor est un amas en vue de la levée défi­ni­tive des hypo­thèques.

A🗝︎5Le Trésor d’Embonpoint

Le Trésor d’Embonpoint est le tré­sor consti­tué par le stock des forces qu’il reste à la per­sonne en condi­tion post­pran­diale10.2. La post­pran­dia­lité n’est pas qu’un état, c’est une condi­tion : quand on est post­pran­dial, on l’est tou­jours « en géné­ral », tota­le­ment affecté, réduit à une inap­ti­tude d’ensemble, « synapte ». Comme on dit de quelqu’un qu’il est gra­ve­ment blessé, le corps de la per­sonne de condi­tion post­pran­diale est un corps gra­ve­ment désoeu­vré, lourd d’un crime contre soi (man­ger), lesté comme un cadavre rejeté dans le flot de la vie. L’irréductible contin­gent des forces réser­vistes de la per­sonne, à la fois inapte et fré­né­tique, peu nom­breux mais fana­tisé, est can­tonné dans le Trésor d’Embonpoint. Le Trésor d’Embonpoint est donc un tré­sor par­ti­cu­liè­re­ment caché, mais comme un véri­table contenu d’embonpoint, caché dans du visible, à l’abri dans regards dans une bau­druche insen­sée.

A🍪︎🎠︎🗝︎4Ⰴ︎Le Trésor d’Apprêts

Le Trésor d’Apprêts est le nom du cabi­net où pendent ran­gées toutes les étoffes inti­mi­dantes asso­ciées à une fonc­tion, un titre, une juri­dic­tion, un rôle social de la per­sonne (étoffe patriar­cale, étoffe magis­trale, étoffe secré­ta­riale, étoffe filiale, étoffe entre­pre­neu­riale, étoffe artiste etc). Aucune des appa­ri­tions de la per­sonne n’est en prin­cipe franche de ces étoffes. À chaque fois qu’elle paraît, la per­sonne est gon­flée d’étoffe, bouf­fie d’uniformes sociaux, merin­guée de cos­tumes qui la dis­tinguent et qui la classent. Ces étoffes cor­res­pondent à des situa­tions uni­voques, dont l’évidence tient du signal. Les “pres­ta­tions” ne sont pas de l’ordre de l’apprêt, du rôle tenu depuis une inten­tion de paraître. Les pres­ta­tions sont conjonc­tu­relles ; les apprêts sont des “étof­fe­ments de fonc­tion” aux­quels on n’échappe pas.

A3Le Trésor Ecclésial

Le Trésor Ecclésial est le tré­sor consti­tué par le ges­tuaire (voca­bu­laire ges­tuel) de la per­sonne en tant que pâtre de son inté­rio­rité, guide de ses ors, agent immo­bi­lier de sa nef, etc. Ce tré­sor est lié à la seule gloire et déri­soire dignité de la per­sonne : le per­son­nat est défini comme « une dignité (ou pré­séance) sans juri­dic­tion » 21, c’est-à-dire sans lieu ou ins­ti­tu­tion à admi­nistrer. D’où qu’être une per­sonne signi­fie être maître ou admi­nistrateur de rien d’autre que de soi, res­pon­sable de son petit sort etc. L’ambitus de ce sort est d’ailleurs res­treint : mini­ma­jes­tique ou petit-kéno­tique (la per­sonne ne va jamais haut, elle ne chute jamais bas).

A🍪︎🎠︎🗝︎2Ⰴ︎Le Trésor des Fouilles

Le Trésor des Fouilles est le tré­sor consti­tué par les gages de culpa­bi­lité don­nés puis reçus (sous forme de “c’est bon pour cette fois”) par la per­sonne lors de ses arres­ta­tions, déten­tions, dépo­si­tions. Lié comme le Trésor de Veille aux pro­cé­dures d’assus­pi­cion, le Trésor des Fouilles a lui moins à voir avec l’agrégat des atten­tions reçues par la per­sonne confir­ma­toires de son sen­ti­ment de culpa­bi­lité qu’avec une soma­tique iden­ti­fi­ca­toire, une dis­po­si­tion volon­taire du corps à l’adresse de l’institution poli­çante-jugeante : la per­sonne fait de son corps une carte d’identité qui la désigne sus­pecte (de la même manière que les règles de confor­mité des pho­tos d’identité nous pré­dis­posent à la com­pa­ru­tion der­rière une glace sans tain). Pour aider à dis­tin­guer Trésor de Veille et Trésor de Fouilles, on pour­rait dire que le pre­mier est une série d’impressions reçues de la culpa­bi­lité et le second une série de cap­ta­tiones bene­vo­len­tiae adres­sées aux ins­tances répres­sives, sur le mode de la confes­sion appe­lant par­don ou de la stra­té­gie du plai­der cou­pable.

A1Le Trésor de Veille

Le Trésor de Veille est le tré­sor consti­tué par l’ensemble des impres­sions col­lec­tées par la per­sonne qui confirment son sen­ti­ment de culpa­bi­lité, soit l’ensemble des vues coli­ma­tées d’elle par les sup­po­sés la voir (police, jus­tice). La per­sonne veille à l’établissement par tous de sa propre culpa­bi­lité, dans un monde où la sus­pi­cion est métem­psy­chique : elle existe en stock limité et peut migrer, être attri­buée à telle ou telle. Le Trésor de Veille est lié au carré d’aveu13.4, lieu de l’assuspicion en tant qu’il est l’espace que la per­sonne sub­sti­tue au fra­ming, un cadre, amé­nagé et géré par elle, d’apparition et de com­pa­ru­tion de sa per­sonne.

A⛣︎2.3⚖︎5.1La personne importante dans la lutte en particulier

Si la per­sonne, quand elle mani­feste, ne prend pas part aux troubles de l’espace public5 ou y prend part le moins pos­sible1, la per­sonne impor­tante dans la lutte en par­ti­cu­lier ren­contre ces troubles comme ter­ri­toire d’émergence et d’exposition de sa maî­trise3.2. Son auto-entre­pre­na­riat appli­qué, ses gloses de secré­taire, ses singeries d’emportement3.3 sont plus ou moins offi­ciel­le­ment pro­duits et ren­dus expan­sifs dans la pers­pec­tive illu­soire de la faire atteindre, les troubles enca­drés, au pon­ti­fi­cat. Puis, géné­ra­le­ment, le plus géné­ra­le­ment pos­sible, mise en mino­rité par le trouble bain-gens11, la per­sonne impor­tante dans la lutte y réduit43.

D1Une paire aux visées distinctes

Au sein de la paire, la per­sonne en géné­ral répond du souci d’un main­tien de fonc­tionnalité de la paire. Sa mis­sion est que ça conti­nue de tour­ner ; sa pres­ta­tion que ça tourne bien.

Au sein de la paire, la per­sonne en par­ti­cu­lier est sou­cieuse de son iden­ti­fia­bi­lité, de sa recon­nais­sa­bi­lité par les stop­peurs de praxi­no­scopes. Sa mis­sion est que ça soit bien net ; sa pres­ta­tion consiste à être bien elle-même, jouer publi­que­ment son quant-à-soi, mani­fes­ter constam­ment une fidé­lité aux rai­sons per­son­nelles.
La per­sonne en par­ti­cu­lier ne se laisse bien iden­ti­fier, ne four­nit une image nette de sa dis­po­si­tion hié­rar­chique, ne se laisse arrê­ter, cho­per, cap­ter qu’à témoi­gner d’un main­tien géné­ral de fonc­tionnalité et d’une affaire qui tourne. La per­sonne en par­ti­cu­lier ne mécon­naît pas l’implication, devant les sup­po­sés la voir, de que ça tourne en géné­ral et que ça soit net en par­ti­cu­lier. Autrement dit : la per­sonne en par­ti­cu­lier sait bien que pour prou­ver que ça tourne, il faut se mon­trer net en par­ti­cu­lier, et que pour être jugée nette, il faut que l’affaire tourne.

Clause com­plé­men­taire : La per­sonne en par­ti­cu­lier est par­fois elle-même un stop­peur de praxi­no­scope. Dans ce cas, la per­sonne en par­ti­cu­lier sus­pend le manège, se frame, adresse le bien avoué aux sup­po­sés la voir 3.4 / 5.

E5🐁︎6La CC

Clause de rup­ture pré-contrac­tuelle :
La per­sonne en géné­ral ne connaît pas le poi­son 4.3.


L’appariteur CC est un prod sup­plé­tif par­ti­cu­liè­re­ment prisé pour l’accélération des pres­ta­tions requises de la per­sonne en par­ti­cu­lier21 comme des ser­vices ren­dus, des sévices dus3 au sein de la paire.
L’appariteur CC est un phar­ma­kon opé­rant qui consti­tue la per­sonne en par­ti­cu­lier en apper­sonne CC1.1. L’appersonne CC se dis­tingue par la cen­tra­lité et la sou­ve­rai­neté de l’appariteur CC dans son dimen­sion­ne­ment. L’appersonne CC est une per­sonne pres­tante sur la brêche3.16 qui risque à tout ins­tant le niveau diag­nos­tique4.2. Sa consti­tu­tion comme apper­sonne CC, par rails régu­liers snif­fés d’appariteur CC, est tou­jours ouverte à la pos­si­bi­lité d’une fuite de la per­sonne (vers l’apersonne1.2) sous l’empire de CC. Le désastre accé­léré de ses pres­ta­tions de plus en plus désor­don­nées la perd géné­ra­le­ment pour l’admi­nistration (la per­sonne en par­ti­cu­lier s’éperd15 ; il est convenu de dire qu’elle est défaite1) et l’appariteur CC, d’appariteur loué, devient ennemi intime, poi­son du Personnat.

E1.4La singerie de dénonciation

La géné­ra­lité est la condi­tion du sup­pôt de la per­sonne, condi­tion pré­caire que la per­sonne en géné­ral dénonce comme un pré­ca­riat. Le ges­tuaire de cette dénon­cia­tion des­sine une singerie de dénon­cia­tion par la prise en compte de laquelle la per­sonne en par­ti­cu­lier com­plaît au sup­pôt. La singerie de dénon­cia­tion est par­tie d’un réper­toire de singeries appar­tenu en propre à la per­sonne en par­ti­cu­lier. Hypothéquer3 auprès de la per­sonne en géné­ral la pro­priété de sa dénon­cia­tion est, pour la per­sonne en par­ti­cu­lier, sa façon pré­fé­rée de s’appartenir en dépit du sup­pôt.

E1.3La personne en particulier vs. le suppôt

Le sup­pôt se branche entiè­re­ment sur la géné­ra­lité – ce que la per­sonne en par­ti­cu­lier dénonce2.22.4 comme un pré­ca­riat. La stra­té­gie de la per­sonne en par­ti­cu­lier face au sup­pôt est de jouer contre la paire en mar­ty­ri­sant le sup­pôt, en l’assiégeant par DoS (Attaques par Déni de Service – le plus sou­vent des attaques par inon­da­tion, sur­charge de connexions). Le sup­pôt, sous cette charge, est un hub sur­mené, sur­sol­li­cité, en quelque sorte, qui refuse de s’imputer ce qu’il ne peut trai­ter. La per­sonne en géné­ral est alors lais­sée seule avec son sup­pôt, dans l’imputation mini­male qu’elle est elle-même un point c’est tout. Le reste de son acti­vité impul­sion­nelle est perdu pour la géné­ra­lité, désen­gagé des efforts pour se main­te­nir fonc­tionnelle­ment.

E1.2Un agent de subsistance

Le sup­pôt acharne l’appersonne à se main­te­nir et cohé­rer, mais pas en vertu d’une nature com­mune des appa­riés. Le sup­pôt est l’allié objec­tif du main­tien de fonc­tionnalité, le nom d’un cer­tain self de la paire consis­tant en un suivi opé­ra­toire de ses modes de sub­sis­tance. Le sup­pôt consti­tue l’appersonne dans ses « actes », dans tous les sens du terme : faits accom­plis, preuves, archives judi­ciaires ou admi­nistratives.

Dans les êtres com­po­sés, dit saint Thomas, le sup­pôt et la nature dif­fé­rent.P. Nova,​Dic. term. scol.​, 1885

Le sup­pôt assure à l’appersonne une forme de com­plé­tude qui la consti­tue comme cas exem­plaire d’elle-même, indique une congruence depuis laquelle elle peut – mais ne peut que – faire état d’elle1. Sa pra­tique s’appelle sub­sis­tance, avec pour prin­cipe l’identité affec­tive de la paire cen­sée la rendre pérenne. Le sup­pôt main­tient l’appersonne comme unité indi­vise dans la tem­pête impul­sion­nelle des gains et des pertes, des hausses et des chutes3Que son affaire tourne signi­fie pour la paire per­sonne de la per­sonne en régime de sup­po­si­tion qu’elle soit affec­tée d’un même état, qu’elle soit sus­cep­tible ou sus­pecte d’un même crime de réfé­rence.

P. Klossowski, Nietz. cerc. vic.Ces abré­via­tions de signes (les mots) valant pour la conscience comme uniques ves­tiges de sa conti­nuité, c’est-à-dire inven­tés à par­tir d’une sphère où le « vrai » et le « faux » néces­sitent la repré­sen­ta­tion erro­née que quelque chose puisse durer, res­ter iden­tique (donc qu’il puisse y avoir une concor­dance entre les signes inven­tés et ce qu’ils sont cen­sés dési­gner) c’est pour­quoi aussi les impul­sions mêmes sont désor­mais signi­fiées à par­tir de l’ « unité » cohé­rente, sont com­pa­rées dans ce qu’elles ont de plus sem­blable ou de dis­sem­blable par rap­port à l’unité pre­mière : laquelle désor­mais est l’âme du sup­pôt ou sa conscience ou son intel­lect.

E1.1Un baptiseur opératoire

Le sup­pôt dans la paire pro­clame le bap­tême opé­ra­toire à par­tir duquel ça répond de la paire, ça rend ses comptes ; il vient faire la pré­somp­tion ini­tiale qui rend l’un ou l’autre des appa­riés res­pon­sible, comp­table de la per­sonne.

A6.2⚖︎1.3Un supposé de crime certain

On ouvre le dos­sier « la per­sonne » (on l’observe cir­cu­ler, tenir son cap ou pas, faire ses traces). Mais on n’a qu’un sup­posé de crime. Un crime est sup­posé pou­voir être com­mis. À par­tir de là, et selon le prin­cipe de la néces­sité félice qui fait l’échangeur entre « pou­voir » et « devoir », si un crime peut être com­mis, il le doit. Le carac­tère sus­pect de la sor­tie des draps rend d’ailleurs le crime pas dou­teux.

A14La personne était éperdue ; elle perd

Désarroi :
A.− MARINE : Arrimage, char­ge­ment mal fait, objets pla­cés en désordre, par exemple loin de leurs pareils ;
B.− Au fig. Trouble qui sur­vient aux dif­fé­rents niveaux de la per­sonne.
Dérivé de : Arroi : (Vieilli) appa­reil ; appa­rat ; train ; équi­page.

La per­sonne était éper­due15 dans la quête de sa par­ti­cu­la­rité. Sortie des draps, aven­tu­rée en géné­ral, elle se risque au désar­roi3.

A13🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎La personne en général couvre

On peut dire que la per­sonne, sor­tie des draps, tirée de la cou­ver­ture, elle-même désor­mais couvre. La per­sonne en géné­ral couvre qui, atten­tif à la conjonc­ture, attend encore le moment de sa sor­tie des draps. L’assurance régu­lière de sen­ti­ments dis­tin­gués lui com­pense le désar­roi.

A12🍪🎠La personne sort sentir sur le terrain

La per­sonne se déterre. Elle va s’aventurer tâter sen­tir sur le ter­rain. Sur le ter­rain, la per­sonne sor­tie, c’est l’heure de la tâte, du senti, des dis­tinc­tions sen­ti­men­tales. S’aventurer tâter sen­tir, c’est dans cet ordre et c’est un ordre.

A7La personne passe à découvert

La per­sonne paraît ; elle passe à décou­vert. La per­sonne est trans­fuge de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne : son lit par­ti­cu­lier.

Art. « per­sonne », Encycl., 1751On dit que le mot per­sonne, per­sona, est emprunté de per­so­nando, l’action de jouer un per­son­nage ou de le contre­faire ; & l’on pré­tend que sa pre­miere signi­fi­ca­tion étoit celle d’un masque. C’est dans ce sens que Boëce dit, in larva concava sonus vol­va­tur [le son lové dans la larve creuse / le fan­tôme creux] ; c’est pour­quoi les acteurs qui parois­soient mas­qués sur le théâtre, étoient quel­que­fois appel­lés lar­vati [mas­qués, voi­lés, pos­sé­dés], & quel­que­fois per­so­nati (son­nés).

A5.3🍪🎠La personne va, sortie des draps (3)

La per­sonne va, sor­tie des draps, sans direc­tion mais cap le géné­ral — un hori­zon d’au-moins(-à la-fin)-mieux que dans le milieu des draps.

R. Descartes, Disc. méth., 2e max., 1637Ma seconde maxime était d’être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pour­rais, et de ne suivre pas moins constam­ment les opi­nions les plus dou­teuses lorsque je m’y serais une fois déter­miné, que si elles eussent été très assu­rées : imi­tant en ceci les voya­geurs, qui, se trou­vant éga­rés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tour­noyant tan­tôt d’un côté tan­tôt d’un autre, ni encore moins s’arrêter en une place, mais mar­cher tou­jours le plus droit qu’ils peuvent vers un même côté, et ne le chan­ger point pour de faibles rai­sons, encore que ce n’ait peut-être été au com­men­ce­ment que le hasard seul qui les ait déter­mi­nés à le choi­sir ; car, par ce moyen, s’ils ne vont jus­te­ment où ils dési­rent, ils arri­ve­ront au moins à la fin quelque part où vrai­sem­bla­ble­ment ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt.

🍪︎6.1Quantité nulle ou non précisée

Prise et empau­mure sont tou­jours chez la per­sonne en quan­tité nulle ou en quan­tité pré­ci­sée requé­rant par­ti­tif comme assu­rance ou poigne : pas de prise, de l’empaumure, peu d’assurance, de la poigne. Il n’y a aucun sens à par­ti­cu­la­ri­ser prise, poigne, assu­rance, empau­mure ; preuve en sont les sonne-faux de : la prise de la per­sonne, une empau­mure sur cette per­sonne, cette per­sonne a une poigne, cette autre a l’assurance. Toute assu­rance de la per­sonne est assu­rance du géné­ral, assu­rance sur le géné­ral, assu­rance inclu­sive dont pro­cède aussi celle qui main­tient les sen­ti­ments dis­tin­gués en cir­cu­la­tion géné­rale.

A🍪︎10.3📎︎1.5La personne ne fait pas bombance

Il appar­tient à la per­sonne de man­ger équi­li­bré.
Qu’elle ait sa mis­sion à accom­plir 21 implique pour la per­sonne qu’elle soit légère.
Les plai­sirs de bouts – dont une légende raconte que la per­sonne peut jouir 1.4 – ne peuvent offrir à la per­sonne de faire bom­bance.
Faire son feu de tous bouts 8 n’est qu’un faible ver­tige de l’équilibré.

La per­sonne ne fait pas bom­bance. La bom­bance est le crime du dîner, le crime de la cena. Faire bom­bance, ce serait la jouis­sance de la per­sonne lors d’un dîner offert par la per­sonne sa mort cer­taine4.72.4, son crime com­mis et son cas clos61, le nom de son aven­ture donné21. La per­sonne ne fait pas bom­bance, elle mange l’équilibré de ses pranzi très brefs, qui sont chaque fois les mêmes, jamais com­plets.

A🍪︎10.2Postprandialité

La per­sonne, dans un moment plein de son outre au cœur et comme gra­ve­ment bles­sée par la der­nière bou­chée de son unique pranzo6, se jette à terre comme on se res­sert. On dit alors (une méta­phore) que la per­sonne mange terre. L’affliction post-pran­diale, ses mani­fes­ta­tions en cas­cade (embo­lie d’allants, conges­tion des vas-y, ver­tiges dans les allez), forment une condi­tion. Littéralement pas­sée sous elle comme on a roulé sous la table, la per­sonne n’y peut plus comp­ter que sur l’irréductible contin­gent de ses forces réser­vistes, un stock. Ce stock, en sub­sis­tance dans le corps gra­ve­ment dés­œu­vré, a pour nom par méto­ny­mie Trésor d’Embonpoint5.

J. Roth,
Hiob, Rom. einf. Man.,
1930
Sie lagen lange matt, hil­flos, stumm, wie Schwerverwundete. (Ils demeu­rèrent long­temps éten­dus, acca­blés, désem­pa­rés, muets, comme griè­ve­ment bles­sés.)

