⛣︎1.1⚖︎2.3Un masque dit d’aveu

La per­sonne, depuis son pas­sage à décou­vert 7, est sup­po­sée être vue, écou­tée, pré­di­quée. Constatée et confir­mée 1, mais pas encore toute dite 6, la per­sonne com­pose sa per­sonne en par­ti­cu­lier pour faire la preuve de sa per­sonne 1.3 et pro­duire un aveu convain­cant 2.
Passer le masque d’aveu, c’est déployer et exau­cer l’a nu de toute com­pa­ru­tion sur le carré d’aveu.
Passer le masque d’aveu, c’est s’attester en proie 4 3 pas­sée à décou­vert..

Composer sa per­sonne en par­ti­cu­lier est une entre­prise de la per­sonne qui passe par le mode­lage d’un masque – le masque dit d’aveu. Passer le masque d’aveu pour s’attester en proie à son s’en accu­ser et paraître / com­pa­raître, c’est l’une des pres­ta­tions21 de la per­sonne en par­ti­cu­lier en tant qu’elle est pres­tante34 / en tant qu’elle prête à décou­vert.


Charlie Chaplin Makeup, par SJ FoxX (Youtube)

A🗝︎8Le Coffre dont le Code est le Prénom de Papa

Le Coffre dont le Code est le Prénom de Papa est l’embarras néces­saire de la per­sonne, son tré­sor géné­ral intime. Il n’a pas de nom autre que celui que lui donne son code d’accès – et en géné­ral, ce code est le pré­nom de papa727.1. Les impôts d’enfance y sont sto­ckés, figés, sans inté­rêt, comme des mora­li­tés légen­daires, des pro­jets paren­taux confits, des acti­vi­tés péri­pa­ras­co­laires stag­nantes : judo­sol­fège, ten­nis dansé, club d’échecs-cheval d’arçons.

C4.6🎠︎7La personne observée par la personne

Le cas de la per­sonne obser­vée par la per­sonne est un cas mani­feste. La per­sonne en par­ti­cu­lier fait sa crise, fait la belle, fait le taf, fait ce qu’il y a à faire, sous l’observation sup­po­sée de sa per­sonne en géné­ral3.1. La per­sonne main­te­nue en obser­va­tion se trouve idéa­le­ment entre­prise par un diag­nos­tic, attes­tée et sanc­tion­née par un mal qui lui assure sa perte. L’entre­prise de soin qui fait suite (diag­nos­tic véri­fié, mani­fes­ta­tions régu­lées, inten­si­tés redi­ri­gées, soin géné­ra­le­ment pris de la dis­tri­bu­tion) n’est tou­te­fois que l’actualisation tar­dive d’un désir (franc et oignant) de la per­sonne en par­ti­cu­lier : celui d’être obser­vée, soi­gnée, prise en charge en géné­ral comme une grande (affaire, per­sonne, pré­ca­rité). La per­sonne en géné­ral, n’étant pas en mesure de s’attribuer une défaillance – elle ne se l’accorde éven­tuel­le­ment que comme grâce d’une défausse par­ti­cu­lière16 –, délègue ici toute l’entre­prise à un cas par­ti­cu­lier qui, entre­tenu dans sa pres­ta­tion et main­tenu dans sa fonc­tionnalité comme per­sonne malade1, devient le fétiche auto­nome – sa tête réduite posée sur l’étagère – d’un désir en géné­ral dénié de soin et d’observation, d’admi­nistration – médi­cale en par­ti­cu­lier .

A🐵︎1.1Singer sans faire le singe

La per­sonne, pour se recon­naître et se dis­tri­buer comme grand singe élevé, se dis­tin­guer comme grand singe et se dis­tin­guer des grands singes – entre­prendre acti­ve­ment un sin­ger sans faire le singe, faire un ne fais pas le singe décidé, etc. – la per­sonne requiert qu’on lui invente le singe ou d’inventer elle-même le singe pour elle-même.

🔫︎7.6🐁︎4.1La personne est une expérience pédagogique bien tournée

La per­sonne, quoi qu’elle fasse, finit tou­jours par entre­prendre (par exemple : elle fait8 chiance), et c’est ainsi que si la per­sonne perd en géné­ral, elle voit s’accroître en par­ti­cu­lier ses tré­sors, elle accu­mule les béné­fices secon­daires et rem­plit ses tré­sors.