🍪︎10La personne se jette

La per­sonne se jette à terre mais pas par caprice. La per­sonne anti­cipe en se jetant à terre toute vau­trade qu’on refu­se­rait de lui impu­ter pour en attri­buer la cause aux puis­sances défai­santes4.21056.

7La personne pourquoi ?

La per­sonne n’est pas sans pour­quoi. Qu’elle vienne avec pour­quoi ne lui garan­tit pas cepen­dant d’entraîner ce pour­quoi dans sa perte. La per­sonne n’est pas sujet de son pour­quoi. Le pos­ses­sif est ici un pro­nom abu­sif conven­tion­nel : son pour­quoi ne dit ni l’inhérence ni l’appartenance mais la soli­da­rité d’adhérence (la route tenue) et par­fois l’envasement (la route per­due). Son pour­quoi, la per­sonne est au mieux quand elle y assent sans s’y arrê­ter ; elle est au moins bien quand elle y est prise.

6La personne combien ?

La per­sonne se cal­cule à l’empaumure (ce qui lui reste quand elle n’a pas de prise6.1), à la toise (ce qui lui reste de hau­teur quand elle n’a pas d’assurance4.87), à l’advention (ce qui lui reste d’avenir quand elle n’a pas d’entre­prise) et à la sub­ven­tion (ce qui lui reste d’argent quand elle n’a pas de tra­vail).
Une des confir­ma­tions les plus écla­tantes de l’énoncé révélé a été don­née par la bourse de 3000€ accor­dée au tra­vail exé­gé­tique dont ce site est issu, lors de la Résidence d’écriture numé­rique pro­po­sée par l’appareil La MarelleAlphabetville, avec le subvent des per­sonnes DRACPACA et CRLMP .
In aller Öffentlichkeit, 3000€ est ce que la per­sonne pèse en rési­dence quand elle perd par­tout ailleurs et le reste du temps. La Révélation a pu comp­ter sur un bud­get édi­to­rial sup­plé­men­taire de 1000€, consa­cré à Gaël Vergniolle de Chantal pour la ver­sion res­pon­sive du pré­sent site et à la retouche du sys­tème de notes notam­ment.

5La personne comment ?

Le pro­blème du com­ment se confond avec le pro­blème du com­ment de la Verwaltung. La per­sonne n’est peut-être pro­blème d’aucun com­ment qui n’ait été au préa­lable pro­blème du com­ment de la Verwaltung en géné­ral. Que le pro­blème du com­ment de la per­sonne soit un pro­blème pro­duc­teur d’une Verwaltung qui lui serait propre ou n’apparaisse que secon­dai­re­ment depuis le cadre déter­mi­nant d’un pro­blème du com­ment de la Verwaltung, voilà qui entraîne assu­ré­ment des déli­bé­ra­tions in aller Öffentlichkeit45.2, voilà qui mène régu­liè­re­ment à quelques troubles de l’espace public2.35.1 où « inter­rompre la per­sonne », « sus­pendre la per­sonne », « dépo­ser la per­sonne » sont autant de construc­tions qui s’annoncent comme rai­son d’agir, uto­pie opé­rante, sub­strat d’une fic­tion viable, slo­gan.

Dès lors, com­ment répondre ici à la ques­tion de la per­sonne com­ment ?

4La personne quand ?

En per­ma­nence requise. Requise par ses pres­ta­tions21, par son affaire, par la par­tie géné­rale du temps5.1. En géné­ral, la per­sonne ne perd pas son temps. La per­sonne ne prend pas même le temps de dîner4.12.5.

3La personne où ?

Dans le Désarroiement14 :
– La per­sonne où ?
– À La Déconfisture.

J. Nicot, Thres. lang. fran., 1606Desarroyer, act. acut. Signifie mettre en desar­roy, et conse­quem­ment en des­con­fi­ture. Ainsi dit-on desar­royer une armée. Aciei ordines tur­bare, affli­gere. Mais il est plus usité par mettre une armée en desar­roy. Et est le desar­roy la cause de la des­roupte ou des­con­fi­ture.
Desarroyé, m. acut. Mis en desar­roy, comme, Gents desar­royez, ceux qui par les che­mins sont mis en desar­roy, Disiecti palantes. Et ceux qui ont perdu leur equi­page.

2La personne quoi ?

Le registre des pré­di­cats concer­nant la per­sonne est for­mel ; à la ques­tion « la per­sonne quoi » convient seule en fin de compte la liste des essen­tiels :

Tirée de sa cou­ver­ture9.1. Prête à être pré­di­quée3.1 depuis son engeance aveugle11. Décidée dans son cap7, obser­vée dans son frame6.11.2. Convaincue de l’implication de sa per­sonne31.4. Cousue d’un corps, d’une démarche et d’un style22. Ouverte tard6.1. En outre et rési­liente4.87. En passe de jouir1.4. Gigogne (sur­tout par le bas)7. Prestataire à bout et à fond2.11.1.
Capitonnée1. Hardcore1.7. Subdom6.
Sa propre tête réduite43 et propre forme d’organisation94.1. Ronde de ses rai­sons7.1. Homéopathe, poso­logue, mixo­logue, sty­liste3. Framed une fois en géné­ral61. Dans le game du genre3. Immunisée12.5. Un grand singe, mais un grand singe élevé1. Transfuge de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne7. Une mon­naie de singe2. « Cette vieille emprise magique de l’universel, retran­chée dans le par­ti­cu­lier8. » Une expé­rience péda­go­gique bien tour­née7.64.1. Le résul­tat d’une entre­prise péda­go­gique ensei­gnant qu’il est bon de s’ennuyer un peu74. Distante et joi­gnable4. Gonflée d’étoffes, bouf­fie d’uniformes sociaux, merin­guée de cos­tumes qui la dis­tinguent et qui la classent4. Entreprenante21 et som­mée d’entreprendre7.12. Éventuellement très dan­ge­reuse10. « Un mot, un rôle, l’une des voies de com­pré­hen­sion des plus grandes affaires de la pen­sée« 42.

1La personne qui ?

C’est tout pour la per­sonne ; arrê­tez d’appeler14. Neuillez7 patien­ter.

Ce n’est pas tout pour la per­sonne ; conti­nuez d’appeler4. Veuillez patien­ter.

P. Klossowski, Niet. cerc. vic., 1969L’intelligibilité de tout ce qui se peut seule­ment pen­ser (à savoir que nous ne for­mons aucune pen­sée si ce n’est par astreinte aux règles du lan­gage ins­ti­tu­tion­nel) découle de la morale gré­gaire de la véra­cité — en ce sens que le prin­cipe de véra­cité à lui seul en est un gré­gaire : « Tu dois être recon­nais­sable, expri­mer ton inti­mité par des signes pré­cis et constants— autre­ment tu seras dan­ge­reux ; et si tu es méchant, la faculté de te dis­si­mu­ler sera ce qu’il y a de pire pour le trou­peau ; nous mépri­sons l’être secret, incon­nais­sable. — Par consé­quent, l’exigence de véra­cité pré­sup­pose la connais­sa­bi­lité et la per­sis­tance de la per­sonne.

2.1Un clapiège

Les pièges étaient posés en évi­dence. Vous avez mis le doigt dans la loi en pen­sant don­ner à man­ger aux lapins. Maintenant vous êtes là. On vous y a repris. On vous y repren­dra.

6De l’aquaplaning sur l’idiome

Un tel dis­po­si­tif offre les condi­tions idéales pour faire de l’aquaplaning sur l’idiome. Et s’arrêter au moment d’adhérence où ce qu’on dit s’avère, s’affermit, s’égalise en humeur ou en goût, trouve sa place dans l’ordre du savoir ou dans la hié­rar­chie des anges.

A🍪🎠5.1Un exercice facile

L’exercice est facile. On com­mence par ne rien se refu­ser, et ce qu’on est amené à se refu­ser ne naît pas comme contrainte exo­gène mais comme condi­tion de l’énoncé sui­vant, comme condi­tion pour pou­voir conti­nuer (si je spé­ci­fie trop ici, je ne pour­rai plus jouir là de l’ambiguïté ; si je me vautre ici dans le géné­ral, mon objet rejoint l’horizon des « phé­no­mènes » et je renonce à le connaître en propre).

A🍪🎠5Un exercice de scolastique

L’exercice se veut for­ma­teur. C’est un exer­cice de conci­lia­tion proche d’une cer­taine sco­las­tique : il s’agit de pro­duire des clauses aptes à main­te­nir « un pro­gramme de vérité » (Veyne) ouvert à d’autres pro­grammes de véri­tés, tout amen­de­ment devant jouer de « la plu­ra­lité des formes du ration­nel » au sein du donné de l’énoncé-source. Autrement dit, un pro­gramme de vérité nous est fourni arbi­traire sous son aspect for­mu­laïque (l’énoncé-source est à consi­dé­rer comme « vrai » ou « valide », il n’y a pas le choix). Notre liberté réside dans l’inscription de clauses de nature à arbi­trer ce pro­gramme, à le pré­ci­ser sans le spé­ci­fier (la vérité du cor­pus-source, dans la tra­di­tion sco­las­tique, ne requiert pas un mieux dire mais un déploie­ment des pos­si­bi­li­tés de signi­fi­ca­tion de cet énoncé ; c’est un art de l’accommodement et de la trans­mis­sion).

A4Une enquête philologique

Écrire à par­tir d’un énoncé aussi sec, c’est éga­le­ment l’occasion de s’adonner au délire très sérieux de l’enquête phi­lo­lo­gique : plus on remonte haut vers les sources de l’étymologie, plus on dis­sout la signi­fi­ca­tion d’un mot, plus on « l’ambiguise » ; plus on des­cend bas dans ses usages, plus il est « perdu » pour la signi­fi­ca­tion, plus on va vers un nomi­na­lisme hyper­par­ti­cu­la­ri­sant qui peuple le monde d’une infi­nie varia­tion d’objets qui n’avaient pas com­paru jusque-là. Plus on remonte haut dans l’usage d’un terme-clé (sa pre­mière occur­rence, ou sa page dédiée), plus son effi­cace devient tuté­laire, plus il cha­peaute l’ensemble des usages futurs, et plus le cor­pus se fait « réa­liste » ; plus on des­cend bas dans ses usages (tra­quant les spé­ci­fi­ca­tions jusque dans un recoin par­ti­cu­lier du cor­pus), plus il est perdu pour tout recou­pe­ment (géné­rique, notam­ment), et plus le cor­pus se fait nomi­na­liste, peu­plé d’objets hyper­spé­ci­fiques qui com­pa­raissent tou­jours à chaque fois pour la pre­mière fois.

3Avarier en appariant

Ce n’est pas tant l’énoncé lui-même, la for­mule, qui semble par­ta­geable, que le mode sin­gu­lier de sa glose, mode qui a trouvé sa for­mule lors d’une conver­sa­tion avant toute écri­ture : ava­rier en appa­riant. Avarier l’énoncé-source, c’est enga­ger un rap­port cor­ro­sif à sa pureté ou neu­tra­lité sup­po­sées. L’appa­rier à d’autres énon­cés est un moyen pri­vi­lé­gié de ce rap­port qui consiste autant à l’appareiller de clauses (jusqu’à noyer son indi­ca­tif sec sous un déluge de condi­tions : res­tric­tives, aug­men­ta­tives, de dés- ou réaf­fi­lia­tion etc.) qu’à le regar­der vivre dans des rela­tions appe­lées par la poly­sé­mie de ses termes. Car la neu­tra­lité de l’énoncé n’est qu’apparente : « la per­sonne » est un champ saturé de dis­cours juri­diques (c’est le terme pivo­tal du droit romain, de l’anthropologie et de la chris­to­lo­gie médié­vales), poli­tiques (les post­co­lo­nial stu­dies s’y inté­ressent spé­cia­le­ment), idéo­lo­giques (per­son­na­lisme, droits-de-l’hommisme, anti­spé­cisme) ; la “perte” ou la “défaite” s’inscrivent dans le voca­bu­laire de l’ethos entre­pre­neu­rial qui a conquis jusqu’à la Maison Blanche (« i’m a win­ner / ter­ro­rists are losers ») ; « en géné­ral » est confon­dant et spé­ci­fiant à la fois : il s’oppose, tech­ni­que­ment, à « en par­ti­cu­lier », en même temps qu’il prend place, idio­ma­ti­que­ment, dans le ventre mou des fré­quences, quelque part entre « tou­jours » et « par­fois », convo­quant une loi de nor­ma­lité abs­traite.

A🍪🎠2Un énoncé navrant

L’énoncé-source est mal­adroi­te­ment pur : il navre, il est drôle et navrant en même temps qu’il flatte par l’apparente neu­tra­lité de ses termes. Parce qu’il est pur et neutre en appa­rence, qu’il semble mûr et consom­mable, il est ten­tant de l’avarier pour faire échec à sa lapi­da­rité. Le jeu est de par­tir de cet énoncé abs­cons, dont la teneur asser­tive s’avarie dans la forme péremp­toire, dans le moment de son mûris­se­ment par la nuance vaseuse (« en géné­ral ») et s’ouvre par là même à tout un tas de spé­ci­fi­ca­tions qui en garan­ti­raient la vali­dité (donc la néces­sité qu’il y aurait à dire ou écrire un tel énoncé, à s’y ris­quer). Ces spé­ci­fi­ca­tions sont une aubaine pour qui aime tra­vailler à che­val sur le géné­rique et le pro­ver­bial d’un côté et, de l’autre côté, tout ce que l’épouillage ou le démê­lage phi­lo­lo­giques peuvent pro­duire de ral­longe et de néces­sité de suivre les fils jusque dans les der­niers éraille­ments.

A1Une amicale d’auto-entreprise

Tout 2017, de 2 à 10 ami​.es ont écrit ensemble à par­tir d’une unique contrainte : consi­dé­rer « La per­sonne perd en géné­ral » comme un énoncé géné­ra­tif. Le texte prend la forme d’un docu­ment par­tagé où les inter­ven­tions sont ano­nymes. La page du docu­ment est un espace béni où aucune faute n’est pos­sible, un lieu sans his­toire où l’erreur n’existe pas. En ce sens il s’adresse aussi bien à cel­leux de ces ami​.es qui parlent un fran­çais excellent et non nor­ma­tif.

18Six exercices simples pour les bretelles de la personne

La fatigue, le manque de som­meil, les vio­la­tions de l’alimentation, les mau­vaises humeurs, les caprices du temps – toutes ces cir­cons­tances se reflètent mal sur l’apparence. La per­sonne par­ti­cu­liè­re­ment souffre : la peau devient flasque, perd la cou­leur satine, se couvre des zones des œdèmes et les yeux bat­tus sombres. Ne se trouve pas, cepen­dant, déses­pé­rer. Il y a des exer­cices. En accom­plis­sant régu­liè­re­ment qui n’importe quelle femme peut indé­pen­dam­ment res­ser­rer la per­sonne. Après la fin affai­blis­sez les muscles de la per­sonne et res­tez assis 3 – 4 minutes, ayant fermé les yeux tran­quille. L’exercice aide à toni­fier les muscles de la moi­tié supé­rieure de la per­sonne et retire la fatigue des « œil ». À un tel entraî­ne­ment l’ovale de la per­sonne garde les contours pré­cis. Ah, la per­sonne.

17Dix erreurs sur la sortie de la peau de la personne

Faire flot­ter les mythes connus sur la sor­tie de la peau de la per­sonne – le but de cet article. Il ne faut pas que dans la jeu­nesse la peau de la per­sonne il ne faut pas. En fait les lotions les écumes les gels des­ti­nés à la sor­tie de la per­sonne ne contiennent pas les ingré­dients. Pour que l’agisse cor­rec­te­ment, le por­ter 2 – 3 heures avant le rêve, et dans 30 – 40 minutes s’être mouillé la per­sonne par la ser­viette molle. La sor­tie de la per­sonne – l’affaire néces­saire mais com­plexe. Il est impor­tant d’avoir l’information authen­tique sur l’état.

A🍪︎🎠︎⚕︎16Ⰴ︎La personne-baromètre

Pour la per­sonne il est très impor­tant de gar­der la quié­tude. Fréquent est l’état de santé aux caprices du temps, s’aggrave sim­ple­ment parce que la per­sonne attend et crai­gnait cela. À l’approche rai­son­nable du pro­blème, ayant pris connais­sance du pro­nos­tic du temps, on peut se pré­pa­rer aux com­pli­ca­tions pro­bables, et éprou­ver de mau­vais jours tran­quille et rela­ti­ve­ment sans dou­leur.

A⚕︎15Les organismes de la personne : la gorgée (schéma)

↳ Les orga­nismes de la per­sonne (par ordre alpha­bé­tique : http://​fr​.medi​cal​med​.de/​o​r​g​a​n​y​-​c​h​e​l​o​v​e​k​a​.​p​h​p.htm.
De la gor­gée – cylin­drique, un peu ser­rée à la direc­tion sur le tube en enton­noir mus­cu­laire de la lon­gueur de 12, celle à 14. Le corps les gor­gées (le mur supé­rieur) se lie avec la rai­son du crâne, l’arrière tient ferme vers l’occipital, les par­ties laté­rales. De la gor­gée – la place des voies res­pi­ra­toires et diges­tives, la masse ali­men­taire pen­dant le pro­cès de la déglu­ti­tion entre dans la gor­gée. La struc­ture les gor­gées. De la gor­gée se lie avec la cavité au moyen du pha­rynx. Le palais mou, les arceaux pala­tins et le dos de la langue séparent. Le palais mou tombe direc­te­ment à la cavité. Les fonc­tions les gor­gées. À la fonc­tion res­pi­ra­toire par­ti­cipent tous les ser­vices les gor­gées, puisque dans elle passe l’air entrant à l’organisme de la per­sonne de ses fosses nasales. Avec la toux toutes les sub­stances nui­sibles qui se sont col­lées au cil sont mises en lumière.

14Ni beaucoup ni peu : la vie moyenne

Pendant la vie la per­sonne moyenne sta­tis­tique éla­bore ni beau­coup ni peu de deux grandes pis­cines de salive. Pendant la vie moyenne sta­tis­tique il est fait : sali­ver deux grandes pis­cines d’eau, en équi­va­loir.

A🍪︎🎠︎⚕︎13Ⰴ︎Les rêves de la personne eue faim

Les par­ti­cu­la­ri­tés des pro­cès men­taux se mani­festent à l’époque où la per­sonne dort. La per­sonne retient seule­ment 10% des rêves de l’époque. Si l’organisme a besoin de l’enrichissement des stocks du liquide, la per­sonne rêve d’elle-même cher­chant la source, buvant l’eau, ayant la mer, la douche quand c’est pos­sible etc. De la même manière la per­sonne eue faim rêve de les pro­duits et les mange. D’après les don­nées de l’institut il est néces­saire à la per­sonne 100г l’écureuil, 80г la graisse et 450г les hydrates. On confirme expé­ri­men­ta­le­ment à l’institut un autre fait : si la per­sonne pen­dant deux-trois jours ne réus­sit pas à éprou­ver la phase du rêve rapide, pen­dant lequel et il y a des rêves et il y a de la grande vitesse, il devient dif­fusé la per­sonne, irri­table, agres­sif, lui-même rapide, rapide à sa per­sonne. Chaque per­sonne appa­rue devant la per­sonne dans le rêve, quand même en pas­sant par lui était vue « en réa­lité » ; cela, c’est l’institut le garan­tit. C’est aussi l’institut le garan­tit la fin des irri­tables et des agres­sives en époque. C’est la per­sonne retour à la nor­male, sa per­sonne eue mangé.

A⚕︎12L’état des lèvres

L’état des lèvres (leur mala­di­veté, l’extérieur) – un des para­mètres de la per­sonne. Les lèvres de la per­sonne ont leur com­mis­sure de plai­sir ou de peine carac­té­ris­tique de la per­sonne sen­sa­tion 4.

A🍪︎🎠︎⚕︎11Ⰴ︎Comment blanchir la personne du bronzage

Tenir la com­po­si­tion sur la per­sonne il le faut, dans la confor­mité exacte avec entre-temps, pen­dant, depuis et encore com­bien de temps, tel qu’indiqué. Tenir la com­po­si­tion sur la per­sonne il le faut, comme laver la per­sonne par l’eau et soi­gneu­se­ment éloi­gner tous les restes du moyen de la peau. Avant de blan­chir la per­sonne du bron­zage, il faut l’avec son aide, il faut se per­sua­der du son absence des réac­tions et du son extrême sen­si­bi­lité envers les sub­stances ; « ça » fait par­tie du moyen, du moyen radi­cal qui est dans la ques­tion : « Comment blan­chir la per­sonne du bron­zage ?»

10La rage chez la personne

La rage se trouve chez la per­sonne après les mor­sures par les malades sau­vages ou les ani­maux domes­tiques. Le dan­ger pré­sente les mor­sures (mul­tiple et pro­fond), ainsi que n’importe quels endom­ma­ge­ments du cou (les mains, les têtes et les per­sonnes). En outre la per­sonne com­mence à sen­tir l’indisposition totale, le mal de tête, le manque de l’air. Dans un tel état la per­sonne est très dan­ge­reuse, puisqu’il a une force anor­male « enra­gée ». Mais tout cela seule­ment la visi­bi­lité de la nor­ma­li­sa­tion de l’état, parce que déjà dans 10 – 20 heures la per­sonne meurt inévi­ta­ble­ment. La mort lui vient sou­dain, sans ago­nie.

9Le travail

Le tra­vail, qui à la per­sonne n’a son goût, est beau­coup plus nui­sible à sa men­ta­lité que l’absence du tra­vail en géné­ral.

A⚕︎7Le voyage

Le voyage oblige la per­sonne entiè­re­ment à se concen­trer à che­val, rete­nir l’équilibre, gar­der le main­tien juste. Un tel entraî­ne­ment contri­bue à l’amélioration de l’état de la per­sonne éprou­vant les pro­blèmes avec l’appareil oporno-moteur.

5La connaissance est nécessaire ; une douche presque toujours

La connais­sance est néces­saire à la per­sonne com­ment se détendre ; cette connais­sance sera utile à la vie bien des fois. 1. Le mas­sage : par les cous­si­nets des doigts, par les mou­ve­ments cir­cu­laires pau­mas­ser la per­sonne, les mou­ve­ments un peu plus rigides – la peau de la tête. Cela occu­pera très faci­le­ment quelques minutes. 2. L’eau : quand la per­sonne éprouve, à lui font boire l’eau et se repo­ser au bord de la mer ou de la rivière. Il n’y a pas pos­si­bi­lité d’aller à la mer ; par contre on peut prendre une douche presque tou­jours.

A🍪︎🎠︎⚕︎3Ⰴ︎Même si les cœurs de la personne ne se battent pas

Même si les cœurs de la per­sonne ne se battent pas, ils peuvent vivre en tout cas pen­dant un long, long laps. Le long, long laps a cer­tai­ne­ment : ne pas bou­ger, pou­voir se trou­ver mû (être mû bal­lotté, mû ren­versé, mû déplacé en l’air). Le long, long laps en l’air, dans l’eau ; à flot même si les cœurs, admis-ren­dus, ne se savent pas bat­tus.

A🔫︎9🐁︎3La personne ne remonte pas sa personne

Concernant la per­sonne, la méthode abréac­tive est inopé­rante : la per­sonne ne revient pas sur les traces de sa per­sonne ; elle ne retrouve pas plus sa per­sonne en la rebrous­sant ; elle ne fait pas davan­tage de sa per­sonne une ana­mnèse. Pourquoi ? Parce que tout a déjà été vécu de la per­sonne dans la ren­contre de sa per­sonne – vécu et consommé dans le qui-vive de sa ren­contre – et donc toute rela­tion de la per­sonne avec sa per­sonne est un revécu, un reviens-y com­pul­sion­nel frus­trant atta­qué du dehors par un reviens-en rai­son­nant. Il n’y a pas d’en avant / en arrière sur la per­sonne comme sur une voie. Le célèbre en avant la mémoire ! en arrière le temps ! ne concerne pas la per­sonne.

I. Baszanger, Doul. méd., fin oubl., 1995, p. 349Il y a donc en ce sens cen­tra­tion sur la per­sonne et ses réac­tions, mais il ne s’agit pas de remon­ter en amont de la dou­leur à la vérité pro­fonde d’un être. Il s’agit – cen­tré sur ses réac­tions émo­tion­nelles et mus­cu­laires – d’apprendre à les contrô­ler, voire à les faire ces­ser, seul moyen pour, à long terme, éteindre un com­por­te­ment de dou­leur. D’une cer­taine façon, la per­sonne n’a guère à voir avec ses réac­tions, qui dépendent, comme le méde­cin a pris la peine lon­gue­ment de l’établir, de son « tem­pé­ra­ment », dis­po­si­tion héri­tée plus que volon­taire. Ses réac­tions sont pro­vo­quées par des situa­tions ordi­naires contrai­gnantes pour tous les indi­vi­dus, elles n’ont pas de rai­son d’être dans la vie inté­rieure (au moins il n’y a pas lieu de les cher­cher). La per­sonne doit donc apprendre à contrô­ler les consé­quences de cette dis­po­si­tion – ses réac­tions exces­sives –, non pas en essayant de com­prendre un sens éven­tuel de ses réac­tions ou si elles sont liées au sens donné à cer­tains évé­ne­ments, mais en les voyant comme quelque chose de méca­nique qui se met en route auto­ma­ti­que­ment en réponse à des évé­ne­ments qui ne sont inté­res­sants qu’en fonc­tion de leur capa­cité à déclen­cher ce méca­nisme, et qui doivent donc être repé­rés à ce titre. Le contrôle s’acquiert par la sub­sti­tu­tion d’un méca­nisme à un autre. Cette concep­tion d’une dis­po­si­tion héri­tée a l’intérêt d’éviter de faire por­ter à la per­sonne la res­pon­sa­bi­lité de l’origine de cette hyper-réac­ti­vité et donc, en aval, de sa dou­leur. Elle favo­rise en cela l’adhésion au pro­gramme de ges­tion « faire face ». Progressivement, on voit se consti­tuer l’horizon d’une per­sonne étale, presque sans émo­tion, culti­vant – cen­trée sur ses réac­tions de sur­face, émo­tion­nelles et mus­cu­laires, plus que sur elle-même – une dis­tance ou une absence à soi (par oppo­si­tion à ce que Foucault a dési­gné comme « culture de soi »). Cette dis­tance à soi lui per­met­tra de contrô­ler cet excès qui, en même temps qu’il entre­tient la dou­leur, désor­ga­nise les per­for­mances, ren­dant cette per­sonne moins effi­cace.

A🍪︎4.4En la personne habitent

En la per­sonne habitent ceux qui convivent, mais le volume d’habitation n’est pas super­po­sable, même aplati, à l’espace de convie ni à la table dres­sée. Le volume d’habitation a une lar­geur égale à l’ambitus formé par le ges­tuaire de tous les convives (gestes du père, du juge, du fils, du magis­trat). Autrement dit : l’amplitude géné­rale des gestes est le volume d’habitation. Ce volume n’est jamais nu ; pour le mettre en valeur, il est drapé d’étoffes inti­mi­dantes sor­ties des ate­liers de pas­se­men­te­rie géné­rale dont les motifs portent la marque de cet arti­sa­nat sous prod. Le cabi­net où pendent ran­gées les étoffes de l’habitation s’appelle par méto­ny­mie Trésor d’Apprêts4.

A🍪︎4.3⚖︎2.6En la personne convivent

En la per­sonne convivent les sus­cep­ti­bi­li­tés du nombre et du genre, du cal­cul et du cul sans néces­sai­re­ment se tou­cher. En la per­sonne convivent aussi sans se tou­cher non plus le père et le fils, le juge et le magis­trat. Sans se tou­cher : tel juge tel fils ne passe pas, pas plus que tel juge tel père tel magis­trat. Il y a solu­tion de conti­nuité entre les convives.

Encyl.,
art. « per­sonne »,
1751
Personne a une cou­leur plus par­ti­cu­la­ri­sée que gens, qui le rend sus­cep­tible de cal­cul et de rap­port au sexe quand on veut le dési­gner. […] Personne vint à être d’usage pour signi­fier quelque dignité, par laquelle une per­sonne est dis­tin­guée d’une autre, comme un père, un fils, un juge, un magis­trat, etc.

Brunetto Latini,
Liv. Tres.,
«Des juges »,
ca. 1267
Senekes dist, main­te­nant que li hom ne vest per­sone de juge doit il ves­tir per­sone d’amis et gar­der que sa parole ne for­cloe les autres autresi comme s’il fust venus en sa pos­ses­sion, il doit user com­mu­nité en sa parole ausi comme es autres choses.

A🍪︎4.2En la personne logent

Clause com­plé­men­taire : Il n’y a qu’au dîner que l’individu ne s’active pas. L’individu s’active de toutes les manières et sous toutes les formes, mais, le dîner n’ayant pas lieu, il ne peut être activé comme convive d’un dîner. De même, s’il se laisse dire que l’hypostase s’active sous la forme de la per­sonne en par­ti­cu­lier ou sous la forme du sup­pôt 1, l’hypostase ne sau­rait être acti­vée comme convive d’un dîner, parce que la per­sonne tra­vaille le soir et que, chaque soir, il le lui est fait tra­vailleuse 51.3.

Assis autour du capi­ton géné­ral, aca­pi­ton­nés comme ça depuis des heures dans l’attente d’un ser­vice d’une puis­sance invi­tante, les convives finissent par « loger », moins dans le sens de « rési­der » que dans celui sug­géré par l’usage pic­to­cha­ren­tais : conve­nir, être aux dimen­sions de son coffre ou de son contai­ner. Racornis, comme séchés par l’attente de ce qui les acti­ve­rait comme convives d’un dîner, l’individu et l’hypostase semblent loger, tous comme cha­cun sépa­ré­ment, dans l’événement qui les a requis en per­sonne. Cet échec de dîner les recon­duit cha­cuns à leur impé­ri­tie : tri­lingues pénibles, ils finissent par se taire, regard bal­lant comme un veau mal crevé, dans un air vicié par les sen­ti­ments dis­tin­gués.

A🍪︎4.1⚖︎2.5En la personne convivent

Il se laisse dire (à la rigueur) qu’aucun dîner n’a été com­mis 21.

En la per­sonne convivent l’individu et l’hypostase. Ils sont invi­tés – un plan de table les assigne cha­cun à un point de capi­ton – mais leur hôte n’arrive que l’heure du dîner tout à fait pas­sée5.12.1. Le dîner, en géné­ral, n’a pas lieu ; car la per­sonne tra­vaille le soir51.361.4, jusqu’à ce que ce ne soit plus le soir et avant le petit-matin. La per­sonne tra­vaille à la barre du géné­ral, où elle est en charge des mérites et des démé­rites en par­ti­cu­lier. C’est seule­ment quand elle a fini de s’imputer que la per­sonne revient dans la demeure immu­ni­taire et la lumière pro­prié­taire. Puissance invi­tante, la per­sonne en géné­ral ne l’est qu’aux frais d’imputations por­tées à sa per­sonne en par­ti­cu­lier.

J. Locke, Ess., 1689Le mot de per­sonne est un terme de bar­reau qui appro­prie des actions, et le mérite ou le démé­rite de ces actions et qui par consé­quent n’appartient qu’à des agents intel­li­gents capables de loi et de bon­heur ou de misère.

A🍪︎1.1📎︎5La personne reste immunisée

Même malade en par­ti­cu­lier, et tant qu’elle n’a pas atteint un état de per­tur­ba­tion géné­rale mala­dive, tant qu’elle n’a pas fait son cas jusqu’à s’éperdre15 par­ti­cu­liè­re­ment / être défaite en par­ti­cu­lier1, la per­sonne en géné­ral est dite6.11.2 immu­ni­sée4.32.1 et le reste.

A🍪︎1🐁︎2.5La personne est immunisée

Quand il y a ava­rie­ment de la phar­ma­cie 4.4 2.2, la per­sonne se déclare magi­que­ment 8, elle fait sa mala­die. Déclarée, elle se dis­pense, s’excepte, et se rend par là un peu plus sus­pecte. Elle atteste qu’elle est sor­tie des draps ; elle se rend, en un cer­tain sens, par­ti­cu­lière. Le dit essai du phar­ma­kon ava­rié – expé­rience parmi d’autres de la par­ti­cu­la­rité – est une épreuve de la per­sonne sor­tie des draps en par­ti­cu­lier, mais sor­tie cap le géné­ral quoi qu’il en soit. L’immunité géné­rale de la per­sonne n’est pas ici remise en ques­tion (même la per­sonne défaite en par­ti­cu­lier 1).

La per­sonne en géné­ral ne connaît pas le poi­son, ni la défaite par atten­tat4.32.1.

F. Nietzsche,
proj. préf. Hum. tr. hum.,
1886
(trad. P. Klossowski,
Nietzsche cerc. vic.,
1969)
Jeu sans doute inquié­tant, mé­chant, il se peut – sou­vent j’en étais malade. Mais ma réso­lu­tion demeu­rait ferme : et, même malade, je gar­dais bonne conte­nance durant mon « jeu », et me défen­dais de toute conclu­sion, à laquelle la mala­die ou la soli­tude ou la fatigue de l’errance pussent avoir la moindre part. « En avant !, me disais-je, demain tu seras guéri : aujourd’hui il te suf­fit de simu­ler la santé ». A ce moment j’arrivais à maî­tri­ser tout ce qu’il y avait en moi de « pes­si­miste », la volonté même de gué­rir, l’histrionisme de la santé fut mon remède.

Quand bien même la per­sonne s’exposerait affec­tée, se décla­re­rait publi­que­ment « un ter­rain d’affection »42, met­trait sa sur­face à mal en par­ti­cu­lier, l’immunité est main­te­nue4.52.3 comme condi­tion a priori du Personnat.

A8Volatilité des cœurs engagés

M. Z. Rosaldo, « Thi. w. d. w/ wor. », 1982Ce dont manquent les Ilongots, selon notre pers­pec­tive, c’est d’une notion d’un soi inté­rieur continnu dans le temps, un soi dont les actes puissent être jugés en terme de sin­cé­rité, d’intégrité et depuis des décla­ra­tions pas­sées qui les enga­ge­raient. Les Ilongots ne conce­vant pas leurs « coeurs » intimes comme des causes constantes, indé­pen­dantes de leurs actes, ils n’ont aucune rai­son de se sen­tir « tenus » d’agir en tel ou tel sens, ou de s’accabler de culpa­bi­lité ou de se jus­ti­fier lorsque cer­tains actes entrent en contra­dic­tion avec des paroles pas­sées.

F. Hölderlin, Hyp., 1797 – 99Ich hatt ihr nichts zu geben, als ein Gemüt voll wil­der Widersprüche, voll blu­ten­der Erinnerungen, nichts hatt ich ihr zu geben, als meine gren­zen­lose Liebe mit ihren tau­send Sorgen, ihren tau­send toben­den Hoffnungen (Je n’avais rien à lui don­ner d’autre qu’un coeur plein de contra­dic­tions farouches, plein de sou­ve­nirs sai­gnants, je n’avais rien d’autre à lui don­ner que mon amour sans borne avec ses mil­liers de sou­cis, ses mil­liers d’espoirs toni­truants)

A🍪︎7Tyrannie des points de capiton

Tenant sym­bo­li­que­ment du joug et effec­ti­ve­ment de la poigne, les points de capi­ton gainent la per­sonne aux endroits où ses confluences ris­que­raient de pro­duire une chute, une cata­racte, ein Flussfall, un cas échéant de ce qui flue. Sans cette gaine, la per­sonne serait per­due jusque pour sa perte ou sa chute3 ; elle écher­rait sim­ple­ment.

A🍪︎9Autonomie des coutures

P. Klossowski, Niet. cerc. vic., 1969L’activité céré­brale grâce à laquelle le corps humain adopte la sta­tion debout finit par réduire sa pré­sence à un auto­ma­tisme : le corps en tant que corps n’est plus syno­nyme de lui-même : ins­tru­ment de la conscience, il devient pro­pre­ment l’homonyme de la « per­sonne ». Dès que l’activité céré­brale dimi­nue, le corps seul est pré­sent, mais il n ’appar­tient réel­le­ment plus à per­sonne, et quoiqu’il ait gardé tous les réflexes qui puissent recom­po­ser une et même per­sonne, la « per­sonne » en est absente. Plus les mani­fes­ta­tions pure­ment cor­po­relles s’affirment, plus le retour de la « per­sonne » semble retardé : celle-ci dort, rêve, rit, tremble, mais ce n’est que le corps qui le mani­feste : la per­sonne peut se repré­sen­ter qu’elle rit, tremble, souffre, jouit, par une évo­ca­tion de motifs qui ne sont qu’une inter­pré­ta­tion de sen­sa­tions cor­po­relles. La « per­sonne » qui reven­dique pour elle ces symp­tômes dans la com­mu­ni­ca­tion à soi-même ou à autrui, ne le peut qu’avant ou après qu’ils se pro­duisent. Elle peut nier qu’elle en ait été consciem­ment le sujet et elle ne consent à les tenir pour siens que selon qu’ils lui paraissent conve­nir avec ce qu’elle estime son état nor­mal : soit tout ce qui est com­pa­tible avec la sta­tion debout du corps ou avec toute autre posi­tion qui dépen­drait de ses « déci­sions » ou de ses repré­sen­ta­tions. La per­sonne peut déci­der de rire, ou de s’abandonner au réflexe du rire, comme au réflexe de la dou­leur ou de la fatigue. Mais à chaque fois, sem­blables déci­sions ne font que résul­ter d’un état excité ou exci­table : donc suc­cèdent à l’excitation au lieu de la pré­cé­der ; dans l’intensité de la dou­leur ou du plai­sir, dans la volupté notam­ment, la « per­sonne » dis­pa­raît un ins­tant et ce qui reste de conscience se limite alors si étroi­te­ment au symp­tôme cor­po­rel que la struc­ture même s’inverse : la notion d’inconscience n’est ici qu’une image de l’oubli ; l’oubli de ce qui tient son ori­gine de la sta­tion debout.

A🍪︎3⚖︎1.4Une somatique d’assuspicion

Qu’elle soit requise comme témoin ou sus­pect, qu’elle tra­vaille à se rendre fla­grante34 ou s’offre coquette après longue enquête6.11.2, la per­sonne est convain­cue de l’implication de sa per­sonne. Aussi ne porte-t-elle jamais autre­ment son corps que comme une pièce à convic­tion. Pores ouverts au bain-gens11 dans l’expression poli­cière de sa sym­pa­trie, la per­sonne connaît la valeur de son corps pour l’admi­nistration et la soigne : ses allez sont fur­tifs, ses concen­tra­tions de vas-y conton­dants, ses allants en tran­sit ont tou­jours l’air de rien d’un com­plot de bagages non-éti­que­tés. Cette soma­tique d’assuspicion consti­tue, d’arrestations en déten­tions de la per­sonne, un tré­sor d’expériences d’une diver­sité sidé­rante qu’on appelle aussi son Trésor des Fouilles2.

A4Une somatique d’habitation

Les allants de la per­sonne, ses vas-y et ses allez, sont des flux que seuls par­viennent à concen­trer dans la stase les convives aca­pi­ton­nés (assis aux points des capi­tons).

A🍪︎2🎠︎2Une somatique de flux

La per­sonne est cou­sue d’un corps (« son corps »), d’une démarche (« sa démarche ») et d’un style (« son style »). Ce qui main­tient la per­sonne-en-sa-sur­face42 en un sem­blant d’unité est cette cou­ture de la per­sonne.

Entre son corps, son style et sa démarche cir­culent son vas-y, son allant, ses allez. Au point de capi­ton du corps et de la démarche verse l’allant ; au point de capi­ton du style et du corps arrive le vas-y, tor­tillard appli­qué ; où se jettent ses allez confluent éga­le­ment sa démarche et son style.

Rien ne vient rem­bour­rer la per­sonne sous son capi­ton géné­ral beau­coup trop serré.

Le des­sin de ses cou­tures vers ses points de capi­ton est à la per­sonne sa carte aux tré­sors.

A⛣︎3⚖︎5La personne matter

Quelle que soit la teneur de son aveu1.22.2 et quelle que soit sa vigueur dans la mani­fes­ta­tion25, quelle que soit donc sa force à se mani­fes­ter, il est géné­ra­le­ment admis in aller Öffentlichkeit que la per­sonne importe en géné­ral et devrait impor­ter en par­ti­cu­lier : elle est cou­sue d’un corps (« son corps »), d’une démarche (« sa démarche »), d’un « style » (« son style »)22, et cela signi­fie ou devrait signi­fier qu’elle mat­ters et qu’il est plus louable de ne pas, ou peu, la contes­ter.