R. Schérer & G. Hocquenghem, Co-ire, alb. sys. enf., 1976Certes, il pourra sem­bler étrange que nous refu­sions d’accorder à l’enfant la « per­son­na­lité » puisque c’est là la garan­tie essen­tielle que l’on peut reven­di­quer et qu’il peut reven­di­quer pour lui. Mais il ne s’agit pas de cela. Nous enten­dons avec « per­sonne » cette déter­mi­na­tion abs­traite et arti­fi­cielle de l’individu qui est beau­coup plus la marque de sa ser­vi­tude que de sa libé­ra­tion, au sens où toutes les formes de res­pon­sa­bi­lité per­son­nelle pro­gres­sive débouchent sur la requête de prise en charge des formes, soit d’asservissement, soit de déri­va­tion. Un lycée aux lycéens, ce n’est tout de même pas, tout le monde s’en rend compte, un idéal appro­prié à une libé­ra­tion de l’enfant ! […] Or, il y a une façon de récla­mer ou de pro­mou­voir l’autonomie de l’enfant qui ne fait que recon­duire l’ensemble des illu­sions que les adultes, en ce qui les concerne, com­mencent à recon­naître comme telles, et dont ils ont tant de mal à se débar­ras­ser : illu­sions huma­nistes de l’autonomie de la per­sonne, alors que de plus en plus le pou­voir de déci­sion leur échappe ; de la pro­priété per­son­nelle du corps, alors que nous souf­frons de l’étau, comme disait Reich, des cui­rasses cor­po­relles ; de la défense contre l’étranger, alors que c’est le défaut de com­mu­ni­ca­tion qui nous carac­té­rise.

🔫︎7.1📎︎2La personne se fait chier

L’action à laquelle la per­sonne est pous­sée s’appelle entre­prise. La per­sonne est som­mée d’entreprendre, sous cette som­ma­tion impré­cise, la per­sonne entre­prend une stase, pas for­cé­ment rageuse mais ren­fro­gnée, une chiance maxi­male, comme par ven­geance et croyant se sau­ver ; la per­sonne croit se mettre à l’abri des entre­prises des autres.

Et je n’entreprends pas, à force de par­ler, ni de vous adou­cir, ni de vous conso­ler.P. Corneille, Le Cid, 1637

🔫︎7🐁︎4La personne est une expérience pédagogique tournée

La per­sonne est le résul­tat d’une entre­prise péda­go­gique ensei­gnant qu’il est bon de s’ennuyer un peu. Mais en la per­sonne sou­vent s’ennuyer se fait se faire chier et se faire chier prend des pro­por­tions ingé­rables et la per­sonne finit par être pous­sée, mais assez sou­dai­ne­ment et pour ainsi dire dans le dos, à l’action, alors que jusque-là son calme et bel ennui insoup­çonné des chiances avait été béni.

D8Un vicariat

La per­sonne en géné­ral est vicaire auprès de la per­sonne en par­ti­cu­lier. C’est ce rap­port de vica­riat dans la paire qui se laisse voir dans la paire gigogne ou tun­nel géni­tif per­sonne de la per­sonne7. La paire s’accorde, sur le mode hié­rar­chique, à une visée com­mune, à un ser­vice com­mun ; les appa­riés se col­li­matent pour four­nir aux hié­rarques sup­po­sés la voir une image nette de leur ser­via­bi­lité. La paire vit son Hilfsbereitschaft – sa ser­via­bi­lité – sur le mode héroïque des esclaves d’entre­prise : ad astra per aspera, ad augusta per angusta.

E3.2Hyperosmose et intimidation

Pondérer, v. tr. : A – Généralement 1. équi­li­brer, balan­cer. B. – Spécialement 2. BEAUX-ARTS. équi­li­brer les masses, les volumes dans un ouvrage d’architecture. 2. POL. équi­li­brer les dif­fé­rents pou­voirs pour évi­ter la pré­pon­dé­rance de l’un par rap­port aux autres. 3. STAT. éta­blir un coef­fi­cient numé­rique pour assu­rer la repré­sen­ta­ti­vité d’un échan­tillon ; don­ner une impor­tance par­ti­cu­lière à un para­mètre par rap­port aux autres pour réta­blir une plus juste repré­sen­ta­ti­vité ou pour être plus lar­ge­ment signi­fi­ca­tif (TLFI). Dépondérer, v. tr. : réfor­ma­tif de supra A & B1, B2, E4
Hyperosmotique, adj. : « Se dit d’un équi­libre osmo­tique créé lorsque la concen­tra­tion du milieu inté­rieur est plus éle­vée que celle du milieu exté­rieur » (d’apr. H. Ceccaldi, juill. 1977 ds Clé Mots) ; « qui pos­sède un pou­voir osmo­tique anor­ma­le­ment élevé ; qui résulte d’une osmose très rapide, ou qui la pro­voque » (Méd. Biol. t. 2 1971) (TLFI).