Pour autant, des per­sonnes qui mat­ter, vic­times en géné­ral de la contes­ta­tion de per­sonnes maî­tri­sées3.2 et leur ser­vant le plus sou­vent à orner ces podiums12 que ces der­nières construisent à prix gagnant, tentent ici ou là et régu­liè­re­ment de mani­fes­ter, de se mani­fes­ter, de s’intégrer dans la lumière égale de l’Öffentlichkeit, mais, géné­ra­le­ment, cela n’importe pas, cela ne prend pas, cela ne matière pas. La per­sonne qui mat­ters en géné­ral, là, ne mat­ters pas en par­ti­cu­lier, et la per­sonne maî­tri­sée, en tant qu’elle a à cœur, le déplore publi­que­ment (avoue le déplo­rer) : elle fait part de ses sen­ti­ments dis­tin­gués et rap­pelle, en par­ti­cu­lier, son vou­loir-du-bien-par-der­rière-en-géné­ral.

A⛣︎2.2⚖︎2.4Les actes d’une compulsion

La per­sonne, qui a visi­ble­ment la dénon­cia­tion com­pul­sive, est dite avoir des rai­sons per­son­nelles de dénon­cer. L’excellence de sa mani­fes­ta­tion, la bonne tenue de ses intê­rieurs, impliquent la dénon­cia­tion publique, qu’elle admet comme l’une de ses pres­ta­tions21. Pour se faire de plus en plus effi­cace, de plus en plus per­sonne pres­ta­taire de dénon­cia­tion, et être recon­nue comme telle dans l’espace public45.2, la per­sonne com­pulse les actes de ses dénon­cia­tions. Tenir l’archive de ces beaux actes lui est le meilleur moyen d’attester à toute heure6.1 de la haute qua­lité de cette pres­ta­tion ; c’est aussi un plai­sir de sa per­sonne qu’il lui fau­dra avouer3.42.1. La per­sonne met un soin par­ti­cu­lier à com­pul­ser les actes des dénon­cia­tions parues sous la forme la plus agréée : celle de vou­loirs-du-bien-par-der­rière, savam­ment enve­lop­pés dans des sen­ti­ments dis­tin­gués.

A⛣︎2🎠︎5La personne manifeste

Il fut dit que la per­sonne ne reven­di­quait pas ; il se laisse dire qu’elle mani­feste. Qu’elle s’efforce, qu’elle se donne, qu’elle fait offre de soi.
La per­sonne est avec pour­quoi 7 mais sans cause. La per­sonne est avec parce que mais sans alter­na­tive. La per­sonne a ses rai­sons ascen­dantes (pour­quois) et des­cen­dantes (parce ques), dont l’axe à peine déclive est le lit d’un acti­visme sans cause, sans but, sans achè­ve­ment.

S’intégrer à l’Öffentlichkeit est une mis­sion de la per­sonne1.

La per­sonne, si elle avoue ses intê­rieurs1.22.2, expose ses antê­rieurs21 et fait essaim d’apprêts. Apprêtée d’antê­rieurs, forte d’apprêts vibrants, sa pres­ta­tion dans l’espace public est une mani­fes­ta­tion réglée en vue de son inté­gra­tion3.51.5. In aller Öffentlchkeit, la per­sonne mani­feste son adhé­rence et son adhé­sion. La per­sonne mani­feste / se mani­feste pour le main­tien de fonc­tionnalité, la reprise d’admi­nistration, le ref­fort d’admi­nistration. La per­sonne expose ses pour­quois, ses parce ques, les condi­tions & les rai­sons (qu’elle explique per­son­nel­le­ment) de sa fai­sa­bi­lité et de sa per­pé­tua­tion en géné­ral. Le temps poussé à s’efforcer de la sorte5.12.4 peut être dit, en un cer­tain sens, une mani­fes­ta­tion dans l’espace public.

E. Mounier, Rév. pers. et comm., 1934Une per­sonne, ce n’est pas un fais­ceau de reven­di­ca­tions tour­nées vers le dedans à l’intérieur d’une fron­tière arbi­traire, et je ne sais quel désir inquiet d’affirmation. C’est un style réduc­teur des influences, mais lar­ge­ment ouvert à elles, une puis­sance orien­tée d’attente et d’accueil. C’est une force ner­veuse de créa­tion et de maî­trise, mais au sein d’une com­mu­nion humaine où toute créa­tion est un rayon­ne­ment, toute maî­trise un ser­vice. C’est une liberté d’initiative, c’est-à-dire un foyer de com­men­ce­ments, une pre­mière pente vers le monde, une pro­messe d’amitiés mul­tiples, une offre de soi. On ne se trouve qu’en se per­dant ; on ne pos­sède que ce qu’on aime. Allons plus loin, jusqu’au bout de la vérité qui nous sau­vera : on ne pos­sède que ce qu’on donne. Ni reven­di­ca­tion, ni démis­sion.

C4.6🎠︎7La personne observée par la personne

Le cas de la per­sonne obser­vée par la per­sonne est un cas mani­feste. La per­sonne en par­ti­cu­lier fait sa crise, fait la belle, fait le taf, fait ce qu’il y a à faire, sous l’observation sup­po­sée de sa per­sonne en géné­ral3.1. La per­sonne main­te­nue en obser­va­tion se trouve idéa­le­ment entre­prise par un diag­nos­tic, attes­tée et sanc­tion­née par un mal qui lui assure sa perte. L’entre­prise de soin qui fait suite (diag­nos­tic véri­fié, mani­fes­ta­tions régu­lées, inten­si­tés redi­ri­gées, soin géné­ra­le­ment pris de la dis­tri­bu­tion) n’est tou­te­fois que l’actualisation tar­dive d’un désir (franc et oignant) de la per­sonne en par­ti­cu­lier : celui d’être obser­vée, soi­gnée, prise en charge en géné­ral comme une grande (affaire, per­sonne, pré­ca­rité). La per­sonne en géné­ral, n’étant pas en mesure de s’attribuer une défaillance – elle ne se l’accorde éven­tuel­le­ment que comme grâce d’une défausse par­ti­cu­lière16 –, délègue ici toute l’entre­prise à un cas par­ti­cu­lier qui, entre­tenu dans sa pres­ta­tion et main­tenu dans sa fonc­tionnalité comme per­sonne malade1, devient le fétiche auto­nome – sa tête réduite posée sur l’étagère – d’un désir en géné­ral dénié de soin et d’observation, d’admi­nistration – médi­cale en par­ti­cu­lier .

🔫︎6📎︎1.4La personne travaille le soir

Façon la tra­vailleur, à la bos­seur, c’est la per­sonne en géné­ral qu’on assigne à taf­fer, tous les soirs en par­ti­cu­lier. Et c’est ainsi qu’elle la consomme8 cer­tains soirs, la per­sonne ; la per­sonne cer­tains soirs en son par­ti­cu­lier.

🔫︎5📎︎1.3La personne travaille le soir

On ne peut mieux déso­rien­ter la per­sonne en géné­ral que de la faire tra­vailler le soir. Et par­lant soirs c’est qua­si­ment tous les qu’on lui fait tra­vailler. Chaque soir, il le lui est fait tra­vailleuse. Et chaque jour c’est le soir qui est choisi pour la le lui mettre au tra­vail9, à lier.

🔫︎6.1La personne travaille le soir

La per­sonne est au spät­kauf de son exis­tence (à l’épicerie de nuit de sa vie). Le spät­kauf de la vie de la per­sonne en est un lieu et un moment. Spätkauf est à la per­sonne une situa­tion. La per­sonne, au spät­kauf de sa vie, est ouverte tard, jusqu’à ce tard où le tôt point. Là, la per­sonne tra­vaille à sa propre enseigne :

A🔫︎3La personne exauce une menace, qu’elle représente

Il arrive que la per­sonne prenne un mau­vais soin d’elle4.42.2. Il arrive que de sa per­sonne elle mécon­naisse le soin parce que les plans, les cartes. La per­sonne hagarde alors dans ses allez22, ou s’y tapit lou­che­ment. Si la per­sonne rêve de se faire bra­quer en géné­ral, sa per­sonne la bra­quera en son nom sous le nom de per­sonne.

🔫︎1La personne exerce une menace, qu’elle représente

La per­sonne exerce une menace, qu’elle repré­sente. La per­sonne est calme. Elle se maî­trise (la per­sonne maî­trise sa per­sonne). Elle tient cette maî­trise de ce qu’elle a peu de pou­voir. La per­sonne a peu de pou­voir parce qu’elle est peu por­tée sur la vio­lence et que ses moyens phy­siques ne lui per­mettent de toute façon pas d’atteindre déci­si­ve­ment quoi que ce soit. C’est pour­quoi la seule menace repré­sen­tée par la per­sonne est une pré­ve­nance sour­noise : pre­nez soin de vous, com­pris ?

🐵︎2La personne est une monnaie de singe

La per­sonne est une mon­naie de singe dont les men­tions sont tré­bu­chantes. Dans un fra­cas de dette et de bourse lâchant, l’apersonne et l’appersonne – signi­fiants esclan­dreux au comp­toir de leur signi­fié1 – avi­ca­rient8 leur hôte, lui défèrent un pou­voir de tré­bu­che­ment com­pa­rable mais amoin­dri (et du fait de la publi­cité de cet octroi : patem­ment amoin­dri), s’amusent de ce qu’un tout sonne moins que ses par­ties, et gra­bu­geant ainsi à même la per­sonne, consonnent / consomment8 dans la per­sonne à la perte de per­sonne.

A🐵︎3L’hypothèque

Hypothèque est le petit nom savant du grand singe élevé qui donne la per­sonne. Le pot des com­mo­di­tés dédoua­nantes par l’alimentation régu­lière duquel la per­sonne entend rache­ter l’hypothèque s’appelle donc mais tou­jours par méto­ny­mie Trésor d’Hypothèque6, au sens d’amas en vue de sa levée.

A🐵︎1.2Singer est au moyen

S’inventant le singe elle-même pour elle-même, la per­sonne singe au moyen. La per­sonne jamais ne singe acti­ve­ment pour un autre. Qu’elle reçoive pas­sive son singe du dehors, qu’un tiers informe sa sin­ge­rie, la per­sonne n’hérite pas du singe de ce tiers, car ce tiers n’a et n’aurait pas eu pour lui-même l’usage de ce singe en par­ti­cu­lier. Un singe reçu singe en per­sonne ou inventé par la per­sonne sin­geant n’est pas le singe d’un ancien hôte et d’une sin­ge­rie pas­sée. Le singe en per­sonne n’est pas une sub­stance métem­psy­chique, un virus par des­ti­na­tion. Mais le singe en per­sonne n’est pas non plus en per­sonne comme un acci­dent. Singer n’existe ou n’arrive ni pour ni par un autre. Singer – comme « naître, mou­rir, suivre et pous­ser au mou­ve­ment, être maître, être cou­ché, et reve­nir à un état fami­lier, jouer, avoir pro­fit, souf­frir, patien­ter, éprou­ver une agi­ta­tion men­tale, prendre des mesures, par­ler » (J. Lacan, Sém. III : Psychos., 1955 – 56) – ne se dit en per­sonne qu’au moyen.

Clause de non-concur­rence : Dire que la per­sonne ne singe jamais que pour elle-même n’est pas à dire, bien sûr, que, sin­geant, la per­sonne ne pré­tende pas sin­ger pour un autre. C’est la per­sonne son film fait, zoo­praxi­sco­pi­que­ment.

E. Benveniste, “Act. moy. verb.” [1950], Prob. ling. gén., vol. I, 1966Sur le sens géné­ral du moyen, tous les lin­guistes s’accordent à peu près [se fon­dant] aujourd’hui sur la dis­tinc­tion que Panini […] éta­blit entre le para­smai­pada, “mot pour un autre” (= actif), et l’atmanepada, “mot pour soi” (= moyen). À la prendre lit­té­ra­le­ment, elle res­sort en effet d’oppositions comme celle dont le gram­mai­rien hin­dou fait état : skr. yajati, “il sacri­fie” (pour un autre, en tant que prêtre), et yajate, “il sacri­fie” (pour soi, en tant qu’offrant). […] On peut diver­si­fier le jeu des oppo­si­tions [dia­thé­tiques] autant qu’on le vou­dra ; elles reviennent tou­jours en défi­ni­tive à situer des posi­tions du sujet vis-à-vis du pro­cès, selon qu’il y est exté­rieur ou inté­rieur, à le qua­li­fier en tant qu’agent, selon qu’il effec­tue, dans l’actif, où qu’il effec­tue en s’affectant, dans le moyen.

A🐵︎1.1Singer sans faire le singe

La per­sonne, pour se recon­naître et se dis­tri­buer comme grand singe élevé, se dis­tin­guer comme grand singe et se dis­tin­guer des grands singes – entre­prendre acti­ve­ment un sin­ger sans faire le singe, faire un ne fais pas le singe décidé, etc. – la per­sonne requiert qu’on lui invente le singe ou d’inventer elle-même le singe pour elle-même.

A🐵︎1Le rappareil grand singe élevé

La per­sonne est un grand singe, mais un grand singe élevé. En tant que grand singe élevé, la per­sonne est un rap­pa­reil9. La per­sonne est un grand singe élevé dans l’idée que l’argent rat­trape les sin­ge­ries, sous forme d’amendes ver­sées au pot des com­mo­di­tés. La per­sonne est sou­vent aper­çue sin­geant, par exemple quand elle s’applique à obte­nir quelque chose, mais il y a tou­jours dans les sin­ge­ries de la per­sonne en vue de l’obtention un élé­ment qui, sous la gri­mace et l’affairement, se montre ouvert à la négo­cia­tion, au règle­ment finan­cier de l’affaire.

🔫︎8.1🐁︎5.2Rencontre de la personne

La per­sonne se consomme dans le bain-gens11 – ce qui s’appelle : faire8 une ren­contre (ou, quel­que­fois et en un cer­tain sens, faire une soi­rée6).

T. W. Adorno, Jarg. auth., 1964Dans une société où c’est vir­tuel­le­ment un acci­dent que les hommes se connaissent les uns les autres – ce qu’on a appelé autre­fois la vie s’amincit tou­jours plus et, là où elle demeure, elle est déjà consi­déré comme quelque chose de sim­ple­ment toléré – dans une telle société, il n’y a plus guère de ren­contre comme celle de Keller, mais des ren­dez-vous par télé­phone. Mais c’est pré­ci­sé­ment pour­quoi « ren­contre » est tel­le­ment vanté : contacts qu’organise une langue bar­bouillée de cou­leurs écla­tantes, parce que la lumière s’est éteinte. Le geste lan­ga­gier consiste ici à « par­ler les yeux dans les yeux », comme le font les dic­ta­teurs.

🔫︎8La personne se consomme

Pour la per­sonne, la per­sonne est pro­pre­ment équi­va­lente à l’un de ces prods qu’elle consomme dans l’essai d’améliorer ses pres­ta­tions21. La per­sonne bouffe de la per­sonne10.3 comme elle se tape un nou­veau rail de CC56.

🔫︎7.6🐁︎4.1La personne est une expérience pédagogique bien tournée

La per­sonne, quoi qu’elle fasse, finit tou­jours par entre­prendre (par exemple : elle fait8 chiance), et c’est ainsi que si la per­sonne perd en géné­ral, elle voit s’accroître en par­ti­cu­lier ses tré­sors, elle accu­mule les béné­fices secon­daires et rem­plit ses tré­sors.

R. Schérer & G. Hocquenghem, Co-ire, alb. sys. enf., 1976Certes, il pourra sem­bler étrange que nous refu­sions d’accorder à l’enfant la « per­son­na­lité » puisque c’est là la garan­tie essen­tielle que l’on peut reven­di­quer et qu’il peut reven­di­quer pour lui. Mais il ne s’agit pas de cela. Nous enten­dons avec « per­sonne » cette déter­mi­na­tion abs­traite et arti­fi­cielle de l’individu qui est beau­coup plus la marque de sa ser­vi­tude que de sa libé­ra­tion, au sens où toutes les formes de res­pon­sa­bi­lité per­son­nelle pro­gres­sive débouchent sur la requête de prise en charge des formes, soit d’asservissement, soit de déri­va­tion. Un lycée aux lycéens, ce n’est tout de même pas, tout le monde s’en rend compte, un idéal appro­prié à une libé­ra­tion de l’enfant ! […] Or, il y a une façon de récla­mer ou de pro­mou­voir l’autonomie de l’enfant qui ne fait que recon­duire l’ensemble des illu­sions que les adultes, en ce qui les concerne, com­mencent à recon­naître comme telles, et dont ils ont tant de mal à se débar­ras­ser : illu­sions huma­nistes de l’autonomie de la per­sonne, alors que de plus en plus le pou­voir de déci­sion leur échappe ; de la pro­priété per­son­nelle du corps, alors que nous souf­frons de l’étau, comme disait Reich, des cui­rasses cor­po­relles ; de la défense contre l’étranger, alors que c’est le défaut de com­mu­ni­ca­tion qui nous carac­té­rise.

🔫︎7.4📎︎2.2La personne se fait chier en personne (2)

La per­sonne entre­prend une stase : elle singe qu’elle se fait chier, elle se joue12 se faire chier, elle auto-entre­prend se faire chier et en tire, notam­ment, les béné­fices secon­daires12. Le la per­sonne se fait chier est tou­jours pas­sible de cette inter­pré­ta­tion – gam­bade et cor­rec­tion1.1 : qu’elle entre­prend se faire chier avec en vue les béné­fices.

🔫︎7.1📎︎2La personne se fait chier

L’action à laquelle la per­sonne est pous­sée s’appelle entre­prise. La per­sonne est som­mée d’entreprendre, sous cette som­ma­tion impré­cise, la per­sonne entre­prend une stase, pas for­cé­ment rageuse mais ren­fro­gnée, une chiance maxi­male, comme par ven­geance et croyant se sau­ver ; la per­sonne croit se mettre à l’abri des entre­prises des autres.

Et je n’entreprends pas, à force de par­ler, ni de vous adou­cir, ni de vous conso­ler.P. Corneille, Le Cid, 1637

🔫︎7🐁︎4La personne est une expérience pédagogique tournée

La per­sonne est le résul­tat d’une entre­prise péda­go­gique ensei­gnant qu’il est bon de s’ennuyer un peu. Mais en la per­sonne sou­vent s’ennuyer se fait se faire chier et se faire chier prend des pro­por­tions ingé­rables et la per­sonne finit par être pous­sée, mais assez sou­dai­ne­ment et pour ainsi dire dans le dos, à l’action, alors que jusque-là son calme et bel ennui insoup­çonné des chiances avait été béni.

A⛣︎1.3Une vigile perceptrice

Probe, Proben (all.) : essai, preuve, épreuve, échan­tillon, coup dans l’eau, contrôle, éva­lua­tion, devoir sur table, répé­ti­tion. En appa­reil : Probezeit (période pro­ba­toire) ; Probelauf (course/tour d’essai) ; Proberaum (salle de répé­ti­tion) ; Probestab : (tube à essai, éprou­vette) ; Probealarm (exer­cice d’alerte) ; Probedruck (épreuve, au sens édi­to­rial du terme).

La per­sonne veille à main­te­nir en état de lui nuire la zone essen­tielle à l’économie de ses impu­ta­tions : sa vigile est un exa­men, en pleine lumière, de son carré d’aveu12 et de ceux qui y passent. Il s’agit de s’assurer que tous les pas­sants de la zone paient bien leur douane d’indices, déposent ou dis­posent un fais­ceau concor­dant de preuves maté­rielles. L’ensemble des tri­buts d’indices, des plus ano­dins aux plus acca­blants, s’appelle par méto­ny­mie le Trésor de Veille1.

F. Nietzsche
Par del. bie. ma.
1886
Il faut pro­duire ses Proben soi-même, pour se mon­trer déter­miné à l’indépendance et au vou­loir ; et il faut se les pro­duire au poil. Il ne faut pas cher­cher à évi­ter ses Proben, bien qu’elles soient peut-être le jeu le plus dan­ge­reux que l’on puisse jouer et qu’en somme il ne s’agit que de Proben qui n’ont été dis­po­sées que pour nous, seuls témoins, et dont per­sonne d’autre n’est juge. Ne s’attacher à aucune per­sonne, fût-elle même la plus chère, — toute per­sonne est une pri­son, et aussi un recoin.

A⛣︎1⚖︎2La personne se fait voir et la personne s’expose

Clause de rup­ture pré-contrac­tuelle : Ce n’est pas nue que la per­sonne paraît – pas même lorsqu’elle paraît dans l’une de ses pres­ta­tions d’à nu. Lorsqu’elle joue et se joue une pres­ta­tion d’a nu, la per­sonne se pro­duit, com­po­sée pour ce faire 7, dra­pée dans l’une ou l’autre de ses étoffes 4.

La per­sonne qui se recon­naît et s’impute en par­ti­cu­lier est aussi bien la per­sonne qui se fait voir, se frame2.21.1 pour s’accuser, s’admet comme corps public, s’expose en pleine lumière.

Le carré d’aveu est le cadre que la per­sonne en par­ti­cu­lier construit pour de telles pres­ta­tions – des pres­ta­tions d’à nu –, et le seul piège de la per­sonne que la per­sonne puisse attes­ter et pré­sen­ter comme sien3.42.1. Ce carré d’aveu, où la per­sonne se recon­naît en per­sonne et se pro­duit / se piège, est son unique tré­teau, son trône, son podium, ou juste la der­nière sta­tion de l’un de ses praxi­no­scopes. C’est sur son carré d’aveu que la per­sonne tra­vaille à ses com­pa­ru­tions, s’expose conti­nû­ment, se rend17.15.1 dili­gem­ment cap­table et cap­tu­rable dans la lumière égale de l’Öffentlichkeit, à la sur­face du monde inté­gra­le­ment confessé3.51.5.

La per­sonne en par­ti­cu­lier, quand elle se livre1.22.2 in aller Öffentlichkeit et y atteste sa mis­sion21 par l’une de ses pres­ta­tions d’à nu, invente sa gloire1.8 ou s’y pro­met.

G. Lamarche-Vadel, Dupl., 1994Lumière, expo­si­tion, élé­va­tion, ouver­ture, ces prin­cipes vont en sens contraire de l’écart, de l’éloignement, de l’ombre que réclament la pudeur, le recueille­ment, le repen­tir, la prière. Toutes ces atten­tions pro­di­guées à la confes­sion semblent ser­vir d’antidote au secret. De celui-ci les valeurs et les qua­li­tés ont été pros­crites, excepté peut-être le chu­cho­te­ment. Le secret n’affecte plus que la voix et les corps, inter­dits par une mince cloi­son qui les sépare. Les espaces, eux, ont été bif­fés de la carte du secret : les coins, les espaces clos et pri­vés, les mai­sons et appar­te­ments pri­vés, les lieux sombres, les lieux enfin choi­sis parce qu’on peut y demeu­rer caché et où l’on est sans doute d’autant plus confiant et ouvert que dis­si­mulé. Mais il ne fal­lait pas que le secret res­tât secret. La confes­sion n’est pas une affaire per­son­nelle, entre soi et Dieu, comme le pré­ten­daient les séces­sion­nistes pro­tes­tants. Le secret de la confes­sion, une des figures mar­quantes du catho­li­cisme, n’a pas à s’effacer ; au contraire ins­ti­tué, même sacré, le secret doit avoir une exis­tence visible, le confes­sion­nal en est le sym­bole et le garant.

F7La personne ne veut ni ne neut

Noloir (alt. : nou­loir), v. : affir­ma­ti­ve­ment ne pas vou­loir. Lat. nolere : Dicit ei Jesus : Noli me tan­gere : « Et Jésus dit : Neuille me tou­cher » (Vulgate Clementina, « Evangelium secun­dum Joannem », 17). NOLENTÉ, subst. : capa­cité à acti­ve­ment ne pas vou­loir. NOLENTAIRE, NELLÉITAIRE, adj. : qui fait preuve d’une telle capa­cité.

La per­sonne ne fait jamais un usage simple de sa volonté comme de sa nolonté. Ni pleine d’une des deux ni béante d’aucune, pas non plus zélée poso­logue, la per­sonne ne s’incite ni ne s’empêche, ne se mobi­lise jamais sans s’exonérer en même temps, ce que reflète son fonc­tionnariat sans juri­dic­tion. La per­sonne est déci­dée dans son cap (le géné­ral5.3) mais sans sous­crip­tion ni au pro­gramme inclu­sif des vou­lants (un État Général, une Fête du Général, qui tous deux impli­que­raient, par exemple, de devoir s’y rendre), ni au prin­cipe exclu­sif des nou­lants (une Amicale de la Généralité, une Communauté du Général).

L. Prat, Car. empir. pers., 1906S’il est vrai que nous avons ce pou­voir de nous oublier, c’est-à-dire de nous défaire, nous pour­rons, grâce à la libre nolonté, après avoir décidé quel être nous devons être, après avoir, en ima­gi­na­tion, sculpté, comme disaient les anciens, notre belle sta­tue, rompre le charme qui nous lie à notre être appa­rent, et, après l’avoir répu­dié, mar­cher réso­lu­ment à la conquête de notre être véri­table : la per­sonne !

F8.1Dans nos sociétés archaïques

Dans nos socié­tés archaïques, la per­sonne etc.

M. Maus, Cat. espr. hum. : not. pers., « moi », 1938Existence d’un nombre déter­miné de pré­noms par clan, défi­ni­tion du rôle exact que cha­cun joue dans la figu­ra­tion du clan, et exprimé par ce nom. (…) Ainsi, d’une part, le clan est conçu comme consti­tué par un cer­tain nombre de per­sonnes, en vérité de per­son­nages ; et d’autre part, le rôle de tous ces per­son­nages est réel­le­ment de figu­rer, cha­cun pour sa par­tie, la tota­lité pré­fi­gu­rée du clan.

F8Dans nos sociétés contemporaines

Dans nos socié­tés contem­po­raines, la per­sonne etc.

T. W. Adorno, Dial. nég., 1966La per­sonne consti­tue le nœud que l’histoire a serré et qu’il fau­drait défaire par esprit de liberté, au lieu de l’éterniser ; elle est cette vieille emprise magique de l’universel, retran­ché dans le par­ti­cu­lier. La morale qu’on peut tirer de la per­sonne reste for­tuite, comme l’existence immé­diate. Sur un autre mode que dans le dis­cours désuet de Kant concer­nant la per­son­na­lité, la per­sonne est deve­nue une tau­to­lo­gie pour ceux à qui il ne reste déjà plus guère que le « ce-là » (Diesda) incon­cep­tuel de leur être-là (Dasein).

F2.1⚖︎3.1Quand il y a prééminence sans juridiction

Quand une per­sonne en par­ti­cu­lier pré­fère conser­ver la dignité mini­male de qui reste sur le pas, en géné­ral elle se targue d’être arri­vée : elle fait des targes (gra­vées de trônes, d’angelots, de che­vaux ailés) pour pou­voir mieux s’offrir au géné­ral et sur­seoir au par­ti­cu­lier.

L’être quel­conque est l’être qui vient.G. Agamben, Comm. vient, targe gra­vée, 1990

F2⚖︎3Une prééminence sans juridiction

Être la per­sonne en géné­ral est une pré­émi­nence sans juri­dic­tion : une ques­tion d’apparat et de res­pect des pas. Être la per­sonne en géné­ral a la dignité mini­male de qui reste sur le pas des digni­tés asso­ciées à un trône, une chaire, un tri­bu­nal etc. qui pour­raient garan­tir une vue sûre sur le géné­ral. Faire cap sur le géné­ral peut se dire, sous ce rap­port, se réap­prê­ter sur le pas ou s’essuyer les pieds sur le pas pour tou­jours – au moins pour le genre d’éternité inten­sive des gestes de pas (salu­ta­tions conven­tion­nelles, adieux au mou­choir, prise d’information météo­ro­lo­gique).

Philippe Le Bel, Lois somp­tuaires, 1294Nul clerc, s’il n’est pré­lat, ou éta­bli en per­son­nat, ou en dignité, ne pourra por­ter vair, ni gris, et her­mines, faits en leurs cha­pe­rons tant seule­ment. (…) Clercs qui sont en digni­tés, ou en per­son­nats, ne pour­ront faire robes, pour leurs corps, de plus de seize sols tour­nois l’aune de Paris, et, pour les com­pa­gnons, de douze sols tour­nois l’aune. (…) Les doyens, et les archi­diacres, les prieurs, et les autres clercs qui ont dignité, ou per­son­nat, soient de siècle, soient de reli­gion, qui­conque sera encontre, il paiera cent sols, aussi comme l’autre. (…) Ce fut fait et ordonné à Paris l’an de grâce 1294.

F1🎠︎1Un accident de son genre

La per­sonne est de son genre mais comme acci­dent. Elle vient déjà géné­rique sans l’avoir voulu. L’article défini devant « per­sonne » n’est jamais l’antonomase d’un par­ti­cu­lier défini, n’est jamais exclu­sif des mani­fes­ta­tions ordi­naires de per­sonne, des uni­tés mal héroïques de per­sonnes en par­ti­cu­lier. L’article défini devant per­sonne est tou­jours une anto­no­mase d’éther – ce qui n’est pas à dire une idéa­lité – ou un géné­rique actuel – ce qui n’est pas à dire du quel­conque poten­tiel. « La per­sonne » se trouve être de son genre sans l’avoir voulu et sans le savoir ; elle est : depuis son engeance aveugle. Le genre « gens » requiert la per­sonne dans sa mani­fes­ta­tion acci­den­telle pour se main­te­nir11. « Les gens » en géné­ral sont ce qui sub­siste de savoir que la per­sonne fait cap vers le géné­ral. Sur ce cap, les acci­dents de la per­sonne ne sont pas son perdre ; en revanche, c’est en tant qu’accident constant qu’elle perd l’objet de son éga­re­ment, l’obligeant à main­te­nir le cap du géné­ral faute de mieux.

Art. « per­sonne », Encycl., 1751Le mot de gens, dit l’abbé Girard, a une cou­leur très-indé­fi­nie qui le rend inca­pable d’être uni avec un nombre, & d’avoir un rap­port mar­qué à l’égard du sexe. Celui de per­sonnes en a une plus par­ti­cu­la­ri­sée, qui le rend sus­cep­tible de cal­cul, & de rap­port au sexe quand on veut le dési­gner. Il y a peu d’honnêtes gens à la cour ; les per­sonnes de l’un & de l’autre sexe y sont plus polies qu’ailleurs. Le plai­sir de la table n’admet que gens de bonne humeur, & ne souffre pas qu’on soit plus de huit ou dix per­sonnes.

E6L’appariement (bilan et perspectives)

D. Mourey, Appar. mar. trav., 2007L’objectif à atteindre est désor­mais d’expliquer com­ment rendre plus effi­cace ce pro­ces­sus d’appa­rie­ment. […] Dans une éco­no­mie déve­lop­pée, […] il existe simul­ta­né­ment de nom­breux chô­meurs et de nom­breux emplois vacants. Il existe aussi de nom­breux postes occu­pés par des per­sonnes qui ne sont pas à la « bonne place ». Cela peut sem­bler para­doxal au pre­mier abord, pour­tant ce para­doxe n’est qu’apparent. Il révèle les dif­fi­cul­tés inhé­rentes au pro­ces­sus d’appa­rie­ment. Mais les obs­tacles à la qua­lité du pro­ces­sus d’appa­rie­ment sont plus ou moins nom­breux et pro­non­cés. […] Il est donc indis­pen­sable d’analyser méti­cu­leu­se­ment ce pro­ces­sus d’appa­rie­ment car l’économie et donc le mar­ché du tra­vail changent quo­ti­dien­ne­ment. Des acti­vi­tés sont en expan­sion alors que d’autres sont en extinc­tion. De manière ana­logue, des entre­prises sont créées et d’autres dis­pa­raissent, tout comme il existe des créa­tions d’emplois et des des­truc­tions d’emploi. Ce pro­ces­sus inévi­table et iné­luc­table de des­truc­tion créa­trice est indis­so­ciable des pro­ces­sus com­plé­men­taires de crois­sance et de déve­lop­pe­ment. Cela rend indis­pen­sable la mise en place et la ges­tion d’un pro­ces­sus d’appa­rie­ment adapté à ces mou­ve­ments.

C1.4Le personnel (une légende)

Une légende raconte, sous la forme d’une ver­sion concur­rente de la bourre dimen­sion­nante, qu’il existe quelque chose comme une vie propre du per­son­nel.

d’ap. P. Leroux, [Du per­son­nel] – de son prin­cipe, et de son ave­nir, 1840Le per­son­nel est vir­tuel­le­ment dans chaque per­sonne, mais il n’y a que des per­sonnes par­ti­cu­lières qui aient une exis­tence véri­table au sein du per­son­nel. Le per­son­nel est un être géné­rique ou uni­ver­sel ; mais les uni­ver­saux, comme on disait dans l’école, n’ont pas une exis­tence véri­table, si l’on entend par là une exis­tence pareille en quelque chose à celle des êtres par­ti­cu­liers. […] On se fait ordi­nai­re­ment de ce qu’il faut entendre par le per­son­nel des idées fort légères et très-confuses. On appelle per­son­nel l’ensemble des per­sonnes qui ont paru ou qui paraî­tront, addi­tion­nés pour ainsi dire ensemble ; ou bien l’on s’élève jusqu’à conce­voir par per­son­nel une espèce d’être col­lec­tif, pro­ve­nant du jeu et de l’influence réci­proque de toutes les per­sonnes les unes sur les autres. Il faut avoir du per­son­nel une idée plus nette et plus pro­fonde. Le per­son­nel, c’est chaque per­sonne dans son exis­tence infi­nie. Nulle per­sonne n’existe indé­pen­dam­ment du per­son­nel, et néan­moins le per­son­nel n’est pas un être véri­table ; le per­son­nel, c’est la per­sonne, c’est-à-dire les per­sonnes, c’est-à-dire des êtres par­ti­cu­liers et indi­vi­duels. Je dis d’abord que nulle per­sonne n’existe indé­pen­dam­ment du per­son­nel. […] Le per­son­nel est une vie géné­rique, col­lec­tive, immor­telle, capable de se concen­trer ou de se répandre, illi­mi­tée, par consé­quent, dans le temps et dans l’espace.

E2Le curateur

Le beau jeu de la per­sonne dans la paire est un jeu à dupes fidèles et fixées conven­tion­nel­le­ment, un jeu à décou­vert et à valeurs fer­mées, le jeu sub­dom qui ne connaît que deux façons d’être joué : le mode hété­ro­pa­thique-conju­ra­toire (contra­ria contra­riis curan­tur) et le mode homéo­pa­thique-pré­ven­tif (simi­lia simi­li­bus curan­tur).
Le cura­teur est cet appa­ri­teur qui moda­lise le rap­port au sein de la paire pour plom­ber le huis-clos des pro­phy­laxies simples, qu’elles soient pré­ven­tives ou réac­tives. Le cura­teur ne s’occupe ni de pré­ve­nir l’attaque ni de gué­rir l’atteinte ; il est en charge du soin de la sur­face de l’appersonne, qu’il doit dis­po­ser à l’exposition : il la panse, la bande, la jointe, la bouche, la ponce, la lustre, l’huile, la polit, la blan­chit, la ver­nit, l’azure, la brosse, l’essange, la frotte, l’ouvre, l’apprête, l’enduit, l’amadoue, l’amidonne, la poudre, la bou­chonne, la détire, la détord, la ravaude, et tout ça pour, en fin de compte, chan­ger la sur­face de l’appersonne en un cos­tume de réflexion.

F. Rabelais, Tie.-Liv., 1552Diogenes les voyant en telle fer­veur mes­naige remuer, et n’estant par les magis­tratz employé a chose aul­cune faire, contem­pla par quelques jours leur conte­nence sans mot dire : puys comme excité d’esprit Martial, cei­gnit son palle en escharpe, recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cuilleur de pommes, bailla a un sien com­pai­gnon vieulx sa bezasse, ses livres, et opis­to­graphes, feit hors la ville tirant vers le Cranie (qui est une col­line et pro­mon­toire lez Corinthe) une belle espla­nade : y roulla le ton­neau fic­til, qui pour mai­son luy estoit contre les injures du ciel, et en grande vehe­mence d’esprit des ployant ses braz le tour­noit, viroit, brouilloit, bar­bouilloit, her­soit, ver­soit, ren­ver­soit, nat­toit, grat­toit, flat­toit, barat­toit, bas­toit, bou­toit, butoit, tabus­toit, culle­bu­toit, tre­poit, trem­poit, tapoit, tim­poit, estoup­poit, des­toup­poit, detra­quoit, tri­quo­toit, tri­po­toit, cha­po­toit, croul­loit, elan­çoit, cha­mailloit, brans­loit, esbrans­loit, levoit, lavoit, cla­voit, entra­voit, brac­quoit, bric­quoit, bloc­quoit, tra­cas­soit, ramas­soit, cla­bos­soit, afes­toit, affus­toit baf­fouoit, enclouoit, ama­douoit, goil­dron­noit, mit­ton­noit, tas­ton­noit, bim­be­lo­toit, cla­bos­soit, ter­ras­soit, bis­to­rioit, vre­lop­poit, cha­lup­poit, char­moit, armoit, gizar­moit, enhar­na­choit, empen­na­choit, capa­ras­son­noit, le deval­loit de mont a val, et prae­ci­pi­toit par le Cranie : puys de val en mont le rap­por­toit, comme Sisyphus faict sa pierre : tant que peu s’en faillit, qu’il ne le defon­çast. Ce voyant quelq’un de ses amis, luy demanda, quelle cause le mou­voit, a son corps, son esprit, son ton­neau ainsi tor­men­ter ? Auquel respon­dit le phi­lo­sophe, qu’a aultre office n’estant pour la repu­blicque employé, il en ceste façon son ton­neau tem­pes­toit, pour entre ce peuple tant fervent et occupé, n’estre veu seul ces­sa­teur et ocieux.

E4Le larbin

larbinatIl existe un appa­ri­teur insis­tant qui se branche sur le sub2 et qui sou­tient le sub dans sa sub­mis­sion en com­po­sant, tout en lar­bi­nant, des odes au lar­bi­nat.

Le lar­bin se sou­met au manège de la mis­sion du sub, lar­bine pour elle et com­pose pour elle ; il appa­rie ainsi la se sou­met­tant (la per­sonne en géné­rale) à une ode au lar­bi­nat, et par là (cap le géné­ral) à une ode à la sub­mis­sion du sub, et par là : à la sou­mis­sion en géné­ral.

Composer des odes n’est pour le lar­bin le vec­teur d’aucun deve­nir-dom ni d’aucun pou­voir dom qu’il entre­tien­drait en secret. Le lar­bin auto­poïète n’est que le scrip­teur de l’ode au lar­bi­nat du dom, jusqu’à deve­nir, dans la per­for­mance ache­vée de sa sub­mis­sion à la mis­sion du sub, cette ode au lar­bi­nat elle-même.

Pour autant, appa­ri­teur per­sé­vé­rant de l’appersonne (tota­le­ment voué à sa mis­sion), le lar­bin voue, par la grâce de son ser­vice constant, le dom « per­sonne en par­ti­cu­lier » à la domis­sion, et par là à la pres­ta­tion vir­tuose de la per­sonne maî­tri­sée3.2. La per­sonne maî­tri­sée se doit ainsi à la mis­sion (tou­jours frus­trée) d’être un jour Grand Master, c’est-à-dire – comme il se dit dans un cer­tain bain-gens11dom-hié­rarque (maître angé­lique des appa­rie­ments par enchaî­ne­ment, accor­de­ment, scot­chages, encel­lo­pha­ne­ments).

F6La personne passée aux chiens

La per­sonne pas­sée aux chiens n’est pas la per­sonne pas­sée au chien indi­vi­duel, n’est pas la per­sonne pas­sée au lou­lou d’intê­rieurs, au molosse d’antê­rieurs. Le pas­sage aux chiens de la per­sonne s’entend,
– d’une part, comme un va-et-vient sur le seuil de la sou­mis­sion sou­ve­raine :
chien <> (sphynge) <> per­sonne
où est noté (sphynge) l’impédimento des hybri­di­tés engran­gées sur cette tra­jec­toire et cette erre ;
– d’autre part, comme un pro­ces­sus par lequel la per­sonne sou­met sa consis­tance au test d’un tamis canin : que reste-t-il de la per­sonne une fois pas­sée aux chiens ? est la ques­tion qui accom­pagne l’opération ter­mi­nale d’une mise du per­son­nat à l’épreuve du maillage de son plus fidèle com­pa­gnon et néan­moins tou­jours appa­ri­teur man­qué. Le résidu est moins fonc­tion de la per­sonne que de la diver­sité du maillage : on ne com­pile pas les résul­tats de per­sonne pas­sée aux ter­riers ou aux chiens d’agrément comme on com­pi­le­rait ceux de per­sonne pas­sée aux molosses rur­bains.