C’est cette inti­mi­da­tion des vues alter­na­tives qui per­suade la per­sonne en géné­ral de s’entreprendre en par­ti­cu­lier, c’est-à-dire de mettre son vica­riat intime au ser­vice de l’auto-entre­prise. À la paire tran­quille­ment inique où le sta­tut de vicaire tenait encore d’un per­son­nat, d’une dignité dans le ser­vice, se sub­sti­tue, dans les condi­tions hyper­os­mo­tiques de cette ini­quité, l’auto-entre­prise d’une par­ti­cu­la­rité sans par­tage. La péruse veuille­tante est essen­tiel­le­ment dupe du sug­ges­tif à l’oeuvre dans la solu­tion hyper­os­mo­tique ; la péruse opi­niâtre est essen­tiel­le­ment dupe de ce que la pro­di­ga­lité de ses vues tient d’un védu­tisme natu­ra­liste et imi­ta­tif des dis­po­si­tifs de cap­ture. La péruse opi­niâtre est une objec­ti­va­trice affec­tée ; la péruse en sur­vol est une géné­ra­lité quel­conque. Le péru­sat nature son code et recode la nature de ses dupes.

C2.3📎︎1.2Le T.P.E.

Le Travail Personnel Encadré est une Très Petite entre­prise, qui consiste, par exemple, à laver le gros gong et à le rendre intact, afin qu’il conti­nue de valoir trente mille balles mailloche com­prise. Rendre intact est une mis­sion et une tâche, un ser­vice à la per­sonne enca­dré pour qui sonne le gong.

C3.4⚖︎2.1La personne avouée

Clause post-contrac­tuelle : La per­sonne per­due dans la per­sonne est le nom d’un jeu de singes – jeu d’esquives, d’appels, de mur­mures, de cris, de lumi­naires qu’on éteint, qu’on allume sou­dai­ne­ment, qu’on fait se balan­cer, que par­fois même on fend, brise, défonce sur la colonne – jeu de la panique feinte dont tout l’enjeu consiste à livrer la per­sonne aux délices pro­gres­sives de sa rétrac­ta­tion sur le carré d’aveu, à la faire entre­prendre, concer­née, sa confes­sion, à jouir 1.4 en pleine lumière et dis­tinc­te­ment de se recon­naître, s’imputer, s’admettre et s’accuser. La per­sonne per­due dans la per­sonne se laisse ainsi pié­ger à tout moment du jeu et par­ti­cipe, dans soin récri même, de ce qui la main­tient fra­med 6, en pres­ta­tion.

On raconte sou­vent, via la per­sonne, que la per­sonne en par­ti­cu­lier per­due dans la per­sonne en géné­ral s’est rétrac­tée sur un carré d’aveu12 la concer­nant et l’attestant : qu’elle se recon­naît en per­sonne dans tout ce qui l’y fait paraître à nu / à bout d’affectation, pié­gée dans son affaire hors l’orbe de son affaire.

Ce que la per­sonne joue dans ce carré d’aveu est une confes­sion de la per­sonne se recon­nais­sant en par­ti­cu­lier, s’imputant en propre, s’admettant pour soi, s’accusant d’affecter. Le carré d’aveu est un cadre de pres­ta­tions – com­pa­ru­tions, sévices, exhi­bi­tions – construit et amé­nagé par la per­sonne en par­ti­cu­lier qui cherche à se livrer1.22.2.

G. Lamarche-Vadel, Dupl., 1994Déclarée, réaf­fir­mée secrète, la confes­sion reçoit des conciles et synodes pos­té­rieurs ses règles de pro­cé­dures. Celles-ci requiert lumi­no­sité des lieux des­ti­nés à la confes­sion, publi­cité et visi­bi­lité pan­op­tique.

L’homme, en Occident, est devenu une bête d’aveu.M. Foucault, Vol. sav., 1976

C2.4La personne démissionnaire

Clause de non-affi­lia­tion : Il arrive que la per­sonne démis­sion­naire démis­sionne effec­ti­ve­ment. On dit alors de la per­sonne démis­sion­naire qu’elle a rejoint son âme ou qu’elle fait autre chose 5.1 2.4.