J’aimerais mieux nuit et jour dans les sphin­ge­ries
Vouloir savoir pour qu’enfin on m’y dévo­râtG. Apollinaire, « Bras. », Alc., 1913

Dans ces moments, je me tourne vers Justine, ma chienne, et je découvre une solu­tion canine à un pro­blème cos­mique.P. B. Preciado, « Shoot can. », Test. Junk., 2008

Frères loups ! jamais vous n’avez douté de moi
Vous ne vous êtes pas fait avoir
Par des fri­pons qui vous ont dit que je serais
Passé aux chiens,
Que j’étais rené­gat et que bien­tôt je serais
Conseiller aulique dans le parc des mou­tonsH. Heine, Deutschl., 1844

E1Le suppôt

Suppost, sup­pôt, supost (DMF)
I. – [Idée de sou­tien, à pro­pos d’une pers. ; ou bien, au fig., à pro­pos d’une pers. ou d’une chose]
A. – [À pro­pos d’une pers.]
1. Celui qui, appar­te­nant à un corps consti­tué, à une com­pa­gnie, y rem­plit cer­taines fonc­tions, membre d’un corps consti­tué, d’une com­pa­gnie ;
2. Celui qui appar­tient à une com­mu­nauté quel­conque ;
3. [Dans le domaine pol.] Vassal ou sujet ;
B. – P. ext. : Celui qui sou­tient qqn, adepte, par­ti­san ;
C. – Au fig. [À pro­pos d’une pers. ou d’une chose] Soutien, appui de qqc. ;
II. – [Idée de sup­port]
A. – [Terme sco­las­tique]
1. Support (de qqc.), sub­stance ;
2. Individu (comme sup­port, comme lieu de qqc.) ;
B. – Objet, sujet, matière (d’une acti­vité intel­lec­tuelle, d’un pro­pos…) ;

Le sup­pôt est le pre­mier admis dans la paire, la pre­mière assump­tion hors les draps. Il est posé là pour déve­lop­pe­ments à venir.

Le sup­pôt est l’agent, au sein de la paire, d’un régime de sup­po­si­tion qui n’y admet qu’un type de rap­port : celui d’être mis pour. Le rap­port ins­ti­tué par le sup­pôt n’est pas réduc­tible pour­tant à un rap­port de lieu­te­nance : ce qui est mis pour ne tient pas néces­sai­re­ment lieu de.
Aussi ne faut-il pas confondre la lieu-tenance de la per­sonne en géné­ral en sein de la paire native2 avec le rap­port ins­ti­tué par le sup­pôt au sein de cette paire :
– que la per­sonne en géné­ral tienne lieu de sa per­sonne per­sé­vé­rant dans sa sub­stance signi­fie qu’elle répond de sa per­sonne dans les aléas de sa forme, de sa gira­tion, du tour­nis de son affaire, qu’elle se main­tient en tant que telle curable et sus­cep­tible d’être vou­lue-du-bien ;
– que le sup­pôt, posé là, vienne auto­ri­ser un rap­port où l’un des membres de la paire soit mis pour l’autre, indique tout autre chose : qu’au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », doré­na­vant, l’une sera consi­dé­rée sub­sti­tut de l’autre.

Autrement dit, la lieu-tenance est un prin­cipe natif d’imputation et d’ascription ; la sup­po­si­tion est un prin­cipe adven­tice de com­pa­ru­tion.

P. Klossowski, Nietz. cerc. vic., 1969C’est une condi­tion d’existence pour le sup­pôt que d’ignorer le com­bat même dont sa pen­sée résulte : ce n’est point cette unité vivante le « sujet », mais « le com­bat impul­sion­nel qui se veut main­te­nir ».

D8.1Vicariat.css

Il n’y a pas à pro­pre­ment par­ler de sta­tuts ou de texte régis­sant le vica­riat dans la paire per­sonne de la per­sonne. La paire est en revanche codée : il existe un code – moins un algo­rithme qu’une feuille de style (.css) – où les valeurs décla­rées, bien que paro­ny­miques, sont sans ambi­guïté sur les fonc­tions au sein de la paire. Mais c’est aussi ce code que, ne vou­lant se résoudre à l’ainsi-font-fonc­tion, cha­cun des appa­riés s’éperd à lire comme texte, recueil des témoi­gnages d’une vie au-delà de la font-fonc­tion, chiffre d’une unité métem­pi­rique de la paire, qu’on dirait des­ti­nale ou bout-du-tun­nelle.

D8Un vicariat

La per­sonne en géné­ral est vicaire auprès de la per­sonne en par­ti­cu­lier. C’est ce rap­port de vica­riat dans la paire qui se laisse voir dans la paire gigogne ou tun­nel géni­tif per­sonne de la per­sonne7. La paire s’accorde, sur le mode hié­rar­chique, à une visée com­mune, à un ser­vice com­mun ; les appa­riés se col­li­matent pour four­nir aux hié­rarques sup­po­sés la voir une image nette de leur ser­via­bi­lité. La paire vit son Hilfsbereitschaft – sa ser­via­bi­lité – sur le mode héroïque des esclaves d’entre­prise : ad astra per aspera, ad augusta per angusta.

E3.2Hyperosmose et intimidation

Pondérer, v. tr. : A – Généralement 1. équi­li­brer, balan­cer. B. – Spécialement 2. BEAUX-ARTS. équi­li­brer les masses, les volumes dans un ouvrage d’architecture. 2. POL. équi­li­brer les dif­fé­rents pou­voirs pour évi­ter la pré­pon­dé­rance de l’un par rap­port aux autres. 3. STAT. éta­blir un coef­fi­cient numé­rique pour assu­rer la repré­sen­ta­ti­vité d’un échan­tillon ; don­ner une impor­tance par­ti­cu­lière à un para­mètre par rap­port aux autres pour réta­blir une plus juste repré­sen­ta­ti­vité ou pour être plus lar­ge­ment signi­fi­ca­tif (TLFI). Dépondérer, v. tr. : réfor­ma­tif de supra A & B1, B2, E4
Hyperosmotique, adj. : « Se dit d’un équi­libre osmo­tique créé lorsque la concen­tra­tion du milieu inté­rieur est plus éle­vée que celle du milieu exté­rieur » (d’apr. H. Ceccaldi, juill. 1977 ds Clé Mots) ; « qui pos­sède un pou­voir osmo­tique anor­ma­le­ment élevé ; qui résulte d’une osmose très rapide, ou qui la pro­voque » (Méd. Biol. t. 2 1971) (TLFI).

C’est cette inti­mi­da­tion des vues alter­na­tives qui per­suade la per­sonne en géné­ral de s’entreprendre en par­ti­cu­lier, c’est-à-dire de mettre son vica­riat intime au ser­vice de l’auto-entre­prise. À la paire tran­quille­ment inique où le sta­tut de vicaire tenait encore d’un per­son­nat, d’une dignité dans le ser­vice, se sub­sti­tue, dans les condi­tions hyper­os­mo­tiques de cette ini­quité, l’auto-entre­prise d’une par­ti­cu­la­rité sans par­tage. La péruse veuille­tante est essen­tiel­le­ment dupe du sug­ges­tif à l’oeuvre dans la solu­tion hyper­os­mo­tique ; la péruse opi­niâtre est essen­tiel­le­ment dupe de ce que la pro­di­ga­lité de ses vues tient d’un védu­tisme natu­ra­liste et imi­ta­tif des dis­po­si­tifs de cap­ture. La péruse opi­niâtre est une objec­ti­va­trice affec­tée ; la péruse en sur­vol est une géné­ra­lité quel­conque. Le péru­sat nature son code et recode la nature de ses dupes.

E3.1Une histoire naturelle

Quand le rap­port au sein de la paire inique per­sonne de la per­sonne se dépon­dère dra­ma­ti­que­ment jusqu’à paraître natif – natu­rel et pre­mier 9 – s’engage un rap­port de péruses où cha­cun dans la paire est sa dupe. La per­sonne en géné­ral est péruse sur­plom­bante, dupe en sur­vol, vole­tante-feuille­tante : veuille­tante ; la per­sonne en par­ti­cu­lier est péruse indus­trieuse et tapie, dupe opi­niâtre et pro­digue. La péruse opi­niâtre et pro­digue inti­mide son autre en pro­dui­sant des vues alter­na­tives sur le main­tien de fonc­tionnalité de la paire. Le monde qui, pour la péruse en sur­vol, n’était funes­te­ment qu’un maga­sin géné­ral des pré­da­teurs et des proies, appa­raît alter­na­ti­ve­ment, dans la col­li­ma­tion de son autre, comme une série fuyante, hori­zon­tale, imma­nente, d’antê­rieurs et d’intê­rieurs / de rai­sons per­son­nelles.

E3Les deux péruses

To per­use, angl., v. tr. :1. lire dans le détail, exa­mi­ner, lire atten­ti­ve­ment ; 2. sur­vo­ler, feuille­ter, lire dis­trai­te­ment.

Le péru­sat est un régime de la paire per­sonne de la per­sonne où les appa­riés sont dupes du code de la paire, pre­nant ce code pour ses sta­tuts8.1.

To per­use est le signi­fiant de deux dupe­ries de lec­ture, conçues à par­tir de fan­tasmes de sai­sir, com­prendre, voir ce que ça veut dire et où ça veut en venir : la lec­ture lit­té­rale, le tamis fin du mot-à-mot troué en son centre (un par­ti­cu­lier géné­ral) ; le feuille­tage, qui flatte le vel­léi­taire par l’entrée kai­ro­tique de sa mélan­co­lie – com­prendre est une ren­contre, tou­jours pro­mise et ajour­née – et appelle lâcher-prise la pour­suite de sa proie, des­sai­sis­se­ment la cénes­thé­sie de son sai­sis­se­ment (un géné­ral par­ti­cu­lier). C’est la pola­rité extrême, au sein de la paire, des lec­tures de la paire qui trans­forme un rap­port inique mais sta­tu­taire, le vica­riat 8, en un rap­port inique natu­ra­lisé, le péru­sat.

D7.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Un tunnel génitif

“Metus hos­tium” : La crainte des enne­mis. Soit : La crainte éprou­vée par les enne­mis : géni­tif sub­jec­tif ; la crainte ins­pi­rée par les enne­mis : géni­tif objec­tif. Le géni­tif objec­tif indique l’origine, le géni­tif sub­jec­tif indique la pos­ses­sion.

L’instance géni­tive unique au sein de la paire per­sonne de la per­sonne dit un rap­port moins irré­solu qu’indifférent : dans l’économie sub­dom de la paire, on est tenu par ce qu’on sus­cite – qu’on l’instaure et le pour­suive admi­nistrati­ve­ment, ou qu’on le laisse échap­per – et on sus­cite son maître en struc­tu­rant le domaine de ses dépen­dances.

D7Gigognité de la paire

Dans sa fonc­tion de ser­via­bi­lité, la paire per­sonne de la per­sonne est gigogne sur­tout par le bas, comme de la vais­selle de cam­ping : dans la per­sonne de la per­sonne s’entend un empi­le­ment ou tun­nel géni­tif, pas une redon­dance ou une mise en puis­sance, ni une noblesse consan­guine. Mais l’empilement, même s’il fonc­tionne sur­tout par le bas, est, au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », à la fois géni­tif objec­tif (la per­sonne sus­ci­tée par la per­sonne) et géni­tif sub­jec­tif (la per­sonne appar­te­nue à la per­sonne, la per­sonne prise dans la dépen­dance de la per­sonne, la per­sonne tenue sous le rap­port de la per­sonne). Le volume de la per­sonne en géné­ral est pré­ci­sé­ment ajusté, comme par des­ti­na­tion, à sa dis­so­lu­tion dans la paire. Aussi la paire n’est-elle en mesure de ser­vir – hilf­sbe­reit –, une fois appa­reillée, que lorsqu’elle a admis et prouvé en interne une dis­po­si­tion à la hié­rar­chie.

D6.2🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Une dominante conditionnée

La per­sonne en par­ti­cu­lier est aussi, au sein de la paire, dans une posi­tion sub­dom, elle l’est en ceci qu’elle ne se vit régnante, qu’elle ne se vit domi­nante qu’à la condi­tion de se faire agente d’une néces­sité supé­rieure : par exemple celle qui intime l’ordre de soin (prends bien soin de toi, lave-toi bien les dents avant d’aller au lit, fais bien gaffe à ta gueule), ou la néces­sité qui détaille le pro­gramme de cure (bien man­ger, bien vivre, se faire du bien tout sim­ple­ment), ou encore la néces­sité à l’origine de l’admi­nistration du châ­ti­ment ou de la récom­pense (qu’on ne détaillera pas ici).

D6La paire subdom

Si l’on consi­dère la pola­rité au sein de la paire dans sa sta­bi­lité rela­tive, c’est-à-dire dans son insta­bi­lité rela­tive, la per­sonne n’est ni domi­nante ni subor­don­née ou les deux à la fois indé­mê­la­ble­ment. La per­sonne est sub­dom.

D6.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎Un stock, un tas

Au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », c’est bien la per­sonne en par­ti­cu­lier qui est used, contrai­re­ment à ce qu’une lec­ture rapide pour­rait lais­ser croire, car la per­sonne en par­ti­cu­lier ne dis­pose fina­le­ment, au sein de sa per­sonne, que du stock, du tas, de la confor­ma­tion qui s’est mis à dis­po­si­tion pour des usages défi­nis et ce tas, cette confor­ma­tion, ce stock s’appelle « per­sonne » en géné­ral.

D5Synthèse des rapports au sein de la paire

Au sein de la paire « per­sonne de la per­sonne », la per­sonne en par­ti­cu­lier ne tient son sta­tut de dom (domi­na­trice) que du bon-vou­loir de la per­sonne en géné­ral qui, en tant que sub (sou­mise), en tant qu’individu-lieu, indi­vidu pas­sif ou patient, struc­ture la scène, le drame, l’act, l’histoire, l’aventure. Il y a donc col­la­bo­ra­tion bran­lante tou­jours sus­cep­tible d’être tra­hie.

D4La paire « personne de la personne »

C’est en son état nati­ve­ment hié­rar­chique que la paire est appe­lée « per­sonne de la per­sonne ». En son sein la per­sonne en par­ti­cu­lier orga­nise l’admi­nistration des sévices selon ce qu’on pour­rait appe­ler une « tyran­nie de l’hermétisme », qui consiste à confi­ner dans la paire tout le vou­loir-du-bien-par-der­rière. C’est ainsi que la per­sonne en par­ti­cu­lier en vient à dire, plus sou­vent qu’à son tour, à la per­sonne en géné­ral : « et ça reste entre nous ». Chez la per­sonne conçue comme « per­sonne de la per­sonne », l’entretien de sa per­sonne s’accorde à une visée hégé­mo­nique : bien figu­rer71.12.3, bien appa­raître34, ne plus craindre les fouilles31.4, et ça reste entre nous.

D3🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎La personne en particulier est dominatrice

La per­sonne en par­ti­cu­lier est domi­na­trice ; elle qua­li­fie ses sévices de « néces­si­tés mal­heu­reuses », sous la forme : c’est dom­mage, mais je vais devoir…, c’est dom­mage, mais il va fal­loir que je… etc. C’est pré­ci­sé­ment en tant que la per­sonne ne se consi­dère que comme agente d’une néces­sité supé­rieure faite entiè­re­ment de c’est dom­mage, mais… que la per­sonne est, sinon auto­ri­taire, au moins domi­nante ou régnante, et ceci dans sa qua­lité de per­sonne en par­ti­cu­lier. Elle est homéo­pathe, poso­logue, mixo­logue, sty­liste ; elle admi­nistre les peines qui, de fait, à bonnes doses, sont tou­jours bonnes.

D2La personne en général est soumise

La per­sonne en géné­ral est sou­mise, posée là, mise à dis­po­si­tion, ren­due dis­po­nible pour la ques­tion : elle tient lieu de sa per­sonne per­sé­vé­rant dans sa sub­stance. Elle consti­tue un sup­port idéal pour les ques­tion­ne­ments, les soins4.32.11.25.2, les belles et bonnes atten­tions, les acci­dents du soin34.42.2, acci­dents du vou­loir-du-bien. L’économie sub de la per­sonne sou­mise, sub­mit­ted, sub­jec­ted, à la fois en proie à elle-même et en charge d’elle-même4.52.3, est son safe mode, un cir­cuit fermé où les humi­lia­tions futures et pas­sées sont conju­rées par une admi­nistration vac­ci­nale des dou­leurs et des peines, dou­leurs dou­lou­reuses, peines pénibles, mais à bonnes doses en réa­lité tou­jours bonnes, à défaut d’être lit­té­ra­le­ment agréables.

C4.4🐁︎2.2La personne sensation-dérégulée-et-piratée

La per­sonne sen­sa­tion-déré­gu­lée-et-pira­tée entre­prend confu­sé­ment ses sen­sa­tions, se dis­tri­bue aveugle­ment des inten­si­tés, s’apparie fié­vreu­se­ment. (On dit alors, dans un effort au diag­nos­tic, qu’il y a ava­rie­ment de la phar­ma­cie, par­fois essai du phar­ma­kon ava­rié, en géné­ral mau­vais dosage des inten­si­tés et trouble poten­tiel­le­ment mor­ti­fère dans la dis­tri­bu­tion15.)

d’ap. J. Benda, Fr. byz., 1945Si l’on admet, avec le plu­part des psy­cho­logues, que l’essence de la pen­sée est de sen­tir les divers états de notre esprit comme les modi­fi­ca­tions d’une seule et même chose, qui est pré­ci­sé­ment notre per­sonne, on peut dire que la volonté de la lit­té­ra­ture qui nous occupe ici est de rompre, non seule­ment avec la nature de l’intelligence, mais de la pen­sée ; rup­ture qui se fait au pro­fit de la sen­sa­tion, laquelle, s’exerçant dès lors autant que pos­sible dans la plé­ni­tude de sa par­ti­cu­la­rité et ne s’éperdant point dans la syn­thèse carac­té­ris­tique de la pen­sée, trouve une satis­fac­tion qu’elle ne sau­rait connaître avec les écri­vains intel­lec­tuels.

C4.3🐁︎2.1Un cas particulier général

La per­sonne, dans la mesure où elle admet que sa sur­face soit entre­te­nue en continu par son cura­teur2, la recon­naît (quand elle s’y mire) comme ter­rain d’affections contrô­lées dans l’équilibre géné­ral d’une immu­nité12.5.

La per­sonne en géné­ral ne connaît pas le poi­son, ni la défaite par atten­tat. Seule la per­sonne en par­ti­cu­lier peut ren­con­trer le poi­son, voir sa sur­face atteinte jusqu’à en être défaite ; cela ne remet pas en cause l’immunité de la per­sonne en géné­ral, qui pourra conti­nuer d’être dite et pré­di­quée bien que défaite sa per­sonne en par­ti­cu­lier.

Le cas de la per­sonne atteinte à sa sur­face est, pour ainsi dire, un cas par­ti­cu­lier géné­ral. La sur­face de la per­sonne peut être dite tou­jours atteinte, tou­jours bou­le­ver­sée. Mais, géné­ra­le­ment, le plus géné­ra­le­ment pos­sible, l’atteinte à sa sur­face de sa per­sonne n’est qu’une expé­rience parmi d’autres de la par­ti­cu­la­rité qui ne per­turbe que peu la per­sonne en géné­ral sor­tie des draps, par­tie s’aventurer tâter12.

Rétablir l’immunité géné­rale de la per­sonne passe par l’accordage des par­ti­cu­liers pour la rota­tion géné­rale – un entre­tien, une toi­lette, un soin.

Rétablir la bonne tenue de la sur­face de la per­sonne est la mis­sion de son cura­teur – un entre­tien, une toi­lette, un soin17.

C4.2Niveau du désastre

Clause de rup­ture post-contrac­tuelle : La per­sonne en géné­ral n’est alté­rée d’aucune sen­sa­tion. La per­sonne consomme en par­ti­cu­lier des inten­si­tés, qu’elle peut effec­ti­ve­ment appe­ler, en tant que per­sonne par­ti­cu­lière, des sen­sa­tions. Ainsi, tout (mal­heurs, désastres, sen­sa­tions) se trouve pris dans ce régime géné­ral de consommation/distribution d’intensités qui n’altère la per­sonne qu’en par­ti­cu­lier.

À la per­sonne en géné­ral, il faut des mis-pour1, des prête-noms et des porte-corps pour se rele­ver des ver­dicts défai­sants la concer­nant et tolé­rer le tour­nis auquel son affaire est sou­mise. Sans ces auxi­liaires, la per­sonne, elle, perd, à un niveau de géné­ra­lité à la fois funeste et volup­tueux qu’on peut dire niveau diag­nos­tique – dans le cas de la sen­sa­tion désas­treux.

C4.1Malheureusement

Malheureusement, les typo­lo­gies d’éclairés échouent autant que les témoi­gnages d’illuminés à dire la spé­ci­fi­cité des maux. Les typo­lo­gies d’éclairés comme les témoi­gnages d’illuminés sont des Diagnostiques, des targes gra­vées d’odes, des récits de vic­toire qu’aucun témoin sobre ne cor­ro­bore.