La per­sonne est démis­sion­naire qui entre­prend la démis­sion par une levée de ses intê­rieurs. On la voit, sou­te­nue par ce levain intime, exhor­ter sa per­sonne à entre­prendre démis­sion­ner, à se la réta­blir au jar­din (d’inemploi, d’irréduction4, de pro­tes­ta­tion), à s’en don­ner les moyens. La per­sonne démis­sion­naire livre les clés d’une entre­prise alter­na­tive à l’entrepreneuriat géné­ra­lisé et, en tant qu’elle se pro­pose de tout entre­prendre en géné­ral, à toute entre­prise en par­ti­cu­lier.
Jardiner est le qui-vient.
(La per­sonne démis­sion­naire, Comment faire, 2017)

C2📎︎1Cas général La personne prestataire

La per­sonne est entre­pre­nante, mais son entre­prise a moins à voir avec une dis­po­si­tion volon­taire devant le qui-vient qu’avec le fait accom­pli de la pres­ta­tion au qui-vive : la per­sonne entre­pre­nante est d’abord la per­sonne pres­ta­taire à bout.

La per­sonne entre­prend, tou­jours sem­blant sur le point de com­mettre, mais, bien que son crime soit pas dou­teux 6.2 1.3, elle ne le com­met pas ; elle atteste par sa pres­ta­tion qu’on lui a com­mis­sionné un crime de réfé­rence. Le crime de réfé­rence, une fois com­mis, vien­drait accor­der idéa­le­ment l’ensemble de ses cir­cu­la­tions, sanc­tion­ner d’une signi­fi­ca­tion glo­bale ses aven­tures pré­di­ca­tives décou­sues, don­ner « le nom de l’aventure », mais, la per­sonne étant toute à sa pres­ta­tion, et le crime n’étant pas com­mis, le cas de la per­sonne reste ouvert 6.

Qu’on lui ait com­mis­sionné un crime de réfé­rence61 n’arrange rien : sor­tie des draps cap un géné­ral qui la rend tou­jours plus sus­pecte, la per­sonne s’engage à accom­plir la mis­sion, sans fonc­tion ni dignité atta­chées, d’être tou­jours sur le point de com­mettre. La per­sonne, au qui-vive de la pres­ta­tion, admet l’auto-entrepreneur au registre des rai­sons per­son­nelles, dont il y a deux types :

  • les intê­rieurs, ou inté­rêts bien com­pris ;
  • les antê­rieurs : essaim d’occiput ou de nuque (idée, menace, aver­tis­se­ment, défi, menace-aver­tis­se­ment, menace-chal­lenge, menace pré­ve­nante, coup du lapin pré­ven­tif).

Pour toute clause Cx existe une clause exclu­sive Cx′, trou noir de la par­ti­cu­la­rité, sur le modèle : Il n’est pas exclu qu’entre­prendre soit le nom d’une per­sonne en par­ti­cu­lier qui soi­gne­rait par­ti­cu­liè­re­ment ses intê­rieurs, expo­se­rait par­ti­cu­liè­re­ment ses antê­rieurs comme du drap les­sivé aux fenêtres, mais nous sommes requis par le géné­ral, sa barre F ; le par­ti­cu­lier s’envaser dans ses fonds, c’est ce que nous accep­tons de voir sans nous émou­voir.

La per­sonne, au qui-vive de la pres­ta­tion, com­prend, intègre le motif du vou­loir-du-bien-par-der­rière sous sa forme conscience-patron ; elle mani­feste, tant qu’elle tourne, un main­tien de fonc­tion­na­lité.

B7.1🐁︎4.2Une enfance d’emploi

C’est en sou­ve­nir de l’expérience péda­go­gique mal tour­née dont son entre­prise est issue74 que la per­sonne en géné­ral main­tient comme mon­naie dans le coffre privé le tré­sor d’une enfance d’emploi. Tout, dans ce coffre, est à la place déter­mi­née par les diag­nos­tics post-natals ; tout y est dis­posé dans l’ordre défini par le vou­loir-du-bien-par-der­rière. Le code d’accès à ce tré­sor est le pré­nom de papa, en géné­ral8.

R. Schérer & G. Hocquenghem, Co-ire, alb. sys. enf., 1976La per­son­na­li­sa­tion est le corol­laire de la pri­va­ti­sa­tion, toutes deux étant une dépos­ses­sion de l’enfance. Dans des direc­tions concou­rantes, bien qu’en appa­rence oppo­sées, on per­son­na­lise à tour de bras, soit qu’on veuille accé­lé­rer l’accès de l’enfance à la res­pon­sa­bi­lité, soit qu’on veuille la conser­ver dans une irres­pon­sa­bi­lité quiète, qu’on parle le lan­gage poli­tique d’une révo­lu­tion de jeunes déjà mûrs, ou celui d’une péda­go­gie atten­tive aux moindres ‘envies’.