Les mala­dies sont de nou­velles allures de la vie.G. Canguilhem, Norm. path., 1966

C4🐁︎2Cas général La personne sensation

Clause com­plé­men­taire : La per­sonne voit conti­nû­ment sa sur­face bou­le­ver­sée par le libre jeu des appa­ri­teurs qui se vouent au main­tien des pres­ta­tions 2 1 3 4 de sa paire (per­sonne en géné­ral / per­sonne en par­ti­cu­lier). Dans ce bou­le­ver­se­ment constant, la sur­face de la per­sonne est une ter­rain d’affection et une zone de modi­fi­ca­tion. La per­sonne assiste à une varia­tion de sa-per­sonne-en-sa-sur­face par le libre jeu des rap­ports de pou­voir et de pré­séance qui tra­versent et per­turbent le tra­vail de ses appa­ri­teurs, l’économie de sa paire. Le cura­teur 2 se consacre à la bonne tenue de cette sur­face, qu’il dis­pose à l’exposition et qu’il fait se trans­for­mer en un cos­tume de réflexion non-bou­le­versé.

La per­sonne sen­sa­tion est la per­sonne atteinte à sa sur­face. La sur­face de la per­sonne est sa faci­lité com­mune : la per­sonne est en sa sur­face facile à regar­der, facile à obser­ver, facile à cibler. La per­sonne desar­royée a cette faci­lité d’abord qui la rend sus­pecte de per­cep­tions, d’indistinction sen­ti­men­tale. Il ne s’est pas fait connaître jusqu’à pré­sent d’autres façons de faire pro­duire des per­cep­tions à la per­sonne, de la pous­ser à la dis­tinc­tion sen­ti­men­tale, de l’inciter à com­mettre de plai­sir ou de peine12, que de la lais­ser s’aventurer tâter sen­tir12, que de la lais­ser lais­ser tour­ner son affaire de per­sonne sor­tie des draps cap le géné­ral ; il ne s’est pas fait connaître d’autres façons que de la lais­ser vivre.

Toute sa vie, la per­sonne atteinte à sa sur­face est une per­sonne vivante, et par là même : sus­pecte de dys­fonc­tion, de per­tur­ba­tion, de mala­die1. Toute sa vie, la per­sonne atteinte à sa sur­face se déclare publi­que­ment comme « ter­rain d’affections ». Passée à décou­vert7, elle met à mal sa sur­face en par­ti­cu­lier.

Á. B. Ávalos Soto, « Pers. mod. P. Abélard », Philonsorb., 10 | 2016, 9 – 28La per­sonne est un mot, la per­sonne est un rôle, la per­sonne n’existe pas, la per­sonne est dif­fé­rem­ment, la per­sonne a quelque chose de propre et la per­sonne signi­fie. Elle affecte, elle émeut, elle engendre et elle dis­pose l’esprit de l’interlocuteur. Elle est l’une de voies de com­pré­hen­sion des plus grandes affaires de la pen­sée. Depuis une cer­taine sur­face – la puis­sance signi­fi­ca­tive de cette sur­face –, elle nous approche de la Vérité.

C5📎︎6Cas général La personne ASMR

Le cas géné­ral de la per­sonne ASMR se dis­cute à bas mots, dans un mur­mure mon­dain fait de mur­mures cap­tés. La poudre des rai­sons per­son­nelles explose sans fra­cas dans la confes­sion, sous la pres­sion des antê­rieurs ; elle dis­perse les intê­rieurs dans le deal mur­muré.

La per­sonne ASMR cap­ture sa pres­ta­tion au plus près pour don­ner à ses s’en accu­ser le fond dra­ma­tur­gique d’une messe basse, d’où la culpa­bi­lité sur­gira faire son scan­dale d’aveu. Une légende raconte1.7 que c’est tou­jours depuis son carré d’aveu3.42.11 que la per­sonne ASMR (com)paraît et expose son affaire.

La per­sonne ASMR, experte à s’exposer, est conjoin­te­ment experte à dea­ler ses aveux1.2 ; elle en dis­tri­bue les doses selon une geste pré­ca­li­brée. L’érotique de cette geste de la per­sonne ASMR est repro­duite et raf­fi­née à chaque nou­velle affaire. La per­sonne ASMR deale de l’aveu dans une longue geste à l’érotique suin­tée dans l’idée de com­plaire aux sup­po­sés la voir, de mieux les cap­ti­ver.

Dans nos socié­tés contem­po­raines8, les mur­mures et les gestes de la per­sonne ASMR etc.

Une légende veut que la per­sonne ASMR tra­vaille le soir61.46.1. La per­sonne ASMR est, quoi qu’il en soit, soir ou matin, une très bonne tra­vailleuse.

C3.5⚖︎1.5La personne manifeste

La per­sonne mani­feste tend à s’arracher à son praxi­no­scope pour ne plus se pro­duire qu’à la sur­face de visi­bi­li­tés consti­tu­tives de der­nière gamme, dont une légende vou­drait qu’elle pré­sente mieux. Comme tout autre cas de la per­sonne, la per­sonne mani­feste ne se vit que cap­tu­rée, mais ce n’est que cap­tu­rée comme pure et simple visi­bi­lité renou­ve­lée qu’elle s’atteste res­pon­sible1.1, qu’elle vient s’admettre et s’accuser. Elle n’opère que selon l’écran, ou plus spé­ci­fi­que­ment : elle ché­rit les len­tilles récentes, col­li­ma­teurs récents, camé­ras d’action, camé­ras ther­miques, écrans plats à haute défi­ni­tion sus­cep­tibles, à tout moment, de la cap­ter ou de la dif­fu­ser. Elle adhère à l’ensemble de tels « der­niers » sup­po­sés l’attester pour se fondre au fond d’écran et ne plus appa­raître, toutes condi­tions maté­rielles d’apparition et de sur­vie déniées, qu’en toute publi­cité (i.e. in aller Öffentlichkeit), à la sur­face du monde inté­gra­le­ment confessé, dans la lumière égale de la déli­bé­ra­tion publique 24/2445.2. Combler la per­sonne mani­feste, c’est lui adres­ser cette ques­tion : que faire de la per­sonne ?9

Clause com­plé­men­taire : Même silen­cieuse, la per­sonne mani­feste déli­bère publi­que­ment. La per­sonne mani­feste s’admi­nistre inté­gra­le­ment en vue de l’Öffentlichkeit. S’admettre et s’accuser en pure et simple visi­bi­lité renou­ve­lée lui sont une manière de déli­bé­rer, de faire s’accroître et s’enforcer l’Öffentlichkeit, d’y adhé­rer et de s’y inté­grer.
Clause com­plé­men­taire : La per­sonne mani­feste ne s’arrache pas à son praxi­no­scope, elle tend à s’y arra­cher. Il arrive par ailleurs que le praxi­no­scope soit lui-même cap­turé en par­ti­cu­lier par la per­sonne elle-même ou par l’un des sup­po­sés la voir qu’on a pu appe­ler police embus­quée.

C2.3📎︎1.2Le T.P.E.

Le Travail Personnel Encadré est une Très Petite entre­prise, qui consiste, par exemple, à laver le gros gong et à le rendre intact, afin qu’il conti­nue de valoir trente mille balles mailloche com­prise. Rendre intact est une mis­sion et une tâche, un ser­vice à la per­sonne enca­dré pour qui sonne le gong.

C2.2⚖︎1.1La personne cadrée

Un des cas par­ti­cu­liers parmi les plus fur­tifs sur le praxi­no­scope géné­ral de la per­sonne pres­ta­trice est celui qui fait entre­voir la per­sonne en son cadre.

Qu’il reste en géné­ral inap­pa­rent ou qu’il se donne pareille­ment à voir, le cadre de la per­sonne la tient, elle s’y tient, et c’est au cadre qu’elle s’en tient61. La per­sonne est tenue, pour se main­te­nir dans l’économie des intê­rieurs et des antê­rieurs, de se prê­ter à sa com­pa­ru­tion dans son cadre, c’est-à-dire de mon­trer une dis­po­si­tion à com­mettre, un zèle à demeu­rer sus­pecte. Le cadre de la per­sonne cap­ture et déli­mite sa per­sonne en pleine pres­ta­tion, par­fois dans la lumière épa­tante d’un flash, d’un coup de torche, d’un coup de phares, d’un coup de feu.

Quand la per­sonne singe de s’évader de son cadre (une singerie par­ti­cu­lière), la per­sonne sait qu’elle joue avec et pour la police embus­quée, qui finira par la pié­ger.

d’ap. J. Butler, Ce qu. fait un. vie, 2009Être enca­dré ou cadré (to be fra­med) est une locu­tion com­plexe en anglais : un tableau est enca­dré (fra­med), mais on dit la même chose d’un cri­mi­nel cerné (par la police) ou d’une per­sonne inno­cente pié­gée (par une ins­tance de mal­in­ten­tion, comme la police ou la police). To be fra­med signi­fie ainsi être vic­time d’un coup monté, des preuves étant arti­fi­ciel­le­ment dis­po­sées de sorte à éta­blir la culpa­bi­lité d’une per­sonne.

C3.4⚖︎2.1La personne avouée

Clause post-contrac­tuelle : La per­sonne per­due dans la per­sonne est le nom d’un jeu de singes – jeu d’esquives, d’appels, de mur­mures, de cris, de lumi­naires qu’on éteint, qu’on allume sou­dai­ne­ment, qu’on fait se balan­cer, que par­fois même on fend, brise, défonce sur la colonne – jeu de la panique feinte dont tout l’enjeu consiste à livrer la per­sonne aux délices pro­gres­sives de sa rétrac­ta­tion sur le carré d’aveu, à la faire entre­prendre, concer­née, sa confes­sion, à jouir 1.4 en pleine lumière et dis­tinc­te­ment de se recon­naître, s’imputer, s’admettre et s’accuser. La per­sonne per­due dans la per­sonne se laisse ainsi pié­ger à tout moment du jeu et par­ti­cipe, dans soin récri même, de ce qui la main­tient fra­med 6, en pres­ta­tion.

On raconte sou­vent, via la per­sonne, que la per­sonne en par­ti­cu­lier per­due dans la per­sonne en géné­ral s’est rétrac­tée sur un carré d’aveu12 la concer­nant et l’attestant : qu’elle se recon­naît en per­sonne dans tout ce qui l’y fait paraître à nu / à bout d’affectation, pié­gée dans son affaire hors l’orbe de son affaire.

Ce que la per­sonne joue dans ce carré d’aveu est une confes­sion de la per­sonne se recon­nais­sant en par­ti­cu­lier, s’imputant en propre, s’admettant pour soi, s’accusant d’affecter. Le carré d’aveu est un cadre de pres­ta­tions – com­pa­ru­tions, sévices, exhi­bi­tions – construit et amé­nagé par la per­sonne en par­ti­cu­lier qui cherche à se livrer1.22.2.

G. Lamarche-Vadel, Dupl., 1994Déclarée, réaf­fir­mée secrète, la confes­sion reçoit des conciles et synodes pos­té­rieurs ses règles de pro­cé­dures. Celles-ci requiert lumi­no­sité des lieux des­ti­nés à la confes­sion, publi­cité et visi­bi­lité pan­op­tique.

L’homme, en Occident, est devenu une bête d’aveu.M. Foucault, Vol. sav., 1976

C3⚖︎4Cas général La personne prestante

La per­sonne en son cadre2.21.1 est une pres­ta­taire affec­tée ; elle y affecte un air de rien qui la main­tient sus­pecte et visible pour cet autre sup­posé la voir qu’on a pu appe­ler police embus­quée. Une pres­ta­tion réus­sie consiste, pour la per­sonne, à s’affirmer recon­nais­sable, s’avouer cap­table, s’attester per­sonne en per­sonne12.

Alain de Libera, Arch. suj., II, Quêt. id., 2008Le sujet per­son­ni­fié est une per­sonne qui a tout du sujet, qui bloque sur elle les deux dimen­sions recon­nues depuis Aristote au [verbe] kate­go­rein : « accu­ser quelqu’un de quelque chose » et « attri­buer quelque chose à quelque chose », soit :
kate­go­rein(1) > accu­ser > impute : sujet d’imputation (l’homme indi­vi­duel, la per­sonne, le Self), Morale ;
kate­go­rein(2) > attri­buer > attri­bute : sujet d’attribution (l’homme, l’âme, l’esprit, le corps), Psychologie.

C3.3La personne singeant concourir

La per­sonne en par­ti­cu­lier s’affecte pour com­plaire à son cas géné­ral : elle singe de concou­rir au géné­ral en se déme­nant, en s’emportant, en ne se lais­sant pas faire. Son concours est pour­tant des plus incer­tains ; au ser­vice de la per­sonne en ser­vice, la per­sonne sin­geant concou­rir est tenue de res­ter dans sa roue pour les besoins de la pres­ta­tion34.

C3.2🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎La personne maîtrisée

Sur le praxi­no­scope géné­ral de la per­sonne pres­tante, la per­sonne en par­ti­cu­lier se donne les moyeux de réus­sir sa pres­ta­tion en affec­tant des airs de maî­trise. La per­sonne y est en par­ti­cu­lier capri­cieuse, c’est-à-dire vir­tuose en rai­sons per­son­nelles : backée d’une nuée d’antê­rieurs, elle est incol­lable sur ce qui la rive puis la vire, la fait tour­ner, la motive puis la démo­tive.

F3La personne hostile au général

L’hostilité de la per­sonne au géné­ral n’est pas une hos­ti­lité à son affaire (la per­sonne est sor­tie des draps, elle concourt au géné­ral, elle est dans le game du genre). La per­sonne peut être dite hos­tile au géné­ral dans la seule mesure où être arri­vée ne se dit bien que sur le pas ou der­rière la ligne du géné­ral. L’hostilité de la per­sonne au géné­ral est hos­ti­lité à l’idée d’une admis­sion défi­ni­tive au géné­ral.

C4.8🐁︎7La personne en outre

La per­sonne est en outre et elle est rési­liente, c’est-à-dire que, dans les situa­tions qui l’éprouvent et l’éperdent, d’aucuns consi­dèrent qu’elle mérite sinon un éloge de sa per­sonne, au moins l’assurance d’un vou­loir-du-bien sous la forme sen­ti­men­ta­le­ment dis­tin­guée : « et en outre, quelle rési­lience ! » La rési­lience est en outre à la per­sonne en tant qu’il ne lui appar­tient qu’accidentellement, lorsqu’elle est éprou­vée, de ne pas se lais­ser abattre. La dis­tinc­tion sen­ti­men­tale pro­duit son éprou­vée dans l’assurance que les épreuves par­ti­cu­lières font les héros en géné­ral.

C4.7🐁︎2.4Prosélyte et soucieuse

En per­sonne, la poli­tique ges­tion­naire de l’hypocondrie4.52.3 est à la fois : pro­sé­lyte et sou­cieuse, dili­gente, prompte à faire com­pa­raître. Prosélyte et sou­cieuse d’associer à ses diag­nos­tics ; met­tant son stock de soin tout entier1.25.2 au ser­vice d’un pei­gnage du monde confir­ma­toire des diag­nos­tics ; plai­dant alors sa cause devant le sort, le sort devant ses causes, prise en tenaille par les faits têtus de n’être pas morte et d’être de moins en moins en mesure d’y sur­vivre, la per­sonne com­pa­raît, trans­fi­gu­rée mais affli­gée chaque jour par le jour-de-plus, puisque c’est d’un tel jour qu’il est fait mou­rir uni­ver­sel­le­ment.

C4.5🐁︎2.3La personne en proie à et en charge de sa personne

La per­sonne sen­sa­tion est chue du patien­tat. Sortie des draps, la per­sonne, jusque-là prise en charge, entre dans l’ère du care indi­vi­duant carac­té­ri­sée par l’auto-diagnostic et une poli­tique ges­tionnaire de l’hypocondrie. Dans le monde tota­le­ment admi­nistré, dans le monde de la Verwaltung éten­due aux rai­sons per­son­nelles, le cas de la per­sonne est celui de la per­sonne à la fois en charge de et en proie à sa per­sonne.

Quelques mani­fes­ta­tions du cas de la per­sonne à la fois en proie à et en charge de sa per­sonne : la per­sonne des fois cénes­to­pathe, la per­sonne des fois synes­thète, la per­sonne des fois hyper­es­thète, la per­sonne des fois hypo­pathe, la per­sonne modé­rée.

C2.1📎︎1.1La personne prestataire à bout et à fond

Douillettement éta­blie dans son cas au milieu de ses intê­rieurs, et pous­sée dans son affaire par ses antê­rieurs, la per­sonne est pres­ta­taire à bout et à fond. Au qui-vive de la pres­ta­tion, au bout du bout et fond du fond de ses pres­ta­tions, la per­sonne prête encore sa per­sonne à la réca­pi­tu­la­tion de ses cas. Ça, c’est fait : ten­ta­tive de syn­thèse des praxi­no­scopes par indexa­tion des cas suc­ces­sifs. Ça s’est fait : compte tenu des intê­rieurs et antê­rieurs. Cette pres­ta­tion en pré­cède immé­dia­te­ment une autre, au bout du bout du bout, qui consiste pour la per­sonne à se ser­vir à elle-même un ser­vage-à-la-per­sonne en guise de Feierabendbier.

C3.1🎠︎6La personne prestante sur la brêche

La consi­dé­ra­tion de praxi­no­scopes la per­sonne à l’arrêt, pour déter­mi­na­tion des cas, donne à voir des sta­tions et figures impos­sibles hors de leur chaîne ou leur manège. L’affaire la per­sonne tourne à la figure uni­taire pré­caire. Aussi la per­sonne four­nit-elle là encore21 une pres­ta­tion au qui-vive. Elle est dans l’obligation de pour­suivre. Chaque figure concourt avec toutes les autres sur les praxi­no­scopes, prise dans une allure mutua­li­sée.

C2📎︎1Cas général La personne prestataire

La per­sonne est entre­pre­nante, mais son entre­prise a moins à voir avec une dis­po­si­tion volon­taire devant le qui-vient qu’avec le fait accom­pli de la pres­ta­tion au qui-vive : la per­sonne entre­pre­nante est d’abord la per­sonne pres­ta­taire à bout.

La per­sonne entre­prend, tou­jours sem­blant sur le point de com­mettre, mais, bien que son crime soit pas dou­teux 6.2 1.3, elle ne le com­met pas ; elle atteste par sa pres­ta­tion qu’on lui a com­mis­sionné un crime de réfé­rence. Le crime de réfé­rence, une fois com­mis, vien­drait accor­der idéa­le­ment l’ensemble de ses cir­cu­la­tions, sanc­tion­ner d’une signi­fi­ca­tion glo­bale ses aven­tures pré­di­ca­tives décou­sues, don­ner « le nom de l’aventure », mais, la per­sonne étant toute à sa pres­ta­tion, et le crime n’étant pas com­mis, le cas de la per­sonne reste ouvert 6.

Qu’on lui ait com­mis­sionné un crime de réfé­rence61 n’arrange rien : sor­tie des draps cap un géné­ral qui la rend tou­jours plus sus­pecte, la per­sonne s’engage à accom­plir la mis­sion, sans fonc­tion ni dignité atta­chées, d’être tou­jours sur le point de com­mettre. La per­sonne, au qui-vive de la pres­ta­tion, admet l’auto-entrepreneur au registre des rai­sons per­son­nelles, dont il y a deux types :

  • les intê­rieurs, ou inté­rêts bien com­pris ;
  • les antê­rieurs : essaim d’occiput ou de nuque (idée, menace, aver­tis­se­ment, défi, menace-aver­tis­se­ment, menace-chal­lenge, menace pré­ve­nante, coup du lapin pré­ven­tif).

Pour toute clause Cx existe une clause exclu­sive Cx′, trou noir de la par­ti­cu­la­rité, sur le modèle : Il n’est pas exclu qu’entre­prendre soit le nom d’une per­sonne en par­ti­cu­lier qui soi­gne­rait par­ti­cu­liè­re­ment ses intê­rieurs, expo­se­rait par­ti­cu­liè­re­ment ses antê­rieurs comme du drap les­sivé aux fenêtres, mais nous sommes requis par le géné­ral, sa barre F ; le par­ti­cu­lier s’envaser dans ses fonds, c’est ce que nous accep­tons de voir sans nous émou­voir.

La per­sonne, au qui-vive de la pres­ta­tion, com­prend, intègre le motif du vou­loir-du-bien-par-der­rière sous sa forme conscience-patron ; elle mani­feste, tant qu’elle tourne, un main­tien de fonc­tion­na­lité.

C1.3Plus d’a, plus de

La pro­fu­sion interne du signi­fiant [lapɛʁ.sɔn] flatte par la qua­lité d’ouverture qu’on sup­pose aux images mul­tis­tables. Mais canard-lapin n’est pas canard et lapin en même temps ; canard-lapin n’est pas ouvert au mutan­tat ; canard-lapin n’est pas une sphynge. [lapɛʁ.sɔn], comme canard-lapin, fra­casse dans le décor toute ten­ta­tive de faire appa­raître une image syn­thé­tique de sa pro­fu­sion. C’est soit canard soit lapin et les deux mais alter­na­ti­ve­ment ; c’est soit l’un soit l’autre qui gam­bade après la cor­rec­tion. De même, c’est l’apersonne ou l’appersonne, et toute men­tion de la per­sonne se reli­rait à nou­veaux frais dans l’oubli ou le deuil d’une pre­mière lec­ture ; toute mani­fes­ta­tion de la per­sonne ne se lais­se­rait sai­sir que dans une col­li­ma­tion dont seule l’incomplétude garan­tit la net­teté. Pourtant il y a — dans une vitesse réglée au poil près sur les praxi­no­scopes de [lapɛʁ.sɔn] en usage — une chance de pro­duire par super­po­si­tions l’illusion convain­cante d’une gam­bade uni­taire [per­sonne aper­sonne apper­sonne]. Et il n’y a pas d’autre choix que de s’y essayer. De part et d’autre des éver­tue­ments : l’anomie.

C1.2L’apersonne (perd en puissance)

Conventionnellement la per­sonne, la per­sonne s’entend aussi l’apersonne, où a- n’a pas la valeur latine d’un à-soi — ce serait l’appersonne1.1 — mais celle du grec ἀ-, pré­fixe d’une dépo­si­tion sans pro­cès, d’un retour­ne­ment des anciens attri­buts stig­mates de la perte.

C1.1L’appersonne (paire en puissance)

Appareillade, Appariade, subst. fém. : Terme de chasse. Formation des couples de per­drix en vue de la repro­duc­tion.

Conventionnellement la per­sonne, la per­sonne s’entend aussi l’appersonne, où a- n’a pas la valeur du pri­va­tif grec — ce serait l’apersonne1.2 — mais celle du latin ad-, pré­fixe de l’appartenance, de l’attraction, de la cou­ver­ture à soi, mais aussi de l’appareillage, de l’appariade, du pari conju­gal de fonc­tionnalité.

A. C. Leconte Desgraviers, Ess. vén. art val. lim. suiv. trait. malad. des ch. rem., voc. intell. term. chass. vén. Etat. rend.-vous chass. et place. rel. for. avois. Paris, 1810Je fais donc choix, à lʼappareillade, dʼun chien dʼun an, vif, tur­bu­lent, qui ait lʼair de se moquer des coups de fouet, cʼest-à-dire qui nʼait ni timi­dité, ni ran­cune, et qui sʼé­ver­tue en gam­bades après la cor­rec­tion. Je le mène en plaine ou deux fois avant de com­men­cer l’appren­tis­sage, pour juger seule­ment si la finesse de son nez, comme la qua­lité la plus requise, est digne de l’applica­tion que je me pro­pose. Ce pre­mier exa­men fait, et mon chien reconnu sus­cep­tible de pro­fi­ter des ins­truc­tions, le col­lier au col, et tenu par une ficelle, je le conduis dans un parc ou dans une prai­rie. Dans cette car­rière, je lui apprends à venir à moi, à son nom pro­noncé et à ces termes : Ici, à moi. Quand il s’est approché, je le fais mettre sur le cul, moi­tié enga­ge­ment, moi­tié contrainte, et il a bien­tôt com­pris ce que je désire de lui. Au lieu de me ser­vir des termes usi­tés, Sur le cul, j’aime mieux me ser­vir de ceux-ci : Asseyez-vous.

C1Cas particuliers entre tous

Casuistique : 1. Examen d’un cas par­ti­cu­lier à la lumière des prin­cipes de la dis­ci­pline dont il relève ; 2. Péj. Tendance à sub­ti­li­ser, sou­vent de manière com­plai­sante.

La per­sonne n’est pas seule ; elle est capi­ton­née, géné­reu­se­ment peu­plée d’une bourre qui s’affaire. La petite affaire la per­sonne est épaisse de cet affai­re­ment : toute men­tion de la per­sonne convoque une sous-trai­tance de men­tions sourdes, uni­tés mobiles esseu­lées qui pro­pre­ment la dimen­sionnent. Ce staff n’a aucune vue sur le dimen­sion­ne­ment auquel il tra­vaille ; il ne se vit qu’en charge de gra­phies internes : l’apper­sonne1.1, l’aper­sonne1.2. Sa fonc­tion est moins de consti­tuer une alter­na­tive à la gra­phie mère — l’obvie la per­sonne — que de sus­ci­ter une image acous­tique mul­tis­table du signi­fiant [lapɛʁ.sɔn]. C’est cette mul­tis­ta­bi­lité qui, dans le bougé typique des entre­prises d’une tête, dimen­sionne la per­sonne.

B17.1🐁︎5.1Ce qui se laisse dire à la rigueur La personne se fait rendre

La per­sonne se fait rendre, elle est par­fois ren­due (cas rela­ti­ve­ment rare de rejet de l’appariement) et, en un sens très par­ti­cu­lier, elle se rend, ce qui s’appelle se répandre1.22.2, se dis­tri­buer, ou « faire dans la dis­tri­bu­tion », grande ou petite).

T. Adorno., Jarg. auth., 1965Une atti­tude contem­pla­tive, sans aucune échap­pée sur la praxis et ses chan­ge­ments sym­pa­thise de façon d’autant plus frap­pante avec le “ici et main­te­nant”, l’office de dis­tri­bu­tion des tâches à l’intérieur du donné [dem Dienst an Aufgaben inne­rhalb des Gegebenen].

B15Ce qui se laisse dire à la rigueur La personne s’éperd

Il est un axe déviant sur lequel la perte de la per­sonne se fait réflexive, l’axe d’une soli­da­rité for­tuite entre « pro­fu­sion » et « confu­sion » née d’un usage idio­ma­tique du mot « Vielfalt » (pro­fu­sion, diver­sité) en alle­mand : « tom­ber en Vielfalt » signi­fie « tom­ber dans un état de confu­sion », subir une attaque de pro­fu­sion, s’éperdre (cf. Peter Weiss, Aesth. Widerst., Bd. II). La per­sonne, sur l’axe des signi­fiants de Vielfalt, s’éperd. La diver­sité confon­dante des mau­vaises routes engorge ses sens. Et ce n’est jamais que par satu­ra­tion des cir­cuits de sa sur­face qu’on s’autorise pour la per­sonne un écart de réflexi­vité. Une attaque par déni de ser­vice sur­mène les voies de la per­sonne et affecte sa capa­cité à se consul­ter dans ses sens. La per­sonne éper­due tom­bée en confu­sion par assaut de pro­fu­sion est d’accès facile et d’usage égal comme dans c’est égal.

G. Deleuze, C. Parnet, Dial., « Sup. litt. angl.-amér. », 1977Cas exem­plaire de Thomas Hardy : les per­son­nages chez lui ne sont pas des per­sonnes ou des sujets, ce sont des col­lec­tions de sen­sa­tions inten­sives, cha­cun est une telle col­lec­tion, un paquet, un bloc de sen­sa­tions variables. Il y a un curieux res­pect de l’individu : non pas parce qu’il se sai­si­rait lui-même comme une per­sonne, et serait reconnu comme une per­sonne, à la fran­çaise, mais au contraire, jus­te­ment, parce qu’il se vit et parce qu’il vit les autres comme autant de « chances uniques » – la chance unique que telle ou telle com­bi­nai­son ait été tirée. Individuation sans sujet. Et ces paquets de sen­sa­tions à vif, ces col­lec­tions ou com­bi­nai­sons, filent sur des lignes de chance, ou de mal­chance, là où se font leurs ren­contres, au besoin leurs mau­vaises ren­contres qui vont jusqu’à la mort, jusqu’au meurtre. Hardy invoque une sorte de des­tin grec pour ce monde expé­ri­men­tal empi­riste. Des paquets de sen­sa­tions, indi­vi­dus, filent sur la lande comme ligne de fuite, ou ligne de déter­ri­to­ria­li­sa­tion de la terre. »

d’ap. J. Benda, Fr. byz., 1945Si l’on admet, avec le plu­part des psy­cho­logues, que l’essence de la pen­sée est de sen­tir les divers états de notre esprit comme les modi­fi­ca­tions d’une seule et même chose, qui est pré­ci­sé­ment notre per­sonne, on peut dire que la volonté de la lit­té­ra­ture qui nous occupe ici est de rompre, non seule­ment avec la nature de l’intelligence, mais de la pen­sée ; rup­ture qui se fait au pro­fit de la sen­sa­tion, laquelle, s’exerçant dès lors autant que pos­sible dans la plé­ni­tude de sa par­ti­cu­la­rité et ne s’éperdant point dans la syn­thèse carac­té­ris­tique de la pen­sée, trouve une satis­fac­tion qu’elle ne sau­rait connaître avec les écri­vains intel­lec­tuels.

B12📎︎4.1Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne ne fait pas faillite

La per­sonne ne perd pas en géné­ral en ce qu’elle ferait faillite, ce qui n’est pas à dire que la per­sonne rafle les mises. La per­sonne conti­nue à jouer, à se jouer ou à se faire jouer, à se lais­ser faire par­tie du game, à se comp­ter parmi les joueurs quel que soit l’état de ses mises. Et c’est d’ailleurs ainsi — parce qu’il ne lui vient jamais de faire ni de sol­der les comptes — qu’elle se main­tient comme cas.

B11Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne ne périclite pas

La per­sonne ne perd pas en géné­ral en ce que décli­nant elle péri­cli­te­rait, parce qu’alors cela revien­drait à dire que la per­sonne dis­pose au moins du capi­tal sym­bo­lique de son extinc­tion annon­cée. Or la per­sonne ne fait pas réserve ou conserve de son déclin, ne rem­bourre pas sa forme en pré­vi­sion de sa dis­pa­ri­tion, ne tra­vaille pas à se faire rare ou de moins en moins exo­rable. La per­sonne en géné­ral ne se désigne pas per­dante, ne solde pas sa perte en vertu d’une loi de déses­poir. Si elle le fai­sait, ce serait moins une per­sonne (un acci­dent de son genre1, sans cause725, ins­pé­ci­fié) qu’un mili­tant (une per­sonne-cause, une conti­nuelle catas­trophe d’avancées et de retraits).

B10🎠︎4Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne n’abandonne pas

Contrairement à ce que laisse pen­ser B33, il n’existe pas d’axe qui relie perte et triomphe. Que la per­sonne perde en géné­ral n’est pas à dire qu’elle aban­donne en géné­ral car pour qu’elle aban­donne il fau­drait que la per­sonne dis­pose d’elle-même selon une moda­lité opé­ra­tive. Or la per­sonne ne bataille pas en vue d’autre chose que sa conser­va­tion, ou autre­ment dit son main­tien de fonc­tion­na­lité en tant qu’appareil. La posi­tion tenue par la per­sonne est celle du géné­ral, spot insen­sible aux avan­cées et aux retraits par­ti­cu­liers.

B9🎠︎4.1Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne ne défaille pas

Que la per­sonne perde en géné­ral n’est pas à dire qu’elle défaille en géné­ral, car pour qu’elle défaille en géné­ral il fau­drait que la per­sonne dis­pose d’elle-même selon un prin­cipe bio­tique. Or la per­sonne ne manque jamais à ce qui la consti­tue en propre. La per­sonne est sa propre forme, au sens de qua­li­fi­ca­tion et d’organisation : elle se qua­li­fie la per­sonne en per­sonne ; elle s’organise per­sonne en per­sonne.

T. W. Adorno, Dial. nég., 1966Le concept de per­sonne a pris le ton miel­leux d’une théo­lo­gie à laquelle on ne croit pas. S’il est vrai que le concept d’homme juste ne peut être anti­cipé, il n’est pas moins vrai qu’il ne res­sem­ble­rait nul­le­ment à la per­sonne, ce double sanc­ti­fié de sa propre auto-conser­va­tion.

B8📎︎4.2Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne n’a pas de frais en général

Contrairement à ce qui se laisse négli­gem­ment pen­ser, il n’existe pas d’axe reliant perte et béné­fice. S’il exis­tait un tel axe, la per­sonne pour­rait accé­der à la connais­sance du chiffre de son affaire. Or pré­ci­sé­ment la per­sonne peut être dite per­due ou per­dant en tant qu’elle erre dans son affaire chif­frée. On ne peut donc pas dire que la per­sonne ait des frais en géné­ral, sauf à vou­loir dire qu’elle tra­vaille, dépen­sière pure dans son affaire, à la perte ou la dis­sé­mi­na­tion de son chiffre privé.

B7.1🐁︎4.2Une enfance d’emploi

C’est en sou­ve­nir de l’expérience péda­go­gique mal tour­née dont son entre­prise est issue74 que la per­sonne en géné­ral main­tient comme mon­naie dans le coffre privé le tré­sor d’une enfance d’emploi. Tout, dans ce coffre, est à la place déter­mi­née par les diag­nos­tics post-natals ; tout y est dis­posé dans l’ordre défini par le vou­loir-du-bien-par-der­rière. Le code d’accès à ce tré­sor est le pré­nom de papa, en géné­ral8.

R. Schérer & G. Hocquenghem, Co-ire, alb. sys. enf., 1976La per­son­na­li­sa­tion est le corol­laire de la pri­va­ti­sa­tion, toutes deux étant une dépos­ses­sion de l’enfance. Dans des direc­tions concou­rantes, bien qu’en appa­rence oppo­sées, on per­son­na­lise à tour de bras, soit qu’on veuille accé­lé­rer l’accès de l’enfance à la res­pon­sa­bi­lité, soit qu’on veuille la conser­ver dans une irres­pon­sa­bi­lité quiète, qu’on parle le lan­gage poli­tique d’une révo­lu­tion de jeunes déjà mûrs, ou celui d’une péda­go­gie atten­tive aux moindres ‘envies’.

B7📎︎4Ce qui ne se laisse pas dire (sans frais ni concessions) La personne ne bénéficie pas en général

L’énoncé selon lequel la per­sonne perd en géné­ral s’inscrit dans un sys­tème de créance qui atteste une perte pas tant au regard d’un pos­sible gain qu’au regard d’un tré­sor géné­ral néces­saire, par­fois sous la forme d’un embar­ras moins inhé­rent qu’adhérent. L’embarras néces­saire, lorsqu’il adhère à sa per­sonne, est son chéri, son tré­sor géné­ral intime. Mais intime est un rac­courci impropre à dire ce qui adhé­rant se main­tient comme mon­naie dans le coffre privé. C’est au sein du sys­tème de créance qui tend à main­te­nir le tré­sor entier comme mon­naie que la per­sonne, en géné­ral, perd. La devise de cette mon­naie est le Général, par cata­chrèse.

B6🐁︎1Ce qui se laisse dire La personne baisse en général

Suivant l’axe séman­tique qui relie perte et conser­va­tion, il est pos­sible de dou­bler notre énoncé éta­lon de celui selon lequel la per­sonne baisse en géné­ral. Toutefois la per­sonne ne peut se dire bais­sant selon une moda­lité éner­gé­tique qui orga­ni­se­rait les afflux et efflux d’états ten­dan­ciel­le­ment pleins en états ten­dan­ciel­le­ment vides et vice versa. Les baisses de la per­sonne en géné­ral sont net­te­ment gra­duelles : se trou­ver face à la per­sonne ayant baissé en géné­ral, c’est consta­ter un état dégradé d’elle en tant qu’elle est moins géné­rale. Mais elle a (encore) baissé en géné­ral n’est pas pour autant l’expression d’une évi­dence de temps écoulé (car alors la baisse se jau­ge­rait encore à l’efflux), c’est le constat d’un déclas­se­ment loca­lisé, d’une valeur amoin­drie de la fonc­tion géné­rale de l’appareil per­sonne dans l’ordre des prio­ri­tés de la Conservation. En ce sens, elle a baissé en géné­ral engage elle s’est affer­mie en par­ti­cu­lier.

T. W. Adorno, Jarg. auth., 1964Toute rubrique à l’intérieur de la per­sonne, une fois fer­me­ment déli­mi­tée, nie le prin­cipe de celle-ci : la per­sonne devient la somme de ses fonc­tions. Elle est d’autant plus mal pro­té­gée contre cela que son unité propre, péni­ble­ment gagnée, est res­tée fra­gile. Ses fonc­tions sépa­rées, régies par la loi de l’auto-conservation, s’affermissent à tel point qu’aucune ne peut plus vivre par elle-même, qu’aucune vie ne peut se construire à par­tir d’elles : elles se retournent contre le soi qu’elles sont sup­po­sées ser­vir.

B4📎︎3Ce qui se laisse dire La personne réduit en général

Suivant l’axe séman­tique qui relie perte et accrois­se­ment, il est pos­sible de dou­bler notre énoncé éta­lon de celui selon lequel la per­sonne réduit en géné­ral. La per­sonne est, en par­ti­cu­lier, sa propre tête réduite. Dans sa subor­di­na­tion durable, mobi­lière presque, elle tient du tro­phée. Chaque tro­phée de la per­sonne en par­ti­cu­lier vaut voti­ve­ment pour le suc­cès d’une chasse en réa­lité éper­due, hale­tée, tou­jours en cours, sans cesse à recou­rir et jamais tota­le­ment cou­rue, de la per­sonne en géné­ral. C’est parce que tous se com­portent comme si la chasse à la per­sonne avait été bonne — et seule­ment par ce jeu de dupes où les dupes sont régnantes — qu’on peut dire que ten­dan­ciel­le­ment la per­sonne réduit en géné­ral, comme on dit du gibier qu’il réduit et du dan­ger qu’il croît.

B3Ce qui se laisse dire La personne choit en général

Suivant l’axe séman­tique qui relie perte et conquête, il est pos­sible de dou­bler notre énoncé éta­lon de celui selon lequel la per­sonne choit en géné­ral — au sens où l’on dit d’un empire qu’il choit. La per­sonne choit en géné­ral est l’énoncé type de l’Histoire Naturelle qui raconte com­ment perd la per­sonne : choyant comme un empire, avec le natu­rel de ce qui choit de soi et sous son propre poids.

B2🎠︎3Ce qui se laisse dire La personne cède en général

Suivant l’axe séman­tique qui relie perte et acqui­si­tion, il est pos­sible de dou­bler notre énoncé éta­lon de celui selon lequel la per­sonne en géné­ral cède. Mais les ces­sions de la per­sonne sont tou­jours tran­si­tives : la per­sonne ne cède pas sur un axe résis­tance — aban­don, elle ne cède que dans la mesure où elle se défausse à l’aveugle d’une par­tie de ses pro­prié­tés, pré­ro­ga­tives, attri­buts, dépen­dances affec­tives. Juridiquement, l’affaire dont la rai­son sociale est La Personne est un Consortium Semblant ges­tion­naire (Scheinverwaltersgross-kon­zern, SVG) ; à ce titre, ce que l’affaire La Personne cède elle ne le cède jamais qu’au pif, n’ayant par ses sta­tuts ni le loi­sir ni la com­pé­tence de trier ses ces­sion­naires.

B1🍪🎠Cas où la personne « perd » en particulier

Que la per­sonne perde en par­ti­cu­lier se laisse mal dire à pro­pre­ment par­ler. Ce qui affecte au point de la défaire la per­sonne en par­ti­cu­lier se sous­trait aus­si­tôt à la per­sonne en géné­ral. Une des façons de résu­mer l’affaire de la défaite par­ti­cu­lière de la per­sonne est de dire que si la per­sonne perd en géné­ral elle ne peut être défaite qu’en par­ti­cu­lier.

A4🍪🎠La personne, son lit creusé, le quitte

La per­sonne, son lit creusé, le quitte. Elle se défait des draps pro­fonds qui fai­saient l’impression sin­gu­lière et sin­gu­liè­re­ment macabre de la per­sonne par­ti­cu­lière dans son lit.

A5La personne va, sortie des draps (1)

La per­sonne va, sor­tie des draps de ce qui pré­cé­dait lar­vai­re­ment, maca­bre­ment la per­sonne : son sujet. Elle quitte son sujet, l’abandonne sur les draps, en dépôt ou en impres­sion. Avec son sujet, elle fai­sait la paire ; la per­sonne s’aventure ailleurs cher­cher paire. Par exemple : dans le casino du géné­ral.

A3.1🍪︎🎠︎⚕︎Ⰴ︎L’heure de la personne sonne

L’heure de la per­sonne sonne. La per­sonne est prête à être pré­di­quée. Il y a quelque part un registre de phrases que la per­sonne com­mence.

L’heure de la per­sonne a sonné. Et avec elle celle de ce que j’appellerai ici : la per­son­ni­fi­ca­tion du sujet.A. de Libera, Archéologie du sujet, t. 2, 2008